Un pirate affirme avoir récupéré des données de trois partis politiques Fuite ou pas fuite ? Illustration : Flock Mathilde Saliou Le 27 octobre à 14h01 Fuites de données en série, chez les partis en campagne pour l’élection présidentielle ? En un week-end, un même pirate affirme avoir récupéré des données du Parti communiste français, de La France Insoumise et de Renaissance.

Les deux derniers démentent toute nouvelle intrusion. Une erreur ? Un pirate informatique revendique avoir attaqué et récupéré des données de trois partis français, au cours du week-end du 23 au 25 octobre.

Le Parti communiste (PCF), la France Insoumise (LFI) et Renaissance auraient été touchés, mais les deux derniers affirment que les données concernées étaient déjà accessibles en ligne. Le Parti communiste va déposer plainte Alerté par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le PCF a publié le 23 au soir un communiqué dans lequel il indiquait avoir « immédiatement engagé la sécurisation de ses systèmes, de ses outils informatiques et de ses bases de données ». D’après ses constatations, la fuite affecte son fichier des adhérents et sympathisants – des données sensibles par essence, les opinions politiques faisant partie des données personnelles plus spécifiquement protégées par la loi –, mais ne comprend aucune donnée bancaire.

Le parti de Fabien Roussel affirme par ailleurs qu’il va déposer plainte. De son côté, le pirate revendique des données sur 190 000 personnes avec des noms, prénoms, adresses postales, emails et numéros de téléphone. Comme trop souvent en pareille situation, la victime ne communique pas, elle, sur l’ampleur précise du piratage.

Cela rend impossible l’estimation du nombre de données directement issues de cette fuite du PCF, et du nombre de celles issues d’attaques antérieures. Or, une pratique « courante » des pirates consiste à multiplier les données ou à les agréger depuis diverses sources pour augmenter artificiellement le volume de ce qu’ils annoncent faire fuiter. La France Insoumise et Renaissance démentent Sous le pseudonyme de ChimeraZ, le pirate, qui multiplie les « coups d’éclat » depuis plusieurs mois, a de nouveau sévi les deux jours suivants.

Le samedi, il affirmait avoir mis la main sur un fichier de près de 1,2 million de lignes de données de militants LFI. Le dimanche, rebelote, avec un fichier de 4,1 millions de lignes issues du parti Renaissance. Dans ces deux cas, les partis démentent toute nouvelle intrusion.

Le 24 octobre, le coordinateur LFI Manuel Bompard affirmait avoir « été informé de la circulation d’un ensemble de fichiers présentés comme issus de nos systèmes ». Après vérification interne, il indiquait : « aucune donnée personnelle de membres de la France insoumise n’a été divulguée au-delà de celles déjà disponibles publiquement (contacts d’événements par exemple) ». En mai, LFI avait déjà été victime d’une fuite de liste d’adhérents ou sympathisants.

Celle-ci était issue de son réseau social dédié, Action populaire. Dans le cas présent, le Fuites Infos et Le Parisien constatent que des numéros et des e-mails de militants sont aussi disponibles dans le fichier qui circule en ligne. Viennent-ils tous de la même source, ou bien s’agit-il de données agrégées de plusieurs fuites ?

Impossible à dire. De plus, ils relèvent que le document contient des éléments relatifs aux opérations de porte-à-porte pour les municipales de 2026 et pour la présidentielle de 2027. C’est notamment là qu’apparaît un doute sur le type de données collectées, relève Cyberattaque.org : la présence d’adresses au format Base Adresse Nationale ne permet pas de suggérer que ces données désignent les domiciles de militants.

Elle indique seulement que ces données ont été incluses dans un outil pour l’organisation d’un porte-à-porte sur un territoire donné ou dans le cadre d’une campagne précise. Sécurité Quels sont les risques liés aux multiples fuites de vos données personnelles ? Sécurité Lundi 01 décembre 2025 à 15h00 01/12/2025 15h00 49 Chez Renaissance, de même, la direction affirme auprès du Parisien qu’« aucune donnée personnelle n’a été divulguée ».

Concrètement, les données concernées incluent des adresses postales, des coordonnées GPS, des identifiants de campagnes politique, des suivis de visites de porte à porte et d’autres statistiques de terrain. Le parti de Gabriel Attal déclare que les « éléments décrits correspondent à des informations publiques, soit disponibles via l’Insee, soit affichées sur notre plate-forme militante, consultables publiquement. Ils semblent avoir été collectés par extraction automatisée de ces pages ».

Période agitée pour les sites de partis politiques Sans lien apparent, le site du parti Les Républicains a de son côté subi un défaçage, c’est-à-dire une modification de sa page d’accueil pour afficher des revendications, le 16 octobre. D’après nos constatations, l’attaque visait principalement à appeler à la manifestation du lendemain et à adresser des insultes aux membres du parti. Ses auteurs affirmaient avoir récupéré des données internes, ce que des membres du parti politique ont nié auprès du Monde.

Société Fuites de données : devant Bercy, des féministes demandent des comptes à l’État Société Mercredi 21 octobre 2026 à 17h29 21/10/2026 17h29 12 Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous SebGF Premium Il y a 14 minutes Message 1 Signaler Bloquer cet utilisateur Est-ce que le RN va débrancher son site quelques minutes pour faire croire que lui aussi subit des attaques de son sponsor ?

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