Smartphones pillés chez SFR, Free, Orange et Bouygues : comment les fabricants les bloquent à distance Après les pillages de plusieurs magasins en France le 17 octobre, les enseignes doivent inventorier les appareils dérobés et tenter d’empêcher leur revente. Smartphones et tablettes peuvent être désactivés à distance, rendus inutilisables sur les réseaux mobiles et parfois géolocalisés. Les pillages survenus le 17 octobre ont touché plusieurs enseignes, des Apple Store aux boutiques d’opérateurs en passant par la Fnac-Darty.
Altice annonce qu’une quinzaine de boutiques SFR ont été touchées, tandis que la CFE-CGC Orange affirme qu’au moins une vingtaine de boutiques de l’opérateur historique ont été vandalisées dans toute la France. Bouygues Telecom pour sa part annonce que 19 boutiques ont été touchées, dont 4 devant être reconstruites, quand Free pour sa part n’a pas communiqué. Le bilan financier reste difficile à établir, alors que les enseignes doivent encore recenser les produits volés.
Parmi les marchandises ciblées figurent des smartphones et des tablettes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, dérober un appareil neuf ne garantit pas de pouvoir l’utiliser ou le revendre facilement. Les fabricants et les opérateurs disposent de plusieurs moyens pour identifier les appareils concernés et en limiter l’utilisation.
Différentes solutions Après un vol, les enseignes doivent établir la liste des appareils dérobés, en relevant notamment leurs numéros de série et leurs numéros IMEI (International Mobile Equipment Identity). Cet identifiant unique permet notamment de reconnaître un terminal sur un réseau mobile. Les informations sont ensuite transmises aux fabricants afin qu’ils puissent appliquer les dispositifs de blocage prévus pour les appareils concernés.
Lorsqu’un terminal se connecte à Internet, il peut ainsi recevoir des instructions de désactivation ou de verrouillage, selon les systèmes de sécurité mis en place. En parallèle, les opérateurs peuvent inscrire les IMEI sur une liste noire afin d’empêcher les appareils concernés de se connecter aux réseaux mobiles. Cette mesure ne bloque toutefois pas nécessairement toutes leurs fonctions : un terminal blacklisté peut encore fonctionner en WiFi, selon son état et les restrictions appliquées par le fabricant.
Des iPhone présentés comme issus des pillages ont déjà circulé sur les réseaux sociaux, avec des messages signalant leur désactivation et leur possible localisation. Ces protections ne sont pas propres à Apple : des mécanismes comparables existent également chez Samsung, Google, Xiaomi ou Honor, selon les modèles et les dispositifs activés. Chez Apple, le blocage des appareils dérobés dans les magasins repose sur un système éprouvé.
Les appareils d’exposition disposent d’une version modifiée de leur système d’exploitation qui empêche notamment de modifier certains paramètres de sécurité ou d’ajouter un compte iCloud personnel. Connectés au WiFi du magasin, ils peuvent être désactivés s’ils sont volés ou sortis de leur environnement autorisé. Cette protection concerne les appareils de démonstration et ceux qui n’ont pas encore été vendus.
Elle ne signifie donc pas que tous les iPhone neufs volés bénéficient automatiquement du même dispositif : les mesures applicables dépendent de leur configuration et de leur état. Samsung dispose également d’un outil dédié, Knox Mobile Enrollment, qui permet aux enseignes de gérer à distance les appareils de démonstration compatibles et de les verrouiller. L’objectif est d’empêcher leur utilisation normale après un vol, même si les protections disponibles varient selon les appareils et leur configuration.
La justice peut demander la géolocalisation des appareils Toutes les enseignes ne disposent pas nécessairement des mêmes équipements de sécurité. Pour celles qui ne peuvent pas bloquer directement les terminaux, le travail d’inventaire est essentiel : une fois les numéros de série et les IMEI recensés, les entreprises peuvent déposer plainte et transmettre les informations nécessaires aux enquêteurs. Dans le cadre d’une enquête, la justice peut demander la géolocalisation d’un appareil par réquisition judiciaire, selon les possibilités techniques disponibles.
Bouygues Telecom a confirmé cette possibilité à La Tribune. La localisation n’est toutefois pas garantie pour chaque appareil volé : elle dépend notamment de sa capacité à communiquer et des données accessibles aux enquêteurs. Pour les autres produits dérobés, comme les téléviseurs, les casques, les enceintes ou l’électroménager, la situation est plus compliquée.
Leur numéro de série peut aider à les identifier et à établir leur provenance, mais ils ne disposent pas nécessairement d’un mécanisme permettant de les verrouiller à distance. Enfin, les personnes qui rachètent ces produits doivent elles aussi se montrer prudentes. Un appareil proposé à un prix particulièrement attractif peut provenir d’un vol, même s’il est vendu comme neuf.
L’achat d’un bien en sachant qu’il provient d’une infraction peut constituer un recel de vol, un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Avant d’acheter un smartphone ou une tablette d’occasion, mieux vaut donc vérifier autant que possible son origine et conserver les justificatifs de vente. Source : BFM Tech Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 21/10/2026 à 10h54 par Lucas Musset