À Berlin, en Allemagne, une cycliste passe devant une fresque satirique signée Damian Böselager, sur laquelle on peut voir le président des États-Unis, Donald Trump, embrasser son homologue russe, Vladimir Poutine. PHOTO ODD ANDERSEN/AFP La défaite de Donald Trump aux élections de mi-mandat n’aura pas de grand impact sur les relations sino-américaines, lit-on dans la presse chinoise. Aucun commentaire officiel, si ce n’est une déclaration prudente de Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, le 4 novembre : “Les élections de mi-mandat sont une affaire intérieure des États-Unis.” À lire aussi : États-Unis.
Les élections de mi-mandat vues d’Europe : “Trump restera Trump, peut-être même en pire” Ajouter aux favoris En Europe, le soulagement est grand et explicite. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, commentait sur X : “Les Américains ont voté contre les politiques qui ne servent qu’à appauvrir les gens. Contre la haine.
Contre le machisme. Contre le climatoscepticisme et contre les privilèges des élites.” Une satisfaction partagée par Donald Tusk, Premier ministre polonais, lors d’une conférence de presse le 4 novembre à Varsovie : “Aujourd’hui, la démocratie a gagné en Amérique. J’aime la démocratie, c’est quelque chose de magnifique.” Même son de cloche en France, où Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a qualifié la victoire démocrate de “très bonne nouvelle pour la démocratie américaine”. “Pas de quoi sabrer le champagne” Face à l’enthousiasme européen, la Chine tempère : “Les démocrates ont gagné, mais l’Europe ne devrait pas se précipiter pour sabrer le champagne”, écrit le Huanqiu Shibao, un tabloïd porte-voix du Parti communiste chinois, connu à l’étranger sous son nom anglais, Global Times.
Pour le journal, les relations transatlantiques se sont, certes, détériorées sous le mandat de Trump, mais espérer qu’un changement de direction à la Maison-Blanche puisse les améliorer est une “illusion”. Parmi les attaques de Trump envers l’Europe, le média chinois cite les prétentions américaines sur le Groenland, perçues comme une menace pour le Danemark, mais aussi les droits de douane imposés aux produits européens en 2025 et la question ukrainienne, que le titre décrit comme un “coup de poignard dans le dos”. Le Huanqiu Shibao fait référence aux pressions du président américain sur Volodymyr Zelensky et à sa volonté de négocier directement avec Moscou sans prendre en compte les intérêts européens.
Biden aussi a “affaibli l’Europe” “Si les démocrates reviennent au pouvoir, les choses s’amélioreront-elles vraiment pour l’Europe ? Non”, écrit, cinglant, le journal, avant de dresser un bilan assez critique de l’attitude de l’administration Biden vis-à-vis de l’Europe : “N’oubliez pas que c’est sous l’administration Biden que la crise ukrainienne a été exploitée pour créer des conflits et pour affaiblir l’Europe.” L’auteur, anonyme, reprend la rhétorique chinoise selon laquelle Washington aurait utilisé la guerre en Ukraine pour vendre à l’Europe du gaz naturel liquéfié à des prix plus élevés que le gaz russe. Il fait également référence à la loi sur la réduction de l’inflation adoptée en 2022, sous Biden, qui soutient les investissements étrangers sur son sol.
De quoi faire craindre, estime le titre, que des entreprises européennes choisissent d’investir aux États-Unis plutôt que localement. Pour le moment, toutefois, pas d’exode des entreprises européennes à observer. “Le fait que l’Europe lie son avenir aux États-Unis et les voie comme un ‘sauveur’ reflète essentiellement une dépendance”, fustige le Huanqiu Shibao, qui n’oublie pas au passage de critiquer le principal rival de la Chine. “La nature hégémonique et l’extrême égoïsme de la politique étrangère de Washington n’ont jamais changé avec la rotation des partis”, assène le titre. Pékin, à travers la voix de ce journal, conseille aux Européens de ranger les coupes de champagne.
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