Le 30 octobre, la liste des modèles de l'API Gemini ne compte qu'un Gemini 4, Argon, sorti le 13 octobre. Gemini 4 Carbon, que Google présentait deux jours plus tôt comme son modèle « le plus puissant », n'y figure pas, et la page des tarifs ne lui consacre aucune ligne. Il est pourtant premier de l'Artificial Analysis Intelligence Index v5, avec 59 points.

Google ne le vend à aucune entreprise en libre-service. Artificial Analysis le dit « disponible par API chez un fournisseur », l'API de Google, que la documentation de Google ne décrit pas. Des cyberdéfenseurs d'abord, les développeurs sans date Le billet d'annonce, signé le 28 octobre par Koray Kavukcuoglu, vice-président senior de Google DeepMind et architecte en chef de l'IA de Google, décrit un accès par cercles.

Carbon est ouvert dès la semaine du lancement à « un sous-ensemble de cyberdéfenseurs », puis le sera progressivement à « d'autres partenaires de confiance » par l'intermédiaire du Fairwind Program. Les développeurs, les entreprises et le grand public viendront ensuite : Google dit continuer « à recueillir des retours et à ajuster les garde-fous » avant de leur ouvrir le modèle « dès que possible ». Aucune date n'est donnée.

Le même billet indique que Google participe au « processus volontaire du gouvernement américain » de tests des modèles avant publication, sans nommer l'organisme. Le Center for AI Standards and Innovation (CAISI), rattaché au NIST, a annoncé le 5 mai 2026 des accords avec Google DeepMind, Microsoft et xAI pour évaluer des modèles « avant qu'ils ne soient accessibles au public ». Google ne dit pas si c'est le processus qu'il évoque, et le NIST ne qualifie pas ces accords de volontaires.

Un point d'avance sur Claude Opus 5.5 Artificial Analysis a publié la cinquième version de son indice le 27 octobre. Ce jour-là, Claude Opus 5.5 menait avec 58 points, devant GPT-6 Astra à 57. Il a perdu la première place le lendemain.

Sur le classement consulté le 30 octobre, Carbon, dans son réglage de raisonnement « high », passe devant avec 59 points, un de plus qu'Opus 5.5 et deux de plus que GPT-6 Astra, tous deux mesurés dans leur réglage maximal. Sa fiche le classe premier sur 57 modèles comparables. Un point d'écart sur un indice qui agrège neuf évaluations reste mince, et Artificial Analysis ne publie pas de marge d'erreur qui permettrait de le dire significatif.

Google revendique en outre des records sur des tests de sécurité choisis par lui, dont 88,2 % sur SEC-bench Pro, consacré à la recherche de vulnérabilités, et précise que ces mesures ont été réalisées « sans garde-fous ». Ce sont précisément les protections que l'entreprise ajuste encore avant toute ouverture large. Anthropic et Mistral gardent aussi des modèles en cercle fermé Le 27 octobre, la Frontier Red Team d'Anthropic a décrit dans un billet les failles critiques trouvées par « un modèle de recherche interne, non publié », dans des navigateurs et des systèmes d'exploitation.

Dans les bulletins de Chrome, un chercheur d'Anthropic signe une faille sur dix corrigée en octobre, sans qu'on puisse relier ces crédits à ce modèle. Le billet ne dit rien d'une éventuelle commercialisation de ce modèle. Claude Mythos Preview suit une logique plus explicite.

Anthropic le réserve depuis le 7 avril 2026 aux membres du Project Glasswing : Amazon Web Services, Apple, Google, Microsoft et sept autres partenaires de lancement, puis plus de quarante organisations qui maintiennent des logiciels critiques. La page l'écrit : « nous ne prévoyons pas de rendre Claude Mythos Preview disponible de façon générale, mais notre objectif est, à terme, de permettre à nos utilisateurs de déployer en sécurité des modèles de la classe Mythos à grande échelle ». Après la phase de recherche, les participants le paieront 25 dollars par million de tokens en entrée et 125 en sortie.

Mistral AI, qui a publié le 29 octobre les poids de Mistral Large 4, en réserve une variante spécialisée en cybersécurité à des partenaires comme Orange Cyberdefense. Son billet soumet cet accès en aperçu à « une vérification rigoureuse et des garanties contractuelles », avec des tests limités aux systèmes possédés ou explicitement autorisés. Aucun de ces quatre modèles n'a de date d'ouverture générale.

Carbon est le seul à occuper la première place d'un indice généraliste. Un tarif d'appel qui doublera, comme celui d'Argon Google lance Carbon au même prix d'introduction qu'Argon : 2 dollars par million de tokens en entrée, 10 en sortie, et une remise de 95 % sur l'entrée servie depuis le cache, soit 0,10 dollar. Une note en bas du billet prévient qu'à l'expiration de la période d'introduction, le tarif passera à 4 et 20 dollars.

La note ne date pas cette expiration. Artificial Analysis affiche d'ailleurs déjà Carbon à 4 et 20 dollars, en se fondant sur l'API de Google. Argon montre comment le mécanisme se déroule.

La note du billet d'Argon, elle, datait cette expiration : le 30 novembre 2026. La page de tarifs de l'API Gemini affiche déjà les deux tarifs, l'un sous l'autre : 2 et 10 dollars jusqu'au 30 novembre, 4 et 20 dollars à partir du 1er décembre. Le prix d'Argon double donc sept semaines après son lancement.

Argon, lui, était ouvert aux développeurs dès le 13 octobre ; son prix d'appel s'applique pendant toute cette période. Au tarif plein, Carbon coûtera autant que Claude Opus 5.5, facturé 4 et 20 dollars d'après le relevé des prix des API d'ActuIA, et deux fois et demie moins cher que GPT-6 Astra, à 10 et 50 dollars. Le seul tarif sur lequel une entreprise peut bâtir un budget Carbon est celui de 4 et 20 dollars : Google ne date ni l'ouverture du modèle aux clients ni la fin de sa période d'introduction.

Le 30 octobre, la page du Fairwind Program, qui revendique « plus de 650 partenaires », propose toujours Gemini 4 Argon dans une version dotée de « capacités de cyberdéfense », ainsi que l'agent de correction de code CodeMender. Carbon n'y figure pas. Citations traduites de l'anglais par ActuIA.

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