Économie Xavier Niel dénonce une nouvelle taxe qui pourrait faire grimper la facture des Français Adoptée à une voix près par l'Assemblée nationale, une taxe sur les données numériques provoque la colère de plusieurs patrons français de la tech, qui redoutent ses conséquences économiques. © Capture YouTube Par Jennifer Larcher Publié le 2 novembre 2026 à 17h03 Une nouvelle taxe se profile à l’horizon et le fondateur de Free est en colère. Sur son compte X, il n’a clairement pas mâché ses mots en qualifiant d’« ignares incompétents » les députés à l’origine du vote en faveur de ce texte. Pourquoi Xavier Niel est-il si en colère ?
Cette taxe de 5,5 centimes par gigaoctet n’était clairement pas attendue. L’effet de surprise est donc à la hauteur de la colère du fondateur de Free. L’Assemblée nationale a adopté un amendement socialiste.
Il est rattaché au projet de budget 2027 et il prévoit une taxe pour chaque gigaoctet de données envoyé vers les internautes français. 11 députés ont voté en faveur de cette mesure alors que le gouvernement était contre. Toutefois, l’hémicycle était pratiquement vide et le texte a été adopté à une voix près. 📩 L’actu digitale évolue vite.
Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Rappelons qu’il compte 577 sièges : sur 35 votants, 11 ont voté pour, 10 contre et 14 se sont abstenus.
Alors qu’un internaute demandait à Xavier Niel son avis sur cette taxe, il a clairement répondu que les députés étaient des « ignares incompétents ». Free serait donc concerné puisqu’il devrait mesurer le volume de données envoyé par les plateformes à ses abonnés. Les réactions se multiplient après ce vote Octave Klaba a également réagi sur son compte X en précisant que sa plateforme envoyait pratiquement 500 Gbps au 95e percentile vers les FAI français.
Avec cette taxe de 5,5 centimes qui semble dérisoire, le montant serait en réalité assez conséquent. En effet, elle pourrait atteindre 70 M€ par an selon ses estimations. Bien sûr, cette taxe serait payée par les fournisseurs de contenus et de données, mais ils pourraient être contraints de la répercuter sur les clients, comme le mentionne Octave dans son tweet.
Un projet socialiste baptisé Vivre libres Un prélèvement de 0,10 euro par gigaoctet était prévu dans le projet socialiste initial, mais une première version avait été rejetée en commission début octobre. Finalement, le nouveau texte pourrait rapporter environ 10 milliards d’euros de recettes par an, selon ses auteurs, en se basant sur les 200 milliards de gigaoctets qui sont envoyés chaque année vers les internautes français. Ce projet concerne les producteurs de données numériques, comme le mentionne le texte.
Un plafond est fixé à 15 % du chiffre d’affaires réalisé en France ou à 2 % du chiffre d’affaires mondial. Ce débat sur la taxation des données existe depuis plusieurs années. Une hausse considérable des données L’Arcep devra superviser la mesure des volumes de données afin que la taxe puisse être calculée.
À la mi-juillet, le trafic entrant avait fait l’objet d’une évaluation. Près de 56 térabits par seconde étaient mesurés fin 2025 sur les réseaux des principaux opérateurs français. Ce chiffre assez important montre une hausse de 10,4 % sur un an.
49 % de l’ensemble était généré par 5 acteurs importants, à savoir Meta, Google, Amazon, Netflix et Akamai. Alors, allons-nous subir une nouvelle hausse des prix ? Pour l’instant, le projet n’est pas applicable puisque l’amendement doit encore franchir plusieurs étapes parlementaires.
L’Assemblée nationale doit notamment se prononcer sur l’ensemble de la partie recettes du budget avant son examen par le Sénat. Si cette partie est rejetée, l’amendement disparaîtra du texte transmis au Sénat. Dans le cas contraire, ce dernier pourra encore le modifier ou le supprimer.
Pour l’instant, le budget 2027 est encore incertain, comme ce fut le cas pour les années précédentes, au cours desquelles les autorités ont eu des difficultés à se mettre d’accord. Alors que les Français se retrouvent dans une situation difficile à cause de l’inflation, vont-ils devoir mettre à nouveau la main à la poche ? Pour aller plus loin Politique