Nintendo, Sony, Xbox : les consoles ralentissent, les fortunes divergent En attendant GTA VI Illustration : Flock Mickael Bazoge Le 05 novembre à 16h43 Les fortunes sont diverses pour les constructeurs de consoles. Les ventes de machines ralentissent, mais les jeux et les services permettent à Nintendo et Sony d’engranger de juteux bénéfices. Xbox est toujours à la peine, et la hausse des prix de la mémoire complique l’équation pour tout le monde à l’approche des fêtes.

Une erreur ? Nintendo : les jeux prennent le relais après l’euphorie du lancement de la Switch 2 Après un lancement sur les chapeaux de roue, c’est le retour à une certaine normalité pour la Switch 2. Entre avril et septembre (premier semestre fiscal de Nintendo), 6,49 millions d’unités ont été vendues : c’est 37,4 % de moins par rapport à l’année précédente, alors que le lancement de la nouvelle génération de la console hybride battait son plein (PDF).

Que les ventes s’essoufflent ainsi est assez logique, ce d’autant que les prix ont augmenté en septembre. Durant la même période, la première génération de la Switch a enregistré un recul des ventes de 32,7 %, mais à un étiage encore élevé (1,27 million d’unités). Nintendo cessera de commercialiser ces modèles en Europe à partir du mois de février 2027.

En cumulé, la Switch 2 atteint 26,35 millions, contre 157,20 millions pour la Switch 1 ; le record de la PS2 (160 millions) est à portée. Nintendo maintient son objectif de 16,5 millions de Switch 2 écoulées durant l’exercice fiscal, qui s’achèvera fin mars 2027. Le lancement ce jeudi 5 novembre du remake d’Ocarina of Time devrait aider à vendre plus de consoles.

Il le faudra, car cela représente tout de même 10 millions d’unités à vendre en six mois. Crise de la mémoire aidant, Nintendo accumule les stocks de consoles dans ses entrepôts. Ils représentaient fin septembre 814 milliards de yens (4,5 milliards d’euros), soit 51 % de plus qu’à la fin mars 2026.

L’entreprise ne précise pas les parts correspondant aux consoles, aux composants ou aux autres produits. Elle a également intégré à ses prévisions annuelles un surcoût de 100 milliards de yens (560 millions d’euros) pour faire face à la hausse des prix des composants et aux mesures douanières. Le président de Nintendo, Shuntaro Furukawa, a expliqué que le constructeur était en mesure de s’approvisionner en quantités suffisantes, la situation sur le front de la mémoire n’ayant pas connu de « changement majeur », rapporte Reuters.

Le petit artisan de Kyoto accuse logiquement un recul du chiffre d’affaires de 12,1 % à 966 milliards de yens (environ 5,4 milliards d’euros). Fort heureusement, l’entreprise peut compter sur les ventes de jeux qui progressent sur toutes les consoles :+ 18,8 % pour la Switch 2 (24,49 millions de copies),+ 6,8 % pour la Switch 1 (65,73 millions de copies). À noter : la part du dématérialisé dans les ventes de jeux a augmenté de 6,2 points pour atteindre 60,7 %.

Les revenus tirés du numérique ont progressé de 60,5 %. Nintendo bénéficie d’un mix de ventes plus équilibré : alors que les revenus issus du matériel pesait 73,2 % des revenus l’an dernier, le ratio est aujourd’hui de 54,5 %. Autrement dit, les jeux (sur lesquels les marges sont plus importantes) prennent davantage de place.

Durant son premier semestre fiscal, le groupe affiche un bénéfice d’exploitation en forte hausse (+ 49,1 %), à 216,5 milliards de yens, environ 1,2 milliard d’euros. Il ne faudrait toutefois pas oublier les 300 millions de dollars reçus au premier trimestre fiscal au titre du remboursement des tarifs douaniers de Trump. La situation est moins brillante quand on regarde les chiffres du deuxième trimestre : le bénéfice d’exploitation recule en effet de 16 % à 73,9 milliards de yens (410 millions d’euros).

Sony : moins de PS5, mais davantage de bénéfices Malgré les polémiques, Sony a enregistré un très bon deuxième trimestre fiscal (de juillet à fin septembre). Le groupe a en effet écoulé 2,6 millions de PS5 (PDF), un volume en retrait de 35 % par rapport à l’an dernier… mais avec des prix toujours plus élevés, cela reste une performance. Le constructeur peut remercier GTA VI dont le lancement le 19 novembre pousse de nombreux joueurs à finalement investir dans une console.

Sony se rapproche du seuil psychologique des 100 millions de PS5 vendues depuis le lancement de la console (97,9 millions fin septembre). L’effet GTA combiné aux fêtes de fin d’année devrait donner un sérieux coup de pouce à l’entreprise. Internet GTA VI peut-il casser Internet ?

Internet Jeudi 05 novembre 2026 à 09h25 05/11/2026 09h25 19 Les ventes de consoles ont donc reculé, ce qui n’empêche pas une forte progression (+ 83 %) du bénéfice d’exploitation de l’activité « Jeux et services réseau » de PlayStation à 220,1 milliards de yens (environ 1,2 milliard d’euros). Attention, la comparaison avec l’année précédente est en trompe l’œil : Sony avait alors enregistré des charges exceptionnelles, notamment liées à la dépréciation de la valeur du studio Bungie. Sans ces charges, le bénéfice d’exploitation n’augmente « que » de 29 %, ce qui reste évidemment très solide.

Le chiffre d’affaires de cette activité s’établit à 1 208 milliards de yens (6,8 milliards d’euros,+ 9 %), soit 35 % des revenus totaux de Sony. En tout, l’entreprise a enregistré des revenus de 3 429 milliards de yens (19,3 milliards d’euros), en progression de 10 %, pour un bénéfice d’exploitation de 622 milliards de yens, soit 3,5 milliards d’euros (+ 45 %). Sony a d’ailleurs relevé de 6 % ses prévisions pour PlayStation, signe que le groupe voit l’avenir en rose.

Comme Nintendo, Sony est évidemment touchée de plein fouet par la crise de la mémoire. L’entreprise s’est voulue rassurante : « pour le prochain exercice fiscal, les discussions menées jusqu’à présent avec différents fournisseurs nous ont permis de nous accorder sur les quantités nécessaires pour couvrir nos prévisions de ventes de consoles. » Elle compense la hausse des prix par des ajustements sur les promotions et les tarifs, ainsi que par des réductions de coûts. Sony prévoit ainsi de maintenir, sur l’exercice en cours, une rentabilité du matériel comparable à celle de l’exercice précédent.

Xbox limité par l’approvisionnement Du côté de Microsoft, bon dernier sur le marché des consoles de salon, les résultats de la division Xbox pour le premier trimestre fiscal de l’entreprise ne sont guère reluisants. Le chiffre d’affaires, à 5,3 milliards de dollars, recule en effet de 2 % par rapport à l’an dernier. Le constructeur américain ne donne plus depuis longtemps le nombre total d’unités vendues.

Microsoft ne détaille pas non plus les montants des revenus pour les activités « contenus et services » et pour le matériel, mais indique tout de même qu’elles reculent de respectivement 2 % et 14 %. Tout cela n’est guère glorieux, mais Asha Sharma, la directrice générale de Xbox, veut voir le verre à moitié plein. Elle rappelle ainsi que le chiffre d’affaires de sa division avait reculé de 10 % au précédent trimestre.

Surtout, « les ventes de consoles restent limitées par l’approvisionnement : la demande dépasse les quantités disponibles », affirme-t-elle. Économie Gears of War: E-Day : 500 millions de dollars, mais pour quoi faire ? Économie Mercredi 04 novembre 2026 à 08h08 04/11/2026 08h08 5 Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker.

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