La une de l’hebdomadaire britannique “The New World” du 22 octobre 2026. The New World La neige tombe sur les coupoles de la cathédrale Saint-Basile, située au cœur de la place Rouge à Moscou. Au premier plan, Donald Trump, vêtu d’un épais manteau noir, porte une chapka à l’étoile soviétique et un pin’s du drapeau russe au revers gauche du col.
L’“agent orange”, titre le magazine britannique The New World, jouant sur le teint du président américain, souvent associé à l’autobronzant, et sur ses liens étroits supposés avec la Russie. Sous ce portrait satirique, l’hebdomadaire s’interroge : “De quel côté est vraiment Trump ?” À lire aussi : Vu de Russie. L’accord sur le gazole, un “coup de cavalier” de Poutine qui fragilise l’Ukraine Ajouter aux favoris La une du journal fait écho aux récentes décisions de Washington envers Moscou.
Après l’accord sur l’importation de diesel russe, Trump a suspendu par décret, le 16 octobre, “au nom de l’intérêt national”, l’application d’un nouveau bloc de sanctions visant la Russie et certains de ses partenaires commerciaux, adopté par le Congrès américain un mois plus tôt. Jeudi 22 octobre, un premier pétrolier chargé de 40 000 tonnes de diesel doit quitter la Russie pour les États-Unis. Par ailleurs, d’éventuelles livraisons à d’autres pays d’ici la fin de l’année dépendront, selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, cité par l’agence d’État Tass, des “capacités des raffineries russes”, régulièrement frappées par l’Ukraine.
Dans l’un des articles du dossier de The New World intitulé “Trump, Poutine et les ‘pacifistes’ qui rendent la guerre plus probable”, le philosophe slovène Slavoj Zizek prend la parole pour dénoncer ces concessions. Il cite Volodymyr Zelensky, pour qui le l’accord russo-américain constitue “un investissement dans une guerre qui doit être arrêtée, et non prolongée”. Trump a répliqué que son homologue ukrainien aurait déjà pu conclure la paix, allant jusqu’à lui suggérer de céder sa place. “En résumé, les États-Unis prennent de plus en plus ouvertement position dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine”, estime l’auteur.
Jusqu’où Trump ira-t-il ? Le philosophe fustige un dangereux “pacifisme abstrait”, la conviction selon laquelle il suffirait de comprendre “et de convaincre nos ennemis” pour éviter la guerre. Or, insiste-t-il, “Les ennemis n’attaquent pas seulement quand ils se sentent menacés, mais souvent aussi quand ils détectent une faiblesse”.
À lire aussi : Géopolitique. Ukraine : Poutine et Zelensky prêts à reprendre des négociations tripartites avec les États-Unis Ajouter aux favoris L’accord sur le diesel russe est aussi censé soulager les automobilistes, les chauffeurs routiers et les agriculteurs, à l’approche du scrutin de mi-mandat du 3 novembre. Le journaliste américain Nicky Woolf décrit, dans un autre article du dossier, un président plombé par les prix du carburant, sa guerre contre l’Iran et des sondages défavorables aux républicains. “L’accord douteux conclu avec Poutine” ne devrait pas lui permettre de sauver la mise : “sa première livraison représenterait moins d’une journée de consommation américaine”, souligne le journaliste. “Trump va perdre”, prévient Woolf.
Plus que la défaite possible, c’est la réaction du chef de la Maison-Blanche qui l’alarme : “Que fera ce fou une fois acculé ?” Le locataire de la Maison-Blanche n’a pas exclu de recourir à des pouvoirs d’exception autour du vote. En affichant ce regard froid et impassible en couverture de son édition, The New World se demande “si la démocratie américaine a encore un avenir”. Une du jour Tensions Russie-Europe Guerre en Ukraine Europe Russie Donald Trump Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Article réservé aux abonnésPolémique.
La visite de Javier Milei en Espagne vire au pugilat verbal Écouter l’article Ajouter aux favoris Infographie. Vaut-il mieux boire du thé ou du café ? Écouter l’article Ajouter aux favoris Vidéo.
Petit miracle dans un zoo australien : un casoar à casque pond deux œufs vert fluo Écouter l’article Ajouter aux favoris Science. Pour améliorer son endurance en course à pied, il faut compter sur son cerveau Écouter l’article Ajouter aux favoris Source de l’article The New World (Londres) Fondé au lendemain du référendum sur la sortie de l’Union européenne sous le nom de The New European, The New World entendait à l’origine porter la voix des 48 % d’électeurs opposés au Brexit. Censée ne durer que quelques semaines à l’été 2016, l’aventure s’est poursuivie pendant 437 numéros avant un changement de nom décidé au printemps 2025, neuf ans après la victoire du Leave.
L’idée : “Atteindre des nouveaux lecteurs qui se sentent aujourd’hui comme nous nous sentions au moment du Brexit. Car l’idéologie à l’œuvre, à l’époque, s’est répandue partout dans le monde.” Le journal, à l’équilibre financièrement, semble avoir trouvé son public et revendique désormais 35 000 lecteurs par semaine. Édité par le groupe Archant, par ailleurs propriétaire de plusieurs journaux dans l’est de l’Angleterre, The New World traite toujours de l’actualité liée au Brexit mais explore aussi des thématiques variées touchant à l’Europe, à l’actualité internationale, à la culture, au sport et à la défense.
Il compte parmi ses contributeurs réguliers Alastair Campbell et Andrew Adonis, deux proches de l’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Guerre des ressources, souveraineté et nouvelles rivalités économiques redessinent les rapports de force mondiaux. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : l’autre visage de l’hiver autrichien.
Ici, le bois est roi, les fermes anciennes côtoient les constructions contemporaines, et les auberges et refuges sont la vitrine d’un terroir d’exception. Je découvre l’article → The Wall Street Journal Recevez un an d’abonnement numérique offert. Je reçois mon abonnement → Festival Kinotayo Une invitation pour 2 personnes pour participer à une séance à la Maison de la Culture du Japon lors de la 20e édition du festival « Kinotayo » du cinéma japonais contemporain en France.
Je reçois mon invitation →