Le vice-président américain J. D. Vance lors d’une réunion à la Maison-Blanche à Washington, le 27 mars 2026.
PHOTO JONATHAN ERNST/REUTERS Jonathan Ernst / REUTERS Le vice-président américain J. D. Vance, candidat potentiel à l’investiture pour l’élection présidentielle de 2028, a imputé mercredi la lourde défaite des républicains aux élections de mi-mandat au conflit iranien. “La raison de notre défaite, c’est la guerre.
Le président lui-même l’a dit hier soir”, a-t-il déclaré dans un long message publié sur X. “Tout le monde sait pourquoi nous avons perdu. Et toute discussion honnête sur la voie à suivre doit partir de là”. Pour El País, le message “peut s’interpréter comme un reproche à son patron – mardi soir, le président assurait encore que sa décision de lancer la guerre était une grande idée.
Ou comme le premier pas d’un homme politique ambitieux visant à briguer la candidature de son parti à l’élection présidentielle de 2028”. À lire aussi : États-Unis. “Débâcle” aux midterms : pour la presse conservatrice, c’est bien fait pour Trump Ajouter aux favoris Dans tous les cas, cet “étonnant message constitue un rare exemple de prise de distance avec Trump, auquel il est resté publiquement aligné [sur le conflit], même après avoir œuvré en interne pour une solution diplomatique avant les frappes”, observe The Wall Street Journal. Une prise de position “d’autant plus étonnante” que “l’avenir politique de Vance est lié à celui de Trump, et ses conseillers ont indiqué qu’il ne voyait aucun intérêt à prendre ses distances avec un président qui contrôle la base républicaine”, ajoute le titre conservateur.
Plusieurs sources ont confié à Politico que J. D. Vance avait “personnellement rédigé” ce message de 614 mots, et qu’il avait “prévenu la Maison-Blanche” avant sa publication.
Donald Trump y aurait “tout à fait consenti”, selon ces sources. “Maturité politique” ? De fait, alors qu’il s’extasiait devant les journalistes de l’avancée des travaux de sa salle de bal à la Maison-Blanche lors d’une visite de chantier, le président a peu ou prou souscrit à l’analyse de son vice-président sur le conflit : “Je pense que c’est en grande partie vrai car [la guerre] a fait monter un peu les prix de l’essence à court terme”, a-t-il reconnu. Mark Pfeifle, ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale sous la présidence de George W.
Bush, estime auprès d’Al-Jazeera que J. D. Vance a avant tout fait preuve de “maturité politique” en reconnaissant “un échec politique imputable au gouvernement”. “Quand on fait une erreur, il faut l’admettre ! ”, explique-t-il, assurant que Vance avait pris la parole pour signifier : “Mon nom figurait sur les bulletins de vote il y a deux ans.
Je dois assumer cette responsabilité”. À lire aussi : États-Unis. Midterms : la “grande répudiation” de Donald Trump par les électeurs américains Ajouter aux favoris Mais pour CNN, l’objectif était tout autre.
Avec son message “sans détour”, formulant “de nombreuses critiques à peine voilées contre la présidence de son patron et la stratégie de son second mandat”, J. D. Vance a tout simplement “sacrifié Trump pour tenter de maintenir ses chances en 2028”.
Un avis partagé par The New York Times, qui note que les déclarations du vice-président interviennent “à un moment politique crucial”, alors que les républicains “évaluent les conséquences de leurs lourdes défaites aux élections de mi-mandat et où les dirigeants du parti réfléchissent à la voie à suivre”. “Depuis qu’il est devenu le colistier de M. Trump, M. Vance était largement considéré comme le favori pour succéder au président et reprendre le flambeau du mouvement “Make America Great Again” [MAGA, “Rendre sa grandeur à l’Amérique”], lancé par M. Trump”, rappelle le quotidien américain. “Mais après les résultats désastreux de mardi, les républicains repensent déjà l’avenir du parti. Le message de M. Vance laisse entendre qu’il est prêt à se distancier de M. Trump dans le cadre de sa réflexion sur son propre avenir politique”. Tout mettre sur le dos de la guerre en Iran Car les élections de mardi et la claque infligée au trumpisme “indiquent qu’il y a un espace, auprès des électeurs républicains, pour un candidat à la présidentielle de 2028 qui se démarquera des échecs de l’administration actuelle”, renchérit The Atlantic. “Vance souhaite incarner ce républicain, sans pour autant renoncer au soutien de Trump.
Comment peut-il concilier les deux ?”. En faisant précisément ce qu’il a fait mercredi, avance le magazine : tout mettre sur le dos de la guerre en Iran et passer sous silence toutes les autres mesures ayant “sapé la coalition républicaine de 2024”. “Les droits de douane ? Les expulsions massives ? La corruption ?
Les dépenses faramineuses ? Un programme intérieur axé sur la réduction des impôts pour les plus riches, privant ainsi des millions d’Américains à faibles revenus de leur assurance maladie et de leurs aides alimentaires ? Trump refuse d’admettre ses erreurs sur ces points”, observe The Atlantic.
Et Vance, qui les a “justifiées ou soutenues avec enthousiasme”, n’en parlera pas davantage. Romain Raynaldy Parti républicain (États-Unis) Élections de mi-mandat aux États-Unis Europe États-Unis Présidentielle américaine 2028 Donald Trump Parti démocrate (États-Unis) Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Article réservé aux abonnésAnalyse. La déroute de Trump aux midterms redessine le paysage politique américain Écouter l’article Ajouter aux favoris Pendant que vous dormiez.
Sommet ibéro-américain, Ukraine et Corée du Sud : les informations de la nuit Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésVu du Royaume-Uni. Les forces de l’ordre françaises, impitoyables et “fières de leur réputation” Écouter l’article Ajouter aux favoris À la une du magazine. Génération Z : une colère mondiale Écouter l’article Ajouter aux favoris Nos services HORS-SÉRIE Guerre des ressources, souveraineté et nouvelles rivalités économiques redessinent les rapports de force mondiaux.
Je découvre → Fondation Cartier pour l’art contemporain Tentez de remporter une invitation pour l’exposition « Ibrahim Mahama, Le temps des récoltes » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Je tente ma chance → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de la bande dessinée « Silent Rose - Six notes sous terre » de David Boriau & Sten Dhondt. Je reçois ma bande dessinée → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : l’autre visage de l’hiver autrichien.
Ici, le bois est roi, les fermes anciennes côtoient les constructions contemporaines, et les auberges et refuges sont la vitrine d’un terroir d’exception. Je découvre l’article →