AI Workspace, App Composer, Fusion Companion… Chez Oracle, les produits « couleur IA » naissent à profusion. Nombre d’entre eux sont encore en phase expérimentale ou en disponibilité limitée.

En attendant, le « pari » de Larry Ellison – symbolisé par l’initiative Stargate – a des conséquences sur l’emploi. La France n’y échappe pas, avec un nouveau PSE qui concerne 194 postes. Des horizons plus courts et une interaction client qui se détourne du « contenu produits » Au-delà du besoin de réduire un endettement abyssal (plus de 150 milliards $), cette coupe dans les effectifs accompagne une vaste transformation en interne.

Christophe Negrier en donne un exemple : un produit qui sortait auparavant en 6 à 9 mois sort aujourd’hui en 6 semaines. Le code que crée l’entreprise est désormais généré à 70 % par l’IA, ajoute le directeur général d’Oracle France (il chapeaute aussi l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Grèce et Israël). « Est-ce que ça nécessite un pivot dans certaines fonctions ?

Il y a forcément moins de développeurs… » Lire aussi : Le Pentagone consolide ses licences logicielles Oracle Les équipes sont plus globalement confrontées à une « logique d’apprentissage continu extrêmement accéléré ». En parallèle, l’interaction avec l’écosystème client évolue. « Internet avait déjà changé pas mal de choses ; mais là, c’est une autre dimension, explique Christophe Negrier.

Plus personne n’est intéressé par du ‘contenu produits’ : il suffit de demander à n’importe quel LLM. » Le come-back du contrat en régie… avec encadrement Les partenaires sont exposés à la même situation. Dans ce contexte, leur relation avec Oracle vient englober plus sensiblement l’accompagnement au changement. Alors qu’auparavant, « on était perçus comme des poulies, du cambouis, des choses [très] techniques », résume Christophe Bougot, directeur channel et alliances pour l’Europe du Sud.

Oracle donne lui-même des impulsions. Le lancement du FCSR (Fusion Setup and Configuration Registry) en est une illustration. Sous cette bannière, l’éditeur a codifié les bonnes pratiques de déploiement des applications Fusion dans un format exploitable par la machine.

En l’occurrence, des skills mises à disposition des agents IA sur un dépôt Git public. L'automatisation du delivery a un effet sur les modèles contractuels. « On en revient à des projets qui ne se font plus au forfait mais en T&M, note Christophe Negrier.

C'est la seule façon de constater le gain de rapidité pour le client. » Alerté sur les dérives du modèle de régie, l'intéressé tempère : « Il y a un plan projet, des lots, des jalons ». Oracle aussi passe à l'ERP headless La diffusion de l'IA au catalogue d'Oracle se manifeste aussi par une poursuite de la stratégie d'ouverture. Le premier terrain fut celui des interconnexions réseau avec AWS, Azure et GCP.

Oracle est ensuite allé héberger ses bases de données chez ces acteurs. Sur le front des LLM, il est resté fondamentalement « agnostique », ayant décidé ne pas développer les siens. La diversification gagne désormais le hardware : NVIDIA demeure un fournisseur majeur, mais les puces d'inférence de Cerebras devraient faire leur apparition sur OCI en 2027, comme les TPU de Google.

La brique AI Workspace, susmentionnée, participe aussi de la stratégie d'ouverture. Elle procure un accès headless à l'ERP Fusion, initialement par l'intermédiaire de ChatGPT. Oracle y associe une forme de harnais (Fusion Companion) accompagné d'un runtime déterministe (Fusion Claw) sur lequel reposent actuellement une vingtaine d'applications « orientées résultats ».

Sur cette partie SaaS, Oracle « essaye de donner de la fongibilité entre les utilisateurs et les agents ». Il maintient que leur utilisation n'entraîne pas de surcoût. Sur la partie LLM, l'entreprise n'a « pas de valeur ajoutée », admet Christophe Negrier : « Je préfère que le client voie avec son fournisseur. » Ce qui ne l'empêche pas de valider les modèles.

Des technologies « early-stage » et des modèles économiques « en phase d'adoption » Pour l'instant, hors des applications Fusion, « on n'est pas sur des déploiements massifs » de l'IA agentique. Les clients qui ont franchi le pas l'ont fait « pour certains processus ». Lire aussi : Éducation, recherche, finances...

L'empreinte d'Oracle dans les SI de l'État Dans ces conditions, les avancées technologiques liées, « [sont] vraiment en early-stage ». Parmi elles, la Deep Trust AI Architecture. À travers ce blueprint, Oracle entend intégrer sécurité et gouvernance dans l'infrastructure de la base de données.

À commencer par le contrôle d'accès, à renfort de politiques SQL déclaratives. « Le fond du truc, c'est l'accès aux données par des ressources qui ne sont pas des personnes », synthétise Christophe Negrier. De même, « on est encore dans une phase d'adoption » pour l'offre AI Data Platform.

Et pour son modèle de facturation spécifique qui tient compte à la fois de la plate-forme matérielle provisionnée (y compris du type de puce) et de la complexité des requêtes. Image : © DR Oracle