Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors d’une rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à Téhéran, le 19 octobre 2026. PHOTO MAJID ASGARIPOUR/WANA/REUTERS. Majid Asgaripour / via REUTERS Après plusieurs jours de spéculations sur une possible reprise des bombardements américains et israéliens en Iran, Téhéran a affirmé dimanche que “toute nouvelle guerre avec les États-Unis ou Israël pourrait durer plus longtemps que le précédent conflit” et prévenu Donald Trump qu’“il ne serait pas en mesure d’en dicter la fin”, résume The Times of Israel. “Durant la phase la plus intense de la guerre, qui a débuté le 28 février avec les frappes américano-israéliennes contre l’Iran et a duré plusieurs mois, Téhéran a riposté par des milliers de tirs de missiles et de drones dans toute la région”, rappelle le titre israélien.
Le Hezbollah et les Houthistes, soutenus par l’Iran, ont ensuite “rejoint les combats au Liban et au Yémen, et le conflit s’est étendu à l’ensemble de la région”, ajoute-t-il. À lire aussi : Yémen. Devenus un acteur majeur au Moyen-Orient, les houthistes sont-ils le nouveau Hezbollah ?
Ajouter aux favoris “Une future guerre potentielle pourrait durer plus longtemps que le conflit précédent, et le président américain ne serait pas en mesure de dicter le moment ou les conditions de sa conclusion”, a menacé le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia, cité par la télévision d’État iranienne. Des propos qui renforcent ceux du guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui a fait savoir samedi dans une déclaration écrite que “si les États-Unis et Israël attaquaient, il n’y aurait aucune limite géographique aux frappes de représailles de l’Iran”, précise le média israélien. “Sentiment d’anxiété” Ces déclarations font suite aux prises de parole de Donald Trump qui a soufflé le chaud et le froid ces derniers jours sur le dossier iranien, en donnant “peu de précisions sur ses objectifs finaux, oscillant entre menaces de nouvelles frappes et ouverture à une éventuelle diplomatie”, relève CNN. Samedi, le président américain a ainsi assuré que les négociations avec Téhéran “se déroulaient bien” mais que les États-Unis devaient encore “s’occuper d’un ou deux sites” en Iran, sous-entendant que les bombardements pourraient reprendre.
Des menaces réitérées dimanche, lors d’un meeting dans l’Iowa : “La seule raison pour laquelle je n’en ai pas encore fini avec l’Iran, c’est que je veux être gentil. Mais nous allons devoir, à un moment, leur donner un coup de massue”. “Les États-Unis alimentent activement le sentiment d’anxiété qui règne dans toute la région en laissant entendre qu’une nouvelle escalade pourrait être imminente”, déclare à CNN Hasan Alhasan, spécialiste des politiques du Moyen-Orient à l’Institut international d’études stratégiques. “Mais il devient difficile de distinguer les tactiques de pression des signaux authentiques”, ajoute-t-il. À lire aussi : Énergie.
Pétrole : les exportations du Moyen-Orient sont au plus haut, les prix du brut aussi Ajouter aux favoris Selon Axios, citant des sources israéliennes et américaines, le locataire de la Maison-Blanche s’est entretenu samedi par téléphone avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et ce dernier aurait “fait pression sur M. Trump pour qu’il frappe l’Iran immédiatement après les élections de mi-mandat de mardi”. “Mais pour l’instant, M. Trump souhaite laisser les négociations suivre leur cours, une stratégie qui inquiète M. Nétanyahou”, assure le média américain. L’Iran “profondément sceptique” De fait, des pourparlers indirects à Doha “se sont poursuivis dimanche pour la troisième journée consécutive, le Qatar tentant de négocier le dégel de plus de 6 milliards de dollars [5,36 milliards d’euros] d’avoirs iraniens”, un geste des Américains qui pourrait conduire à “la réouverture du détroit d’Ormuz et à la reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien”, rapporte The Guardian. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré dimanche qu’aucun accord n’avait encore été conclu et a souligné que la balle était dans le camp américain. “Nous mettons tout en œuvre à cet égard et espérons que l’autre partie fera preuve de suffisamment de raison pour privilégier la voie diplomatique”, a-t-il affirmé, cité par Axios.
Mais une source iranienne a confié à Al-Jazeera que si les négociations avec Washington se poursuivent “par l’intermédiaire du Qatar et d’autres médiateurs”, Téhéran reste “profondément sceptique quant aux intentions de Trump”. “L’expérience a montré que le président américain et son entourage [cédaient] aux tentations de Nétanyahou et des extrémistes bellicistes qui le soutiennent”, a déclaré cette source. “C’est pourquoi nous n’avons d’autre choix que de rester pleinement concentrés sur notre préparation à une défense décisive et punitive contre toute agression et tout crime commis par les États-Unis et Israël”. À lire aussi : Moyen-Orient. Le Hezbollah “retient son souffle” et se prépare à une nouvelle guerre d’envergure Ajouter aux favoris Ha’Aretz remarque pour sa part que si Trump ne cesse de menacer Téhéran de nouvelles frappes, les objectifs sont peu clairs. “Viseront-elles des infrastructures énergétiques ou des infrastructures civiles ?
Des bases de missiles ou des sites soupçonnés de stocker de l’uranium enrichi ?” “Il semble que, contrairement aux objectifs qui ont justifié les guerres lancées en juin 2025 et février 2026 – à savoir la destruction de sites nucléaires, la destruction massive des capacités de missiles balistiques et l’élimination de dirigeants dans le but de provoquer un changement de régime –, la menace de guerre soit désormais devenue un moyen de pression”, analyse le quotidien israélien. “Et il ne s’agit même pas de parvenir à un accord de paix, mais simplement d’établir un cadre pour les négociations.” Romain Raynaldy Moyen-Orient États-Unis Iran Politique Benyamin Nétanyahou Donald Trump Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Article réservé aux abonnésReportage. “Trump nous hait” : les républicains ont déjà perdu l’appui des Latinos Écouter l’article Ajouter aux favoris Pendant que vous dormiez. Bulgarie, Ukraine et Formule 1 : les informations de la nuit Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésBrésil. André Janones, “chien fou” et chef de l’“armée de Lula” Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésReportage.
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