Guerre en Ukraine : piratée, l’application d’alerte nationale annonce à tort une attaque nucléaire sur Kiev Par Marion Prost Publié le 02/11/2026 à 19h20 Suivre Suivre Le Figaro sur : Google (ouvre un nouvel onglet) Google Discover (ouvre un nouvel onglet) Google News (ouvre un nouvel onglet) Sujets Ukraine Alerte Guerre Des habitants marchent près de bâtiments endommagés, dans la ville de Kherson, en Ukraine, située en première ligne des combats, le 28 octobre 2026. (Photo d’illustration) Stringer / REUTERS Des inconnus ont détourné le dispositif mobile de protection civile ukrainien ce dimanche 1er novembre, faisant craindre une catastrophe atomique dans la capitale. Passer la publicité Passer la publicité Publicité À Kiev, les pirates ont choisi un service que les habitants ont de bonnes raisons de consulter : l’application utilisée par le service ukrainien d’alerte à la population, en cas d’attaques de missiles ou de drones notamment. Peu avant 23 heures, le 1er novembre, des hackers l’ont utilisée pour annoncer des menaces nucléaires et chimiques imaginaires, rapporte le Guardian .

Que ce soit des risques radioactifs ou des affrontements dans les rues, les messages décrivaient plusieurs périls, dont aucun n’était confirmé. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Dans un pays qui subit les tirs de missiles et de drones russes depuis l’invasion du 24 février 2022, cette application sert à prévenir les civils pour qu’ils puissent se mettre à l’abri. Les avertissements frauduleux empruntaient donc un moyen de communication auquel les habitants ont recours pour leur sécurité.

Kiev était notamment visée par les notifications, mais d’autres secteurs du pays ont également reçu de fausses alertes. L’un des messages annonçait l’arrivée d’un Orechnik, missile balistique russe susceptible de transporter une charge nucléaire. Cette capacité ne signifie pas que chaque missile de ce type en soit équipé ; surtout, l’annonce provenait ici du service piraté et n’attestait aucun lancement.

Passer la publicité Publicité Des alertes qui sonnent faux La forme des messages a rapidement éveillé les soupçons. Certains comportaient des grossièretés, d’autres employaient le russe, alors que les communications officielles ukrainiennes doivent être rédigées en ukrainien. De nombreux habitants ont ainsi compris qu’il s’agissait d’un piratage, rapporte le quotidien britannique.

Aucune panique généralisée n’a été signalée, même si ces annonces ont suscité de l’inquiétude. Les responsables du service ont reconnu dès dimanche une intervention non autorisée et interrompu temporairement le canal de diffusion concerné. Ils ont demandé aux utilisateurs de ne pas suivre les liens figurant dans les notifications suspectes.

Les sirènes, elles, continuaient de fonctionner : le piratage de l’application n’avait pas neutralisé l’ensemble des dispositifs d’alerte. Le service a depuis été rétabli, rapporte l’Associated Press. À lire aussi Après la cyberattaque des réfrigérateurs, l’Europe s’inquiète de la vulnérabilité des champs photovoltaïques Reste à établir qui a mené l’opération.

Les autorités ukrainiennes ont accusé la Russie, sans que cette attribution ait pu être vérifiée indépendamment. Le canal Telegram russe Mash, lié aux services de sécurité, affirme de son côté avoir recueilli une revendication du groupe pro-russe Hitcore. Le Guardian souligne que celle-ci n’a pas davantage été authentifiée.

Dans la nuit, les autorités russes ont à leur tour annoncé le piratage de l’application de leur ministère des Situations d’urgence. Des utilisateurs ont également reçu de fausses annonces d’attaques nucléaires. Le groupe pro-ukrainien Atesh en a publié une capture d’écran, ce qui ne suffit pas à lui attribuer l’intrusion.

Lundi, ni l’identité des auteurs ni l’existence d’un lien entre les deux opérations n’étaient établies.