L’Avicca se félicite d’une interdiction pour Orange de déployer la fibre L’Autorité de la concurrence a demandé à Orange de suspendre ses déploiements de fibre dans cinq communes de Mayotte, estimant que sa stratégie pouvait compromettre le réseau d’initiative publique de l’île. Une décision saluée par l’Avicca, qui réclame depuis plusieurs années une concertation entre les acteurs concernés. L’affaire des déploiements de fibre optique à Mayotte connaît un nouveau rebondissement.
Après avoir estimé qu’Orange avait compromis le projet de réseau d’initiative publique (RIP) du territoire, l’Autorité de la concurrence a prononcé des mesures conservatoires à l’encontre de l’opérateur historique, lui demandant de suspendre ses déploiements. Une décision qu’Orange conteste, mais que l’Avicca accueille favorablement. Après le passage du cyclone Chido, fin 2024, les infrastructures télécoms de Mayotte ont subi d’importants dégâts.
Orange a alors décidé de déployer son propre réseau fibre dans les cinq communes les plus denses de l’île. Une initiative qui aurait, selon l’Autorité de la concurrence, compromis le projet de réseau d’initiative publique (RIP) prévu pour couvrir le territoire. Dans son avis, l’institution estime que le comportement d’Orange est « susceptible de constituer un abus de position dominante » et pourrait représenter « une atteinte grave » à l’ensemble du projet public.
Cette décision réjouit l’Avicca, l’association des collectivités engagées dans l’aménagement numérique. Son président, Patrick Chaize, se félicite « que pour une fois, un coup d’arrêt soit décidé avec une telle autorité ». Il rappelle que les initiatives privées peuvent porter atteinte à « l’intérêt général incarné par les réseaux d’initiative publique ».
L’association appelle désormais les différents acteurs à négocier rapidement, sous l’égide d’un État qui devra faire preuve de neutralité. Des discussions que Patrick Chaize réclame depuis plusieurs années aux opérateurs et aux gouvernements successifs, sans avoir obtenu de réponse satisfaisante. Pour le président de l’Avicca, l’absence de concertation a entraîné une « perte de temps, d’argent public et privé et de crédibilité ».
Il déplore notamment que plusieurs amendements déposés au Sénat dans le cadre de son mandat, parfois adoptés à l’unanimité puis repris par l’Assemblée nationale, aient finalement été supprimés par les gouvernements successifs. Le financement du projet de fibre à Mayotte reste pourtant relativement limité à l’échelle du budget de l’État : les autorisations d’engagement nécessaires représenteraient 22,8 millions d’euros. La récente décision de l’Autorité de la concurrence pourrait toutefois favoriser la réintroduction de ces crédits dans le projet de loi de finances pour 2027.
Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 3/11/2026 à 17h12 par Lucas Musset