Direct-to-cell : la guerre des fréquences bat son plein dans les communications par satellite Les ondes de la discorde Sébastien Gavois Le 20 octobre à 14h48 Pour communiquer directement avec les terminaux, les satellites ont besoin d’avoir des fréquences compatibles avec les puces des smartphones. SpaceX veut imposer Starlink et sort le chéquier à coups de milliards de dollars pour des fréquences. En Europe, la résistance s’organise avec un groupement de quatre opérateurs, dont Orange.
Une erreur ? La téléphonie mobile a le même fonctionnement depuis des décennies : des antennes relais sont installées partout sur le territoire pour former un maillage et ainsi proposer une large couverture de la population (très proche de 100 %). Il reste évidemment des zones blanches, mais c’est une autre histoire.
Depuis quelques années une nouvelle technologie s’installe : le direct-to-device ou direct-to-cell. Cette fois-ci les antennes sont dans l’espace, à quelques centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. Nous avons déjà longuement expliqué comment c’était possible pour un smartphone de dialoguer avec un satellite.
Que ce soit via des satellites ou des antennes relais posées au sol, le nerf de la guerre est le même : les fréquences. En France comme ailleurs, leur usage est réglementé et soumis à des autorisations spécifiques (vendues à prix d’or, aux enchères en France) pour certaines fréquences. Internet Direct-to-Cell : mais comment diable un smartphone peut communiquer avec un satellite Internet Vendredi 07 février 2025 à 08h45 07/02/2025 08h45 23 Quatre opérateurs européens s’associent En Europe, quatre opérateurs – Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone – annoncent la signature d’une « lettre d’intention afin d’étudier une éventuelle candidature conjointe en vue de la future attribution, en Europe, de fréquences destinées aux Services Mobiles par Satellite (MSS) ».
Des discussions étaient engagées depuis plusieurs semaines déjà. Dans un communiqué commun, les opérateurs affirment que cette « initiative soutient l’ambition de la Commission européenne de renforcer la souveraineté, la sécurité et la résilience de l’Europe dans le domaine des infrastructures de connectivité critiques ». Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone jouent la carte de l’ouverture : cette initiative « permettra également à tous les opérateurs de réseaux mobiles d’accéder, de manière ouverte et non discriminatoire, aux moyens nécessaires pour proposer des services Direct-to-Device (D2D) à leurs clients ».
La veille de cette annonce, l’ambassadeur américain auprès de l’UE (Andrew Puzder) prévenait que les entreprises européennes « pourraient faire face à des représailles “dévastatrices” si Bruxelles poursuit ses plans pour restreindre des rivaux américains tels que SpaceX d’Elon Musk sur certaines parties du marché européen », comme l’explique le Financial Times. Orange et Deutsche Telekom s’associent déjà avec des Américains Soutenez un journalisme indépendant, libre de ton, sans pub et sans reproche. Accédez en illimité aux articles Profitez d'un média expert et unique Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous La suite de cet article est réservée à nos abonnés Soutenez un journalisme indépendant, expert et sans pub.
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