Volodymyr Zelenskiy avec Steve Witkoff, l’envoyé de Donald Trump (à l’extrême gauche), le premier ministre norvégien Jonas Gahr Store (à droite) et le président finlandais Alexander Stubb (à gauche) à Oslo le 20 octobre Heiko Junge / via REUTERS CNN voit les négociations autour de la guerre en Ukraine atteindre une impasse, le résultat de “deux performances théâtrales qui se jouent l’une à côté de l’autre devant un seul spectateur”, en l’occurrence Donald Trump. “Sur une scène, les alliés européens et Kiev se démènent pour transformer les demandes et les menaces américaines en un semblant de plan qui pourrait satisfaire le président Donald Trump”, explique la chaîne. “Sur l’autre, le Kremlin propose son propre spectacle : l’envoyé Kirill Dmitriev offre des opportunités commerciales censées plaire à un président américain mercantile et l’attirer un peu plus dans l’orbite de Moscou”. À lire aussi : Opinion. Accord sur le gazole : la “vénalité de Trump” est le plus bel atout de Poutine Ajouter aux favoris Illustration de cette métaphore, mardi à Oslo où Volodymyr Zelensky a rencontré Steve Witkoff, l’un des envoyés du président américain, le président finlandais Alexander Stubb et le premier ministre norvégien Jonas Gahr Store. “Malgré la crise politique qui monte, tout le monde s’affichait avec un sourire à Oslo mardi, Zelensky faisant l’effort d’avoir l’air enjoué”, observe le Washington Post.

Lors de la conférence de presse qui a suivi l’échange, le président ukrainien “a évité toute critique directe des États-Unis”, constate le New York Times. Il s’était plaint de ne pas avoir encore reçu des missiles américains, pourtant payés par les Européens, et avait surtout critiqué la lenteur de Starshield, version militaire du réseau de télécommunications de Starlink. Une lenteur qui a entravé la collecte de renseignements sur les attaques russes. “Nous sommes heureux que le renseignement marche désormais”, s’est félicité Zelensky dans la capitale norvégienne.

Le Wall Street Journal révèle d’ailleurs que ce ralentissement de Starlink “qui a pris de court l’Ukraine, déclenché la panique à Kiev et semé la confusion au sein de l’administration Trump” serait en fait une décision d’Elon Musk. Les sources du quotidien assurent que le patron de SpaceX a agi “de façon unilatérale et que Trump n’a pas spécifiquement ordonné de punir l’Ukraine”. À lire aussi : Guerre en Ukraine.

Selon Kiev, l’accès à Starlink pour ses opérations militaires a été restreint Ajouter aux favoris La popularité de Zelensky en hausse Witkoff, l’envoyé de Trump, doit maintenant se rendre à Saint-Pétersbourg pour discuter avec Vladimir Poutine d’une éventuelle réunion tripartite, rassemblant les deux belligérants et les États-Unis. “Les tentatives précédentes sont tombées à plat, avec le Kremlin insistant récemment qu’une rencontre ne pourrait avoir lieu seulement à Moscou”, rappelle Politico Europe. À lire aussi : Vu de Moscou. “Pas une percée, mais…” : au Kremlin, les envoyés de Trump tentent de relancer le dialogue Ajouter aux favoris Le contexte reste de toute façon tendu entre Trump et Zelensky. “Les relations entre les deux dirigeants traversent leur pire moment depuis février 2025, quand Zelensky a rendu visite à Trump à la Maison Blanche quelques semaines après le début de son deuxième mandat”, estime El País. Depuis le Bureau ovale, face aux journalistes, “le président américain a continué à mettre la pression sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il accepte de mettre fin au conflit”, signale le Times. “Nous avons beaucoup donné à l’Ukraine.

Nous n’avons absolument rien obtenu en retour à part la peine, la mort et d’énormes pertes financières”, s’est lamenté Trump. “Ce qu’il se passe, c’est que la Russie voudrait en finir. La Russie est une grosse machine. Ils continuent d’avancer.

Ils ont conquis une grande partie du territoire et vous pouvez dire que l’Ukraine s’en sort bien ou pas, mais ce territoire s’agrandit semaine après semaine”, a-t-il expliqué, “reprenant des éléments de langage du Kremlin”, remarque le Washington Post. “En réalité, la ligne de front n’a pas beaucoup bougé”, corrige le journal de la capitale. Mais pour Trump, “il faut que Zelensky veuille régler ce conflit et s’il ne le veut pas, je pense que ce sera une très mauvaise chose”. À lire aussi : Géopolitique.

L’Ukraine défie Donald Trump en bombardant lourdement la Russie Ajouter aux favoris Le désaccord entre les deux leaders bénéficie en tout cas à la cote de popularité de Zelensky en Ukraine, souligne The Independent. D’après, un sondage publié mardi par l’institut international de sociologie de Kiev, cette cote a augmenté de 14 points, passant de 43 % le 9 octobre à 57 % le 16. Loïc Pialat Guerre en Ukraine Europe Réveil Ukraine Donald Trump Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Pendant que vous dormiez.

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