SpaceX cherche un moyen rapide de devenir opérateur mobile aux États-Unis Retour sur Terre pour SpaceX Illustration : Flock Mickael Bazoge Le 03 novembre à 08h58 Les grands opérateurs américains (et européens) de téléphonie ne sont pas très chauds à l’idée de voir débouler SpaceX sur leur pré carré. Ces derniers mois, Elon Musk aurait essayé de convaincre AT&T, Verizon et T-Mobile de donner à son entreprise un accès à leurs réseaux afin que SpaceX puisse lancer son propre service de téléphonie. Peine perdue, tout le monde a refusé.
Une erreur ? Si le milliardaire ne peut pas passer par la grande porte, pourquoi ne pas essayer par la fenêtre ? Le Washington Post rapporte l’intérêt de SpaceX pour se rapprocher de Boost Mobile, voire d’acquérir cet opérateur hybride pour les petits budgets, appartenant à EchoStar.
Des discussions seraient en cours entre les deux entreprises pour un deal ; Elon Musk aurait même rencontré le président d’EchoStar, Charlie Ergen, le mois dernier. EchoStar et Starlink se connaissent déjà bien : le premier a vendu des fréquences au second pour 17 milliards de dollars. Économie EchoStar vend pour 40 milliards de dollars de fréquences à SpaceX et AT&T Économie Lundi 08 septembre 2025 à 16h37 08/09/2025 16h37 4 En fonction de l’accord (encore hypothétique), SpaceX pourrait soit acheter Boost Mobile, soit obtenir un accès à son réseau.
Boost Mobile est un opérateur virtuel qui possède un cœur de réseau 5G, mais il loue aussi ceux d’AT&T et T-Mobile. Dans l’un ou l’autre cas, SpaceX devra tout de même obtenir le feu vert d’un ou des deux opérateurs pour exploiter leurs réseaux. Rien ne dit qu’ils accepteraient ici ce qu’ils ont jusqu’à présent toujours refusé, mais Elon Musk semble entrevoir un chemin possible.
Des satellites et des fréquences SpaceX a lancé son service direct-to-cell pour Starlink en 2024, permettant aux smartphones compatibles d’envoyer et de recevoir des messages dans les zones non couvertes. Les appels voix et vidéo ont depuis été ajoutés (via WhatsApp chez T-Mobile). Les usages dépendent des applications et des offres partenaires.
L’ambition de Starlink Mobile est assez claire : devenir un opérateur de téléphonie en bonne et due forme, afin de croquer un bout de l’énorme marché américain. Les trois opérateurs principaux ont réalisé près de 352 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, sans compter l’activité des opérateurs virtuels. Internet SpaceX envisagerait de se lancer comme opérateur mobile aux États-Unis Internet Vendredi 26 juin 2026 à 10h53 26/06/2026 10h53 13 Si SpaceX dispose d’une force de frappe à nulle autre pareille avec sa constellation de satellites, il lui faut aussi des fréquences.
L’an dernier, le groupe signait un chèque de 17 milliards de dollars pour acheter les fréquences AWS-4 d’EchoStar dans la bande des 2 GHz, suivi début octobre par un accord à 8 milliards pour l’acquisition d’un portefeuille de basses fréquences (jusqu’à 14 MHz de spectre) dans la bande des 800 MHz. L’entreprise ne faisait plus mystère de son intention, ces achats « [ouvrent] la voie à Starlink pour devenir un opérateur mobile majeur aux États-Unis ». Starlink Mobile a besoin de ces fréquences, tout particulièrement les plus basses comme le 800 MHz, puisqu’elles portent plus loin et pénètrent à l’intérieur des bâtiments où la réception satellite demeure difficile.
Les fréquences élevées dédiées aux satellites ne passent pas les murs. Onéreuses pièces du puzzle Mais ça n’est toujours pas suffisant pour commercialiser un service de téléphonie correct. Il faut en plus disposer d’infrastructures au sol, notamment des antennes, pour servir efficacement les zones urbaines très peuplées.
Les trois grands opérateurs américains ont tissé leurs réseaux mobiles pendant des années, c’est la raison pour laquelle Elon Musk est allé frapper à leur porte, sans succès donc. Internet Direct-to-cell : la guerre des fréquences bat son plein dans les communications par satellite Internet Mardi 20 octobre 2026 à 14h48 20/10/2026 14h48 6 L’industrie doute qu’Elon Musk ait les capacités de faire pousser les tours de téléphonie mobile un peu partout sur le territoire américain. Lors de la présentation des résultats trimestriels de Verizon le 26 octobre, Dan Schulman, le directeur général de Verizon a expliqué à propos des ambitions de SpaceX qu’il n’existait pas de « baguette magique, pas de recette secrète et aucun avantage structurel qui permettraient d’obtenir des coûts radicalement inférieurs ».
Pour le dirigeant, SpaceX ne va pas avoir d’autre choix que de se lancer dans des travaux d’envergure : installer des antennes-relais et les liaisons qui les raccordent au réseau, acheter des équipements et des fréquences, puis mettre en place un système de distribution et de gestion. « À supposer qu’ils se lancent, il leur faudra au minimum quatre à six ans pour déployer l’ensemble. Cela coûtera des centaines et des centaines de milliards de dollars.
J’estime la facture entre 300 et 500 milliards de dollars sur les sept ou huit prochaines années. » Elon Musk, jamais en panne d’une fanfaronnade, a affirmé qu’il pourrait créer son propre réseau mobile dans les 2 à 3 prochaines années. Il n’empêche : l’investissement titanesque et les efforts colossaux nécessaires expliquent aussi pourquoi il cherche une voie plus rapide. Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker.
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