La Russie poursuit la croissance de ses stocks de missiles malgré les sanctions internationales, selon le renseignement ukrainien Par Pierre-Malo Albrecht Publié le 05/11/2026 à 21h49 Suivre Suivre Le Figaro sur : Google (ouvre un nouvel onglet) Google Discover (ouvre un nouvel onglet) Google News (ouvre un nouvel onglet) Sujets guerre en Ukraine Russie Cette image tirée d’une vidéo diffusée par le ministère russe de la Défense le 19 février 2022 montre le lancement d’un missile russe Iskander-K lors d’un tir d’entraînement dans le cadre de l’exercice « Grom-2022 ». HANDOUT / AFP L’industrie de défense russe aurait actuellement la capacité de fabriquer plus de 200 missiles par mois, dont jusqu’à 110 balistiques, selon un rapport du renseignement ukrainien rendu public le 4 novembre. Passer la publicité Passer la publicité Publicité «Un arsenal de terreur» russe qui ne cesse de croître.
Et ce, en dépit des sanctions internationales qui visent différents matériaux nécessaires au développement de son armement. Telles sont les conclusions du renseignement ukrainien (HUR), dans un rapport rendu public le 4 novembre, et publié sur Facebook. En octobre, les réserves russes s’élèvent jusqu’à 700 missiles balistiques et plusieurs milliers de missiles de croisière de différents types, selon les services ukrainiens.
À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International L’industrie de défense russe aurait actuellement la capacité de fabriquer plus de 200 missiles par mois, dont jusqu’à 110 pour des balistiques. Le reste est essentiellement composé de missiles de croisière. Et contrairement à ces derniers, qui se comportent comme des avions sans pilote, les missiles balistiques sont lancés comme des fusées à des vitesses dépassant plusieurs fois celle du son (Mach).
Leur interception s’avère difficile pour la défense aérienne ukrainienne, les rendant stratégiques pour l’armée russe. Passer la publicité Publicité Missiles balistiques Plus précisément, le stock actuel de missiles 9M723 Iskander-M est estimé à environ 115 unités. Le plus utilisé dans le conflit russo-ukrainien, ce missile balistique se déplaçant à Mach 6 ou 7, soit à plus de 7000 kilomètres par heure, peut cibler des infrastructures à 500 kilomètres depuis sa zone de lancement.
Moscou en produit environ 65 chaque mois. En parallèle, le développement d’un système de missiles modernisé avec une portée projetée de 550 à 700 km se poursuit. La Russie produit légèrement moins de RM-48U, un autre missile balistique hypersonique.
Le développement mensuel de ce missile, dont la vitesse est comprise entre Mach 4 et Mach 6, est d’environ 40 unités par mois. Moscou en posséderait 400 en tout. Les missiles balistiques sont notamment utilisés pour épuiser les ressources de la défense anti-aérienne ukrainienne d’origine occidentale.
À l’heure actuelle, deux types de systèmes antiaériens sont capables d’abattre des missiles balistiques : le système Patriot de fabrication américaine et le système franco-italien SAMP/T. Ce dernier se retrouve au cœur du 13e paquet italien d’aides à Kiev, qui tarderait à être envoyé par Giorgia Meloni. Missiles de croisière marins redoutables Au-delà de ces systèmes, la Russie a également accumulé un arsenal de missiles antinavires considérable.
Ils sont composés dans un premier temps de 3M55 Onyx, dont les stocks sont au nombre de 600. Et dans certains cas, Moscou dispose de versions modernisées. Pour augmenter l’efficacité de l’utilisation contre des cibles au sol, les missiles, qui se déplacent à plus de 2.000 kilomètres par heure, ont reçu une ogive plus puissante et une portée de vol accrue.
En sept mois, plus de 55 de ces missiles ont été fabriqués. Dans un second temps, le 3M14 «Kalibr» est un missile de croisière d’attaque au sol présent en 450 exemplaires dans les stocks russes. Pour rétablir l’équilibre causé par son utilisation sur le front, la Russie en produit 29 par mois.
Enfin, l’une des armes les plus redoutables fournies à la marine du Kremlin, le 3M22 Zircon, dépasse les 120 unités. Ces missiles hypersoniques ont une portée maximale de 1000 kilomètres. En revanche, le rythme de production reste relativement faible : une trentaine a été produite en sept mois durant l’année 2026, selon le renseignement ukrainien.
Mais l’augmentation du niveau de production et la conservation de cette croissance industrielle dans le domaine de l’armement ont un prix. Moscou a dû faire des choix, comme le souligne le renseignement ukrainien : «La production des missiles X-47M2 a été temporairement suspendue en raison de problèmes de précision. Les Russes ont réorienté les capacités de production existantes vers la fabrication d’autres armes balistiques».