Au lendemain de l’annonce d’une cyberattaque, le Crédit Mutuel Arkéa apporte plusieurs précisions sur le déroulement de l’attaque, ses conséquences pour les clients et le montant en jeu. Selon le groupe bancaire, les attaquants ont utilisé le compte propre du Crédit Mutuel Arkéa pour effectuer des transactions vers d’autres acteurs bancaires. Ces opérations leur auraient « potentiellement » permis de convertir les fonds en cryptomonnaie via des plateformes spécialisées.
La banque insiste sur un point : les pirates ne sont pas passés par des comptes de clients de ses fédérations ni de ses filiales. Dès l’identification de l’attaque, assure-t-elle, ses équipes ont activé les dispositifs de sécurité nécessaires pour contenir l’incident et empêcher tout nouveau mouvement frauduleux. Fortuneo hors de cause, un prestataire en cause Plusieurs articles de presse avaient évoqué une intrusion via Fortuneo, la banque en ligne du groupe.
Arkéa dément : aucune « entrée » ne s’est faite par cette filiale. Lire aussi : NIS 2 , le projet de loi de retour le 9 novembre Les attaquants ont, selon le groupe, exploité la plateforme d’un de ses prestataires, ce qui leur a permis d’atteindre directement le Crédit Mutuel Arkéa. L’identité de ce prestataire n’est pas communiquée.
Les clients du réseau comme ceux de Fortuneo ne subissent, selon la banque, aucune conséquence sur leurs avoirs. Le seul effet constaté est une exécution différée de certaines opérations de virement, résultat de la suspension temporaire de certaines transactions décidée par précaution. L’incident est présenté comme « maîtrisé ».
La quasi-totalité des opérations a repris dans la matinée, une fois les vérifications effectuées et des mesures de sécurisation renforcées mises en place par le groupe et ses filiales. Interrogée sur une éventuelle erreur humaine, la banque l’écarte : il s’agit, affirme-t-elle, d’une attaque sophistiquée venue de l’extérieur, désormais circonscrite. Elle indique que ses dispositifs ont permis de repérer très rapidement des activités suspectes.
Le groupe a par ailleurs informé les instances compétentes et de supervision, conformément aux procédures usuelles. Ses équipes travaillent avec les autorités judiciaires et policières pour déterminer l'origine précise de l'attaque et son mode opératoire, qui restent donc à établir. 118 millions € : ni confirmés, ni démentis Sur le montant du préjudice, la formulation est prudente.
Face aux informations évoquant 118 millions d'euros (133 millions de dollars) dérobés, Arkéa indique ne pas les confirmer et pouvoir « simplement valider l'ordre de grandeur ». La banque précise qu'une partie des fonds concernés a pu être bloquée et que d'autres actions sont en cours pour les recouvrer. Il est donc trop tôt, selon elle, pour communiquer un montant définitif.
Elle affirme en revanche que les sommes en jeu ne sont « absolument pas de nature » à remettre en cause sa santé et sa solidité financière. Photo : © DR