L’addition pourrait bien finir sur le ticket de caisse des joueurs. Il était 9h, ce vendredi 30 octobre, quand l’hémicycle en partie vide a adopté l’un des amendements les plus commentés du projet de loi de finances pour 2027. Contre l’avis du gouvernement, les députés veulent désormais une taxe à la consommation sur le gigaoctet.

Et son adoption pourrait avoir des répercussions très concrètes sur le quotidien des joueurs. Comment ça marche ? Porté par le député socialiste Laurent Lhardit, l’amendement crée une « taxe sur les producteurs de données numériques ».

Concrètement, chaque gigaoctet envoyé vers un abonné internet français serait taxé 5,5 centimes. Ce sont les fournisseurs d’accès (Orange, Free, SFR, Bouygues Telecom) qui compteraient les volumes reçus par leurs clients, sans regarder leur contenu, avant de transmettre les relevés à l’administration fiscale. Sur le papier, ni l’abonné ni l’opérateur ne paieront.

La facture reviendrait à l’émetteur des données : Netflix, YouTube, Meta… ainsi qu’aux boutiques de jeux vidéo, du PlayStation Store au Xbox Store en passant par Steam ou l’Epic Games Store. Un plafond est toutefois prévu : la taxe ne pourrait pas dépasser 15 % du chiffre d’affaires réalisé en France par l’entreprise, ou 2 % du chiffre d’affaires mondial. En s’appuyant sur les quelque 200 milliards de gigaoctets reçus chaque année par les abonnés français selon l’Arcep, le projet pourrait contribuer à réduire la dette, à hauteur de 2 milliards d’euros par an.

Un chiffrage jugé largement trop optimiste, d’autant plus qu’il s’appuyait initialement sur une première proposition, qui prévoyait de taxer le giga à 10 centimes. GTA 6 pourrait coûter plus cher Si la taxe frappe tout le monde, elle ne frappe pas tout le monde pareil. La musique en streaming passerait quasiment entre les gouttes.

Une heure de Netflix en 4K reviendrait à environ 0,40 € supplémentaire. Quant au jeu vidéo, il joue dans une autre catégorie. GTA 6 et ses 210 Go sur PS5 pourrait ainsi voir son prix grimper de 11,55 € pour chaque téléchargement complet en France.

Inutile de compter sur la boîte en magasin pour y échapper : la version « physique » se limite à un code de téléchargement. Difficile d’imaginer Sony encaisser le choc sans broncher. Si l’addition était intégralement répercutée sur les joueurs, les 11,55 € se transformeraient en 13,86 €, TVA comprise.

L’édition standard passerait alors de 79,99 € à près de 94 €, et l’édition Ultimate de 99,99 € à près de 114 €. Le calcul ne s’arrête pas là. Chaque nouvelle installation compte comme un nouvel envoi de données.

Sur une PS5 de première génération, dont le SSD de 825 Go n’offre qu’environ 667 Go réellement utilisables, GTA 6 occuperait près d’un tiers de l’espace. Les joueurs qui jonglent entre les jeux, effacent puis réinstallent, généreraient à chaque fois 11,55 € de taxe supplémentaire. Si l’on ajoute les mises à jour, le jeu attendu comme l’un des plus gros succès de l’histoire pourrait bien voir sa facture grimper au fil des mois.

Inutile de paniquer : GTA 6 sort le 19 novembre sur PS5 et Xbox Series, avec un préchargement attendu dès le 12 novembre, bien avant toute application éventuelle d’une taxe inscrite dans le budget 2027. Et la mesure a encore un sacré parcours d’obstacles devant elle avant d’être adoptée ou définitivement écartée.