Canonical se relance sérieusement dans son Ubuntu Core Desktop immuable Un autre genre de confinement Vincent Hermann Le 29 octobre à 17h52 Après une première annonce en 2023, Canonical semblait avoir laissé tomber son idée d’un Ubuntu Core Desktop, un système pensé pour être immuable, atomique et attestable. Voilà pourtant qu’elle remet le couvert, affirmant cette fois accélérer le projet. Une erreur ?
Pour comprendre les enjeux, il faut revenir aux définitions : qu’est-ce qu’un système d’exploitable immuable, atomique et attestable ? D’abord, immuable : c’est un système dont les fichiers essentiels sont en lecture seule. Avec ce fonctionnement, en théorie, aucun utilisateur ni aucune application ne peut les modifier.
Ensuite, lorsque l’on parle de système atomique, on évoque surtout ses mises à jour : elles s’appliquent soit entièrement, soit pas du tout. Les deux vont très souvent de pair, de sorte que le système vise une prévisibilité extrême, la base ne changeant pas. Les applications sont isolées, aussi bien du système qu’entre elles, chacune résidant dans son propre conteneur.
Dans le cas de Canonical, vous l’aurez deviné, on parle bien de Snap. Sur ce socle vient se greffer un système d’attestation. Une telle version d’Ubuntu doit ainsi prouver à tout moment ce qu’elle exécute.
Interrogée, la machine peut démontrer quels logiciels elle fait tourner, simplifiant les vérifications et rendant les altérations plus complexes. Ce type de mécanisme passe souvent par un composant matériel dédié, TPM dans la grande majorité des cas. Le retour d’Ubuntu Core Desktop Dans son nouveau billet du 28 octobre, Canonical reconnait que la préversion de 2023 n’a pas été à la hauteur.
Les débuts ont certes été encourageants, mais le projet est devenu très silencieux dès l’année suivante. Selon le site It’s FOSS, l’explication tient dans la manière dont Canonical avait dessiné son système, une grande partie du bureau (dont GNOME et l’écran de connexion) étant réunie dans un seul snap volumineux. Dans le fond, le principe est inchangé.
Tous les composants sont livrés sous forme de snaps, dont le chargeur d’amorçage, le noyau, l’environnement de bureau, les démons (services) et toutes les applications. Mais en pratique, l’approche est cette fois beaucoup plus modulaire. Canonical dit vouloir définir des interfaces claires entre les composants.
Ainsi, le gestionnaire d’affichage, l’environnement de bureau, les serveurs multimédias, le réseau et les autres fonctions devront respecter des interfaces clairement définies sans dépendre d’une implémentation particulière. Dans ce fonctionnement, chaque partie du bureau peut évoluer individuellement. C’est effectivement à la base la promesse des snaps et, plus généralement, de tous les conteneurs logiciels.
Bénéfice de cette évolution modulaire, il ne serait plus nécessaire de reconstruire tout le système à chaque changement. Selon Canonical, ce facteur différencierait Ubuntu Core Desktop des autres systèmes immuables comme Fedora Silverblue ou openSUSE Aeon. Conséquence, cette version du système n’obligerait pas à utiliser GNOME.
Canonical indique s’être rapprochée de l’équipe de KDE Neon Core et avoir produit une variante de KDE Neon fondée sur Ubuntu Core. Logiciel KDE fête ses 30 ans Logiciel Mercredi 14 octobre 2026 à 16h27 14/10/2026 16h27 28 Canonical vise trois cas d’usage pour la 27.04 L’entreprise explique qu’une équipe dédiée est désormais constituée pour travailler sur Ubuntu Core Desktop et que des préversions quotidiennes seront construites pendant le cycle de développement d’Ubuntu 27.04. Pour l’instant, la nouvelle équipe remet en place les chaînes de production d’images et fait le point sur la situation.
Canonical indique que trois cas d’usage prioritaires sont visés. D’abord, le navigateur, cas jugé le plus simple car Firefox et Chromium sont livrés en snaps depuis des années. Ils sont compatibles avec le système de permissions et peuvent donc accorder l’accès à la caméra et au micro.
Ensuite, le développement logiciel. Cette fois, la situation se complique : un système de fichiers en lecture seule et des permissions strictes ne font pas forcément bon ménage avec les habitudes des développeurs. De plus, des outils répandus comme Visual Studio Code fonctionnent en mode « classic », qui accorde de nombreuses permissions au système.
VSC ne fonctionne d’ailleurs pas sur Ubuntu Core. Solution envisagée par Canonical : placer ces applications dans Workshop, un environnement de développement isolé propre à l’entreprise, tandis que les fenêtres associées seraient affichées sur le bureau principal. Canonical compare directement cette solution à WSLg (Windows Subsystem for Linux GUI) de Microsoft.
Enfin, le jeu vidéo, avec l’objectif affiché de pouvoir fonctionner aussi bien sur ordinateur classique que sur des consoles portables comme le Steam Deck. Techniquement, le snap de Steam satisfait déjà les exigences de confinement strict, mais il a été largement mis de côté ces deux dernières années. Dans l’idéal, les composants graphiques seront eux aussi modulaires, afin que Mesa et Proton puissent être mis à jour sans toucher au reste du système.
Canonical dit aussi étudier des modes de commande où l’appareil démarre directement sur une interface de jeu plutôt que sur un bureau classique. La route sera longue Dans tous les cas, le principal obstacle est la disponibilité des applications en snaps. Core Desktop ne peut pas exécuter un autre format.
Il faut également que les permissions soient gérées, afin qu’une application puisse toujours demander l’autorisation avant d’accéder à la caméra, au micro ou à un dossier personnel. Autre défi, la modularisation complète du bureau et la prise en charge de KDE Plasma au même niveau que GNOME. Le projet reste jeune, voire très jeune.
Canonical précise d’ailleurs que la version classique d’Ubuntu est là pour rester, aucun calendrier n’étant donné pour une éventuelle bascule par défaut sur Core Desktop. Concernant les variantes officielles du système (les flavors comme Kubuntu, Edubuntu, Xubuntu…), le billet indique que les mainteneurs concernés seront libres de proposer leur propre variante de Core Desktop, s’ils le souhaitent. Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker.
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