L’intelligence artificielle s’impose comme le fil conducteur des politiques numériques des pays de l’OCDE. Sur le terrain des usages, en revanche, le tableau dressé par. son étude annuelle Digital Economy and Society Outlook 2026, est bien moins uniforme. Les chiffres publiés par l’organisation révèlent une diffusion très déséquilibrée, selon la taille des entreprises comme selon l’âge des utilisateurs.

Premier enseignement : la puissance de calcul dédiée à l’IA est désormais considérée comme un actif stratégique. Le capital-risque investi dans les entreprises d’IA actives dans l’infrastructure informatique et l’hébergement a plus que doublé en un an, passant de 54,5 milliards $ en 2024 à 123,9 milliards en 2025. Ce segment a capté près de la moitié de l’ensemble des financements en capital-risque destinés à l’IA.

Cette ruée vers le calcul a une conséquence directe sur les réseaux. L’OCDE relève une demande accrue de connectivité très haut débit, résiliente et abordable. Les chiffres en témoignent.

Fin 2025, la fibre représentait 51 % des abonnements haut débit fixe dans la zone, contre 31 % cinq ans plus tôt, tandis que la part des abonnements Gigabit était multipliée par six entre 2020 et 2025. Une adoption encore l’apanage des grands groupes Côté entreprises, l’écart est net. En 2025, 20 % de l’ensemble des entreprises de la zone OCDE (de dix salariés ou plus) utilisent l’IA, contre 52 % des grandes entreprises.

L’usage combiné de l’IA, du cloud et de l’analyse de données massives reste, lui aussi, concentré dans les grandes structures et dans les secteurs à forte intensité de connaissances. Les éléments disponibles ne détaillent pas, branche par branche, quels secteurs sont les plus avancés. Le clivage est tout aussi net chez les particuliers.

En 2025, 68 % des 16-24 ans ont recours à l’IA générative, contre seulement 14 % des 55-74 ans. Chez ces derniers, le premier frein est le manque d’intérêt : 43 % n’en voient pas l’utilité. Viennent ensuite le déficit de compétences (12 %) et la méconnaissance de la technologie (9 %).

L’IA domine les stratégies numériques nationales Côté politiques publiques, aucune technologie ne lui dispute la vedette : l’IA est citée 607 fois dans les initiatives et stratégies numériques nationales en 2025, loin devant le cloud (134 occurrences) et la 5G (109). Suivent les technologies quantiques (61), la blockchain (34), l’Internet des objets (19) et la 6G (18). L’OCDE souligne par ailleurs que les technologies quantiques, les semi-conducteurs et les satellites ont nettement gagné en importance depuis 2023.

Ce que l’OCDE attend des gouvernements Face à ces dynamiques, l’organisation plaide pour une approche coordonnée à l’échelle de l’État, articulée autour de son cadre Going Digital avec les priorités qui se dégagent : poursuivre l’extension de la couverture haut débit pour réduire les fractures géographiques, et adapter la réglementation afin de bâtir des réseaux sûrs et durables ; faciliter l’accès aux services cloud et soutenir l’adoption de l’IA et du big data, en renforçant les compétences complémentaires pour réduire les écarts entre entreprises ; adapter les cadres de gouvernance pour tirer parti des bénéfices de l’IA tout en maîtrisant ses risques. Des risques à surveiller Les constats de l’OCDE font ressortir plusieurs points de vigilance : un possible creusement des écarts de compétitivité entre grandes entreprises et PME, une exclusion numérique accrue des publics plus âgés, la nécessaire adaptation des compétences et des politiques de l’emploi, des vulnérabilités liées à la concentration de la chaîne d’approvisionnement des TIC et aux dépendances internationales. The post IA : l’OCDE pointe une adoption à deux vitesses appeared first on Silicon.fr.