LFI s’inspire de la campagne numérique de Lula, au risque de dépendre de Meta L'élection se gagnera-t-elle un jour sur les réseaux ? Illustration : Flock Martin Clavey Le 30 octobre à 10h10 Après la réélection de Lula au Brésil, les têtes se sont tournées vers son équipe de campagne et notamment vers son organisation sur les réseaux sociaux. Sautant sur l’opportunité, La France Insoumise revendique s’en inspirer.

Une erreur ? Comme nous l’expliquions, il y a des enseignements à tirer de la manière dont s’est passée la campagne présidentielle brésilienne concernant la forme que les discours politiques prennent désormais en ligne. La France Insoumise revendique s’inspirer directement de la campagne mise en place par les équipes de Luiz Inácio Lula et notamment du travail fait par le député brésilien André Janones.

Mais cela signifie aussi parier sur les outils des géants du numérique, à commencer par Meta, et mettre de côté les alternatives au prix d’un risque d’ingérence. La France Insoumise n’a pas réellement investi d’autres réseaux sociaux aux protocoles plus ouverts comme Bluesky ou Mastodon, par exemple. Et elle ne semble pas parier sur ces réseaux pour la campagne de 2027.

Un réseau social européen ? On est passé de Bluesky à Mu.social, et on vous explique Jeudi 16 juillet 2026 à 16h32 16/07/2026 16h32 43 S’inspirer d’une campagne qui a gagné, ça fait toujours bien Communiquer sur l’inspiration d’une campagne numérique réussie n’est pas nouveau. Peu après l’élection de Barack Obama beaucoup de personnalités politiques ont revendiqué s’être inspirées de sa campagne.

Ainsi, pour les campagnes de 2017, le logiciel Nation Builder s’inspirant du travail de l’équipe de campagne du 44ᵉ président des États-Unis avait été utilisé par Donald Trump comme par Jean-Luc Mélenchon ou Alain Juppé. Aujourd’hui, les équipes de La France Insoumise préfèrent s’afficher dans la ligne du président brésilien. Il vient d’être réélu à tout juste 81 ans, et le maire LFI de Saint Denis a rapidement posté sur X un message clamant « Le Brésil l’a fait, la France peut le faire ! ».

Mais c’est du côté des pratiques du représentant de l’État rural de Minas Gerais au Congrès national du Brésil, André Janones, que le mouvement de gauche affirme s’inspirer et notamment de son canal Exercito de Lula (Armée de Lula) qui, comme nous l’expliquions, est très vite passé de 50 000 abonnés à plus de 10 millions. L’euphorie de la victoire peut rapidement lui donner un poids important alors qu’il est difficile à mesurer. Qu’importe, certains ont même déjà fait de ses principes une doctrine à suivre sur les réseaux en temps de campagne : le Janonisme.

Dont ceux concernant les propos des militants de l’extrême droite sur les réseaux sociaux : ne pas commenter, ne pas partager, ne pas interagir. Calquer une campagne qui ne se passe pas vraiment dans les mêmes conditions Dans un billet de blog, le député LFI Antoine Léaument, qui est aussi responsable communication du mouvement, revendique clairement de s’en inspirer. Ainsi, il résume en six leçons cette doctrine de communication allant de « développer un canal Whatsapp » comme « L’Armée de Lula » à invisibiliser l’extrême droite sur les réseaux tout en la provoquant en passant par lui contester l’usage des symboles nationaux et « gamifier » la campagne.

Ainsi, LFI semble calquer la campagne brésilienne en créant une chaine WhatsApp nommée de façon un poil moins guerrière « L’équipe de Mélenchon ». Interrogée par Next sur l’utilisation de ce genre de chaînes en campagne électorale, la CNIL nous explique qu’ « en première analyse, ce type de service apparait fonctionner comme tout compte d’un organisme sur un réseau social, à savoir que l’utilisateur choisit de s’abonner pour suivre les publications et, ce faisant, les traitements de données personnelles mis en œuvre sont soumis au RGPD et relèvent de la responsabilité, chacun pour ce qui les concerne, du fournisseur de service (ici Meta) et de l’éditeur de la chaîne (ici LFI) ». Elle ajoute qu’ « il convient de préciser que si des sollicitations étaient adressées aux utilisateurs du réseau social en vue de s’abonner à la chaîne en ayant recours à un système de ciblage, alors les dispositions du règlement sur la prospection politique viendraient à s’appliquer, ce qui implique notamment : une collecte des données directement auprès des personnes, le recueil préalable de leur consentement à ce démarchage, des obligations de transparence renforcées et une interdiction de s’adresser à des mineurs ».

Mais, en faisant ce pas, LFI se livre elle-même dans les bras d’une entreprise qui, au Brésil justement, a été accusée d’ingérence dans la campagne contre Lula. Et, comme la plupart des partis politiques français, La France insoumise continue à utiliser massivement le réseau social X d’Elon Musk alors que celui-ci a aussi été accusé d’ingérences dans les débats démocratiques en Europe. Antoine Léaument souligne que cette chaine WhatsApp a permis, justement, d’éviter d’être trop touchée par l’ingérence de Meta qui a invisibilisé ses contenus et a bloqué pendant un temps à l’équipe de campagne de Lula la possibilité de sponsoriser ses contenus.

Société Qu’attendent nos représentants politiques pour communiquer en dehors de X ? Société Mercredi 11 février 2026 à 07h51 11/02/2026 07h51 40 Mais le mouvement de Jean-Luc Mélenchon met en place une stratégie qui a été élaborée dans un pays qui n’a pas les mêmes règles électorales concernant l’utilisation des réseaux sociaux. Comme nous l’expliquions, la loi électorale brésilienne interdit toute recommandation algorithmique sur les réseaux sociaux mais permet l’utilisation des messages sponsorisés pour augmenter leur audience.

À l’inverse, côté français, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a rappelé récemment que la recommandation algorithmique gratuite est autorisée mais que « toutes les formes de publicité à des fins de propagande électorale sur les réseaux sociaux sont interdites jusqu’à la date du tour de scrutin où l’élection a été acquise ». S’il y a des règles à la radio et à la télévision afin d’assurer le pluralisme politique, ce n’est pas le cas sur Internet et les réseaux sociaux : « Les pratiques sont par essence différentes entre ces deux espaces. On ne peut pas dupliquer le pluralisme sur l’espace numérique », reconnaissait l’Arcom.

Sur Internet, c’est de la consommation à la demande et/ou algorithmique. Élections, pluralisme politique et réseaux sociaux : le trio impossible ? Vendredi 14 juin 2024 à 16h16 14/06/2024 16h16 13 Et si le Janonisme peut galvaniser les troupes sur les réseaux sociaux, aucune élection n’a été gagnée à la seule force d’une stratégie numérique, même celle de Lula.

Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous MisterDams Premium Il y a 40 minutes Voir les réponses Message 1 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Sinon, on peut aussi essayer de se préoccuper du pays et faire des propositions pertinentes ?Remarque valable pour tous les "candidats à la candidature" qui s'expriment actuellement.

Tout le problème actuel de la politique c'est d'en faire un produit marketing... et là on le démontre bien, on va surtout s'assurer de faire plus de bruit que les autres sur les réseaux sociaux.On peut espérer que justement le fait d'ignorer l'opposant permettra de parler davantage des idées, mais bon si moi j'ai lu un article comme ça, aucun doute que les opposants le liront aussi et feront la même chose, ce qui va amoindrir l'efficacité de cette stratégie. Tout dépendra de la discipline des "troupes", et pour ça, ça reste à mon avis un avantage tactique malin pour l'équipe de Mélenchon, son opposition étant représenté par plusieurs figures en concurrence directe, ce qui rend plus difficile d'avoir le contrôle des stratégies de communication globales. Et si le Janonisme peut galvaniser les troupes sur les réseaux sociaux, aucune élection n’a été gagnée à la seule force d’une stratégie numérique, même celle de Lula.Effectivement, la réalité des écarts entre les propos des réseaux sociaux et les urnes est toujours sous estimée.

Tu vas avoir des gamins de 15 ans qui vont alimenter les trends sur X, mais pas un seul ne se traduira par un bulletin derrière. Pire, ça donne l'impression que c'est gagné d'avance et ça réduit la mobilisation de ses propres partisans...Derrière, il y aura encore un sentiment d'injustice "ouais on voyait bien que tout le monde voulait l'autre".Donc, on va donc continuer à convaincre les gens que ça sert à rien de voter, et le phénomène s'amplifiera aux prochaines élections. jpaul Premium Il y a 9 minutes En réponse à Message 1.1 Signaler Bloquer cet utilisateur Sinon, on peut aussi essayer de se préoccuper du pays et faire des propositions pertinentes ?Pardon, la flemme de lancer un débat là dessus parce que je sais comment ça va finir, mais LFI, qu’on aime ou pas, a un programme pour le pays de 167 pages librement consultable ici : https://avenir-en-commun.net/programmeOn est libres d’y adhérer ou non, mais il a le mérite d’être chiffré et audité à 100% et surtout d’exister en fait, donc leur faire le reproche de ne pas se battre sur les propositions pertinentes c’est vraiment de la mauvaise foi quand ils rabâchent jour et nuit qu’ils veulent appliquer leur programme.Je cherche toujours les programmes des autres en version « plus de 2 post its ». Grutorel Premium Il y a 37 minutes Message 2 Signaler Bloquer cet utilisateur Très belle illustration de Flock alex.d.

Premium Il y a 25 minutes Voir les réponses Message 3 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Bref, Mélanchon choisit de dépendre de Zuck et Musk. Cocasse. Mihashi Premium Il y a 19 minutes En réponse à Message 3.1 Signaler Bloquer cet utilisateur C'est peut-être planifié pour pouvoir s'en offusquer et faire parler de soi. carbier Premium Il y a 14 minutes Voir les réponses Message 4 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Voila à quoi en est réduit notre future campagne présidentielle.2 équipes d'extrémistes ( LFI et RN) revendiquant fièrement le fait de creuser toujours plus profond pour faire de cette campagne un cloaque immonde ponctué de mensonges et de promesses intenables.Avec bien sur un soupçon de violence physique ou verbale, sinon cela ne serait pas drole.LFI ment à la jeunesseLe RN ment aux retraitésVoila, il suffit de diffuser cela sur tous les réseaux sociaux français, mondiaux voire de l'univers et on aura résumé la future campagne.Avis personnel: vous savez pourquoi ces partis et tous les autres me font vomir ?Actuellement à l'Assemblée Nationale, on a pour la 1ere fois une représentation a peu près correcte des orientations politiques des français avec 3 grands "poles".Et bien ces non seulement sont incapables de faire des compromis pour faire avancer la France, mais au contraire, les extremes font tout pour que cela se passe mal afin de pouvoir accéder au pouvoir en faisant des promesses fantaisites.

En gros plus la France plonge, plus ils sont contents. phd5962 Premium Il y a 10 minutes En réponse à Message 4.1 Signaler Bloquer cet utilisateur ... Et les macronistes mentent à tout le monde, tu as oublié treizarque Premium Il y a 5 minutes En réponse à Message 4.2 Signaler Bloquer cet utilisateur Avant de distribuer les brevets d'extrémisme, il faudrait peut-être commencer par balayer devant sa propre porte.Parce que les centristes qui se présentent comme les garants de la raison, de la modération et de la démocratie, alors que certaines de leurs pratiques ont été épinglées par Amnesty International, l'ONU et d'autres organisations de défense des droits humains, feraient peut-être bien de se regarder dans un miroir.C'est un peu facile de désigner les autres comme responsables de tous les maux tout en oubliant le bilan de ceux qui exercent réellement le pouvoir depuis des années.Et concernant l'incapacité à faire des compromis, il faudrait aussi se demander quelle responsabilité portent ceux qui ont longtemps gouverné sans véritablement chercher à en faire.La modération, ça se juge aux actes, pas à l'étiquette politique qu'on se colle sur le front. jpaul Premium Modifié à l'instant En réponse à Message 4.3 Historique Signaler Bloquer cet utilisateur Qui c’est qui n’est pas extrémiste selon ta définition ? La macronie et ses 1 255 milliards de dette supplémentaire depuis 2017 pour ZÉRO amélioration du service public et de la répression maximale ?

L’UMP de Retailleau « L'État de droit, ça n'est pas intangible, ni sacré. » ?Ah oui il y a Glucksmann, c’est sûr qu’il est pas extrémiste lui, mais j’attends toujours de savoir ce qu’il fait là.Sinon LFI extrémiste, pourquoi pas mais j’attends des preuves. Pour ce que je vois de leur programme, on est sur du Mitterand version 2026, mais c’est sur qu’à notre époque Mitterand serait un dangereux communiste. Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?

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