Xavier Niel à propos des députés socialistes derrière la taxe de 5,5 centimes par gigaoctet : "Des ignares incompétents qui ne savent rien faire d'autre que créer de nouveaux impôts" Par Nassim Chentouf Publié le 01/11/26 à 16h30 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 2 © Shutterstock/Frederic Legrand - COMEO Comme nous en parlions dans nos colonnes, c’est le 30 octobre dernier que l’Assemblée nationale a adopté l’amendement I-1358 au projet de budget 2027 par onze voix contre dix et quatorze abstentions. On parle d’à peine 35 élus qui ont pris part au vote sur 577.Xavier Niel s'insurge contre la taxe des socialistesCe sont des ignares incompétents. https://t.co/LjbCgbrMbF— Xavier Niel (@Xavier75) October 31, 2026On doit le texte à Laurent Lhardit, député socialiste qui souhaite taxer chaque gigaoctet envoyé vers un abonné Internet français à hauteur de 0,055 €. Notons qu’en cas d’adoption, l’opérateur ne paierait pas la taxe lui-même mais compterait les données envoyées par chaque fournisseur de contenu pour transmettre les volumes au fisc.Pour donner un exemple, une plateforme qui transmet 100 Go génère 5,5 € de taxe sans appliquer le plafond.
Le texte fixe un plafond à 15 % du chiffre d’affaires réalisé en France ou à 2 % du chiffre d’affaires mondial. On parle donc de près de 10 milliards d’euros de recettes espérées par an, alors que les auteurs du texte évoquent environ 200 milliards de gigaoctets reçus chaque année par les internautes français. À lire également : L’informatique quantique européenne peut compter sur la puissance de Xavier Niel David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, s’est opposé au texte et estime qu’une grande partie de la facture toucherait aussi les petites entreprises françaises.
Philippe Juvin, rapporteur général du projet, craint quant à lui une hausse des prix si les entreprises répercutent la taxe sur leurs clients. Le gouvernement et le rapporteur donnent donc un avis défavorable lors du vote.Xavier Niel n’est pas le seul patron du numérique français à s’insurger. Octave Klaba, fondateur d’OVHcloud, chiffre jusqu’à 70 millions d’euros par an pour son entreprise et parle de "distorsion de concurrence".
VideoLAN, à qui l’on doit VLC, estime sa facture à plus d’un million d’euros par an.Une taxe pas encore adoptéeIls savent rien faire d’autre que créer de nouveaux impôts— Xavier Niel (@Xavier75) October 31, 2026Rappelons que la taxe concerne le volume de données sans faire de différence entre une vidéo payante, un logiciel gratuit ou des fichiers stockés dans le cloud. Laurent Lhardit défend tout de même sa taxe et estime que faire contribuer les plus grandes entreprises du numérique poussera les plateformes à mieux compresser leurs contenus.À l’été 2026, le Parti socialiste proposait un tarif de 0,10 € par gigaoctet pour financer les infrastructures. Finalement, le texte voté a baissé ce tarif à 0,055 € et les recettes iraient au budget de l’État.
Xavier Niel attaque donc un amendement qui touche Free dans son fonctionnement quotidien et secoue tout le secteur numérique. À lire également : Free : Xavier Niel reconnaît une erreur stratégique avec la Freebox Delta et son Player Devialet Toutefois, la taxe n’est pas encore une loi définitive puisque c’est le 3 novembre prochain que l’Assemblée nationale examinera l’ensemble du volet recettes du budget. Le Sénat pourra ensuite supprimer ou modifier la mesure et le gouvernement gardera la possibilité de l’écarter du texte final.
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