En réponse au projet de loi de finance 2027, Paul Midy a annoncé vendredi dernier l’adoption d’un amendement pour réabonder les crédits French Tech. Derrière le montant, l’enjeu porte sur les moyens du réseau et de l’accompagnement des entrepreneurs. Plusieurs étapes restent à franchir avant leur déploiement.Paul Midy vient d'annoncer sur les réseaux sociaux une première victoire sur les crédits de la French Tech.
Le député Renaissance de l’Essonne, membre du groupe Ensemble pour la République, indique que son amendement ajoutant 10 millions d’euros a été adopté. Appliqué à l’enveloppe de 1,8 million prévue dans le projet de budget pour 2027, ce réabondement porterait les crédits concernés à 11,8 millions d’euros.Derrière cette ligne budgétaire se trouvent la Mission French Tech, les actions de son réseau et French Tech Tremplin. Un débat qui porte plus sur les moyens de l’accompagnement des entrepreneurs, que de l'ensemble de politiques publiques aux profits des acteurs de l'innovation, dont les financements dépassent largement cette seule enveloppe.
Explorer le décryptage interactif ↗ Une contraction qui touche les relais de terrainCes dernières années, Paul Midy s'oppose à la trajectoire baissière de la dotation de la French Tech, partant de 11,5 millions d’euros en 2025 à 6,8 millions en 2026, puis à 1,8 million dans le projet pour 2027. Sur cette série, la baisse atteint environ 84 % en deux ans. La Mission coordonne des programmes et facilite les relations avec les administrations ; les Capitales et Communautés mobilisent des entrepreneurs dans les territoires et à l’international, quand Tremplin cherche à ouvrir l’entrepreneuriat innovant à des profils sous-représentés.
Le réseau Frenchtech rassemble des structures labellisées, dont les ressources et l’organisation diffèrent. La labellisation 2026–2028 distingue 19 Capitales et 28 Communautés en France, ainsi que 78 Communautés à l’international. Le privé finance déjà une partie du réseau En alternative à une baisse budgetaire, le recours aux entreprises serait nécessaire et ne constitue pas une rupture de modèle.
Lors d'une présentation publiée en 2023 ↗, French Tech Saint-Étienne Lyon indiquait tirer 40 % de son budget des cotisations et 60 % de subventions, associant l’État et les métropoles. Une association pourrait élargir ses cotisations, conclure des partenariats pluriannuels avec des ETI et des grands groupes, ou faire financer des programmes de rencontres entre acheteurs et start-up, comme Business Connect en Nouvelle-Aquitaine. Le risque territorial est celui d’une compensation inégale, les écosystèmes dotés d’un tissu dense de sièges sociaux disposent, en principe, d’un vivier de partenaires plus large que les territoires moins pourvus.
Autre piste, mutualiser l’administration, les outils et certains programmes entre associations peut limiter les coûts. Un bilan économique réel, une attribution qui reste à établir Bien entendu, la question de tout cela pourquoi se pose, si le panorama 2026 de la Mission French Tech ↗ recense 18 000 start-up et scale-up et 450 000 emplois directs, il reste difficile d'évaluer le bilan de la French Tech. Un sujet qui cristalise de nombreux avis divergeant, nous ne manquerons pas d'y revenir prochainement.Un soutien transversal, mais deux ambitions budgétairesCe rétablissement des crédits dépasse bien entendu le camp de Paul Midy.
Pour sa part, le groupe Socialistes et apparentés, à travers un amendement de Laurent Lhardit, propose d’ajouter 5 millions d’euros. Pierre Pribetich défend le même montant, avec une proposition travaillée avec French Tech Bourgogne-Franche-Comté. Chez Les Démocrates, Laurent Croizier a également déposé un amendement à 5 millions ; déclaré non soutenu le 28 octobre.Cette convergence dessine t elle un point de compromis? les prochaines semaines nous le diront.Reste que la victoire doit traverser deux équilibres politiquesAinsi ce vote en commission ne vaut pas adoption en séance publique, ni inscription définitive dans le budget 2027.
Le processus d'adoption est long et parsemé d'embuches procédurales.La distinction entre commission et séance est essentielle : pour une loi de finances, la première lecture à l’Assemblée porte sur le projet du Gouvernement, et non sur le texte amendé par la commission. Une adoption en commission ne garantit donc pas la présence de la mesure dans le texte transmis au Sénat.Le passage au Palais du Luxembourg oblige ensuite à reconstruire le soutien. Après le renouvellement de septembre 2026, LR dispose de 124 sièges et les centristes de 63, soit une majorité numérique à eux deux.
Un précédent éclaire les résistances possibles, en décembre 2025, une hausse d’un million pour French Tech Tremplin a été rejetée au Sénat. La rapporteure spéciale demandait une évaluation consolidée du dispositif, quand le Gouvernement invoquait sa refonte et l’intervention d’autres acteurs. Le dernier arbitrage porte sur le budget entierA noter que pour se faire, la proposition Paul Midy transfère 10 millions du programme « Stratégies économiques » vers « Développement des entreprises et régulations ».
Si la faible taille de l’enveloppe peut faciliter une concession, elle peut aussi rendre sa défense secondaire face aux grands arbitrages. Le calendrier prévoit un vote à l’Assemblée le 17 novembre et l’expiration du délai parlementaire de 70 jours le 17 décembre. Entre-temps, les négociations entre chambres, une éventuelle commission mixte paritaire et les choix du Gouvernement pourront changer le montant.
Le prochain test sera celui des moyens disponiblesUne fois la loi adoptée, une autre distinction s’impose : les crédits ouverts et les dépenses réalisées ne se confondent pas. La mise à disposition des fonds, les conventions avec les bénéficiaires et les éventuelles mesures de régulation budgétaire détermineront les moyens utilisables au cours de l’année 2027.Pour les associations et les entrepreneurs accompagnés, la portée de l’amendement se mesurera alors dans la continuité des actions financées, au-delà du montant affiché lors du vote. Autant dire que l'incertitude règne et que les prochaines semaines seront décisives pour la continuité d'un dispositif qui a été l'un des grands révélateurs, de la startup nation défendue par Emmanuel Macron.Pour prolonger la lecture sur FrenchWebPourquoi les exits sont devenus le vrai test de maturité de la French Tech : une autre lecture des relations entre start-up et grands groupes.À la rencontre de Clara Chappaz, en novembre 2021 : un reportage à Marseille sur French Tech Central et Tremplin.L’arrivée de Julie Huguet à la direction de la French Tech, en octobre 2024 : le contexte de la transition.Les repères du dossierProjet initial 2027 : 1,8 million d’euros.Ajout proposé : 10 millions d’euros.Total du scénario : 11,8 millions d’euros.Porteur : Paul Midy, député Renaissance de l’Essonne.État : adoption annoncée par le député ; budget définitif et exécution à suivre.La French Tech en quatre époquesExplorer les quatre époques de la French Tech ↗