Par peur de voir les réseaux sociaux bloqués durant les manifestations, de nombreux utilisateurs de smartphones se sont jetés sur Bitchat, une application qui permet de s'envoyer des messages sans avoir de réseau mobile ou de wifi.Mise sur le devant de la scène par le soulèvement iranien de janvier 2026, l'application Bitchat connaît un pic de popularité en France. Lancée à l'été 2025 par Jack Dorsey, créateur de Twitter, elle permet de communiquer librement entre smartphones grâce à un réseau parallèle et décentralisé.Avec les récents événements en France, Bitchat est devenue en quelques jours l'application de réseau social n°1 dans le pays et atteignant le top 10 des applications les plus téléchargées de l'App store. Elle compte déjà plus d'un million de téléchargements sur Android.Une messagerie qui fonctionne grâce au BluetoothLes différentes interventions politiques demandant de bloquer les réseaux sociaux ont sans aucun doute contribué à la mettre sous les projecteurs.

Contrairement à Messenger, Telegram, Whatsapp ou même iMessage, Bitchat ne nécessite aucune connexion au réseau mobile 4G/5G. L'application s'appuie sur une connexion pair à pair via le Bluetooth, dans une limite de 300 mètres. Un réseau maillé bien suffisant pour communiquer au sein d'une manifestation.Les échanges sont chiffrés de bout en bout.

Un mode "Panic" permet d'effacer toutes les données rapidement.Au moment de son lancement, Bitchat a été conçu pour être utilisable lors de gros événements, où le réseau mobile et le wifi ne sont pas ou peu fonctionnels. Mais avec les nombreux mouvements de contestation de ces derniers mois, l'utilisation de Bitchat a changé.L'application Bitchat © BFM TechBitchat a déjà montré son intérêt dans des pays comme l'Iran où l'application a permis aux manifestants de communiquer malgré la censure du réseau et la destruction des infrastructures réseaux, mais aussi en Inde l'été dernier.Une interdiction des réseaux sociaux difficile à appliEn France, bien qu'aucune coupure ne soit envisagée pour le moment, les appels sur les réseaux sociaux à télécharger Bitchat se multiplient. Le gouvernement a simplement réclamé aux plateformes une modération accrue, encadrée par des critères stricts du Conseil d'État qui ne sont pas remplis à l'heure actuelle.Lors des questions au gouvernement du 21 octobre, Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, a souligné le rôle des réseaux sociaux dans les violences du 17 octobre: "Les réseaux sociaux deviennent une véritable problématique, et il y a une autre piste dont beaucoup de maires m'ont parlé, c'est cette possibilité (...) de suspendre l'utilisation des réseaux.

Le Conseil d'État en 2025 avait considéré qu'en principe, rien ne l'interdisait au titre des circonstances exceptionnelles, avec des conditions très strictes, et c'est quelque chose qui évidemment ne m'a pas échappé."Au niveau européen, le règlement sur les services numériques (DSA) offre un levier d'action via son article 36: en cas d'atteinte grave à la sécurité publique, la Commission européenne peut activer un mécanisme de réaction aux crises et contraindre une plateforme (parmi les plus importantes sous le coup du DSA) à restreindre ou bloquer certaines fonctionnalités, sans recourir à une procédure judiciaire.Sujets liés :Réseaux sociauxActualitésTechTop ArticlesJusqu'à 600.000 personnes touchées: pour la seconde fois en moins d'un an, la Fédération française de tir victime d'une cyberattaqueL'Anssi assure que la cyberattaque des frigos de supermarchés est liée à des "défauts de sécurisation élémentaire" comme "des mots de passe faibles"Pas une attaque mais un problème technique d'ampleur: touchés par une panne nationale, l'opérateur Orange et sa filiale Sosh ont rétabli leurs servicesUne avancée majeure vers des ordinateurs biohybrides: des mini-cerveaux de laboratoire sont parvenus à "lire" le braille avec une précision de 83%Orange et trois géants européens des télécoms s'allient pour défier Starlink et permettre aux smartphones de capter partout, même sans antenne