Globant et Huawei en plus, SAP en moins… et pour le reste, on prend les mêmes. Ainsi a évolué, d’une année sur l’autre, la composition du Magic Quadrant des plates-formes de développement low-code. La hiérarchie d’ensemble n’a pas significativement changé.
Les « leaders » de 2025, notamment, le sont toujours en 2026. Il s’agit d’Appian, Mendix, Microsoft, OutSystems, Salesforce et ServiceNow. Les variations sont plus nettes si on s’intéresse aux deux axes qui structurent le Magic Quadrant.
L’un, dit « exécution », traduit la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », reflète les stratégies (innovation, marketing, modèle économique…). Lire aussi : Assistants IA d'entreprise : ce qui rend l'offre hétéroclite La situation sur l’axe « exécution » : Rang Fournisseur Évolution annuelle 1 OutSystems = 2 Microsoft = 3 Pegasystems + 6 4 Siemens (Mendix) = 5 Salesforce – 2 6 Retool + 6 7 Appian – 1 8 ServiceNow – 3 9 Oracle – 2 10 Creatio + 1 11 Globant nouvel entrant 12 Zoho – 4 13 Huawei nouvel entrant Sur l’axe « vision » : Rang Fournisseur Évolution annuelle 1 Microsoft + 2 2 Salesforce + 5 3 OutSystems – 1 4 ServiceNow + 2 5 Siemens (Mendix) – 4 6 Appian + 2 7 Oracle + 2 8 Pegasystems – 4 9 Creatio + 1 10 Zoho + 1 11 Retool + 1 12 Globant nouvel entrant 13 Huawei nouvel entrant Sous le prisme IA, les positions évoluent L’évolution des positions relatives est particulièrement marquée en « vision ».
La conséquence, entre autres, de l’accent que Gartner a mis sur les fonctionnalités IA. Jusqu’à l’intitulé de sa synthèse : officiellement, l’analyse ne porte plus simplement sur les plates-formes de développement low-code, mais sur celles « augmentées par IA »… Sans dire dans quelle mesure, le cabinet assure que les fournisseurs ont été « mieux évalués » lorsqu’ils proposaient, par exemple : Outputs révisables, testables et respectant les permissions Capacités agentiques natives avec orchestration et gouvernance Extension de contrôles (coût, sécurité, cycle de vie) à l’usage d’IA Dans ce contexte, Salesforce est celui qui progresse le plus en « vision » (5 places de gagnées).
Gartner apprécie en particulier son runtime Headless Experience Layer, qui adapte les widgets à la surface de rendu (voir notre article à propos de l’offre dans laquelle il s’inscrit, et qui vise à favoriser l’accès au CRM en mode headless). Pegasystems connaît une trajectoire inverse (4 places de perdues). Entre autres choses, Gartner lui reproche une certaine fermeture sur les modèles et les runtimes.
Appian, salué pour le niveau d'unification fonctionnelle... L'an dernier, Gartner avait salué la présence commerciale d'Appian (réseau d'intégrateurs, ventes directes sur ses principales plaques géographiques). Il avait aussi relevé l'exhaustivité des programmes de formation et la robustess des capacités en self-service (outils et documentation).
Tout en saluant les possibilités de gestion de la plate-forme (qualité des dashboards, de la remédiation par IA et de l'infra Kubernetes-native). Cette année, l'un des bons points va aux options de SLA (jusqu'à 99,99 %). Un autre va à la flexibilité de déploiement.
Gartner souligne plus globalement le niveau d'unification fonctionnelle entre développement d'applications, automatisation des processus et data fabric. Il note aussi la performance opérationnelle d'Appian, désormais profitable. ... mais pas pour le modèle tarifaire Beaucoup de fonctionnalités ne sont accessibles qu'à des niveaux de prix avancés, avait fait remarquer Gartner en 2025. Appian est plus lent que d'autres pour déployer l'orchestration IA, avait-il ajouté.
Non sans constater un retard sur l'automatisation de la mise en conformité. Lire aussi : Stockage d'entreprise : les disques durs en phase de regain Cette année, le cabinet américain pointe le marketing : Appian a tendance à se focaliser sur l'automatisation des processus, au détriment des capacités de développement d'applications et de gestion des agents. Vigilance également sur les déploiements autogérés, où les mises à jour sont moins fréquentes (tous les trimestres) et où des fonctionnalités IA manquent ou sont restreintes.
On prendra par ailleurs garde au modèle tarifaire basé sur une unité de consommation maison (les « actions IA »). Siemens a bien intégré Mendix et RapidMiner... L'an dernier, Gartner avait salué Mendix pour sa compréhension du marché, doublée d'alliances avec AWS, Microsoft et Snowflake.
Il avait aussi apprécié l'outillage pour les développeurs - en particulier, son extensibilité. Ainsi que le focus sur l'intégration d'agents et de modules GenIA, avec un modèle sur abonnement permettant des avancées incrémentales sans migrations lourdes. À l'instar d'Appian, Mendix se distingue cette année par ses SLA.
Et, plus globalement, par son historique de disponibilité, assorti d'une variété d'options de déploiement. Autre avantage : l'intégration avec RapidMiner - autre produit de sa maison mère Siemens - pour l'intégration de données et d'applications et la conception de flux métier. ... mais pas supprimé le besoin de produits tiers Mendix manque d'expertise dans certaines régions géographiques et sur certaines verticales, avait jugé Gartner en 2025. Il y avait ajouté un licensing complexe, les exigences de formation pour les partenaires et le manque de stabilité des fonctionnalités IA.
Récemment, Siemens a fait converger Mendix et RapidMiner au sein de l'offre Intelligence Center X. Gartner estime qu'il est encore difficile d'évaluer la trajectoire qu'elle prendra. Il note aussi la nécessité de passer par des produits tiers pour le test des automatisations et la gestion avancée de la sécurité.
Ainsi que l'évolution de la tarification. Encours pour s'adapter à l'IA, elle rend potentiellement les coûts difficiles à prévoir. Microsoft se distingue par la synergie entre ses produits...
En 2025, Gartner avait salué l'intégration de la Power Platform avec le reste de l'écosystème logiciel de Microsoft. Il avait aussi souligné la flexibilité de déploiement de ses différentes composantes. Ainsi que la qualité de la communauté de Power Apps, de sa roadmap et des ressources de formation.
Cette année, Microsoft est crédité d'un bon point pour les contrôles de gouvernance intégrés dans le centre d'administration. Il se distingue aussi au niveau fonctionnel, ainsi que par les synergies qu'il a montées entre ses produits, malgré des licences séparées. Bon point également sur le catalogue d'intégrations, qui a évolué en tenant compte du contexte nécessaire aux agents IA.
Lire aussi : Infrastructures IA : Gartner met OVHcloud et Scaleway sur sa carte mondiale ... toutefois pas adaptés à l'automatisation longue durée En 2025, Microsoft avait eu droit, comme beaucoup d'autres, à une remarque négative sur l'aspect marketing. En l'occurrence : la communication autour d'Azure, de Microsoft 365 et de Dynamics 365 tend à faire de l'ombre à celle autour de Power Apps. Autres limites : un manque de solutions sectorielles et des difficultés de gestion des politiques data comme du licensing.
Cette année, Gartner regrette l'absence de licence Power Platform unique. Il note aussi qu'Azure est la seule option pour l'inférence. Autre point soulevé : un manque de granularité de la gouvernance.
Exemple donné : dans Copilot Studio, pas possible de limiter à quels harnais un utilisateur, un groupe ou un environnement peut accéder. Power Apps et Copilot Studio ne sont, plus généralement, pas adapté aux automatisations de longue durée, selon Gartner. OutSystems, bien positionné sur la sécurité des agents IA...
L'an dernier, OutSystems s'était distingué par le niveau d'investissement financier dans sa solution. Ainsi que par la qualité de son support régional sur les principales plaques géographiques. Autre bon point : une vision alignée sur les besoins du marché (architectures distribuées, IA agentique, observabilité).
Cette année, Gartner apprécie le regroupement du développement visuel, low-code et pro-code autour d'un modèle unique d'application. Il apprécie aussi la réactivité d'OutSystems (illustrée par la gestion de standards comme MCP), sa roadmap IA et ses contrôle de sécurité pour les agents (gestion des identités, protection contre l'injection de prompts, contrôle de la génération et de l'usage d'outils). ... moins sur la gestion financière En fonction des partenaires, la qualité du support est variable, avait expliqué Gartner en 2025. Le cabinet américain avait aussi estimé que la stratégie sectorielle était moins développée que chez d'autres fournisseurs.
Il avait également pointé une communication pas toujours très claire quant à la valeur de la solution OutSystems Developer Cloud dans les environnements complexes. Cette année, mauvais point pour l'outillage de gestion financière, plus limité qu'à la concurrence. Même remarque concernant les programmes de formation et de mesure de la valeur.
Ainsi qu'au sujet du plan de croissance et de la démarche commerciale : OutSystems donne peu de visibilité sur ses perspectives. L'AppExchange et Trailhead, deux points forts de Salesforce... Dans le domaine du low-code, Salesforce a un vaste portefeuille d'offres et une base solide de revenus récurrents, avait affirmé Gartner l'an dernier.
Il avait aussi évoqué sa présence globale (hébergement, support), l'exhaustivité de ses ressources de formation / communautaires et un écosystème cohérent permettant d'adopter l'IA sans dépendances. Cette année encore, bon point pour les ressources de formation, en l'objet de Trailhead. Gartner y ajoute l'écosystème accessible via l'AppExchange.
Il mentionne également le réseau de partenaires. Et, sur le volet innovation, la couche Headless Experience sus-évoquée. ... qui doit toutefois apprendre à s'adresser aux équipes techniques En 2025, Gartner avait pointé le manque de composantes sectorielles hors dans l'engagement client. Il avait plus globalement parlé d'une offre complexe, avec des dépendances envers des produits comme MuleSoft ou Tableau, susceptibles de poser des défis d'intégration.
Autre remarque : une communication peu claire quant aux capacités autonomes, compliquant la mise en concurrence avec des pure players. Cette année, Gartner rappelle que Salesforce a fait plus d'acquisition sur ce segment que ses concurrents. Au risque, affirme-t-il, de perturber la cohérence des produits et des licences.
L'éditeur doit par ailleurs adapter son approche commerciale aux équipes techniques, lui qui s'est historiquement adressé aux métiers. Quant à l'effort d'implémentation, il peut rester important malgré des investissements dans l'outillage agentique (dont l'acquisition de Mesh). Une expérience client solide chez ServiceNow...
Réseau de partenaires, communauté de développeurs et programmes de formation sont des points forts de ServiceNow, avait expliqué Gartner l'an dernier. Il y avait ajouté la qualité du monitoring et de la gouvernance de sa plate-forme. Cette année, le cabinet américain met l'accent sur l'expérience client.
Plus précisément sur le support 24/7 à tous les niveaux de souscription, les ressources de formation et les releases mensuelles d'outillage développeurs. Sur le plan fonctionnel, ServiceNow se distingue sur l'orchestration et la gouvernance des agents. Son activité, solide au global (croissance des revenus + profitabilité), l'est aussi sur le low-code, en tout cas sur des indicateurs comme le taux de rétention et la valeur contractualisée pour la brique Otto (ex-Now Assist). ... mais une structure commerciale qui peut porter à confusion L'offre low-code de ServiceNow reste largement perçue comme orientée vers les équipes IT, avait jugé Gartner en 2025.
Il avait aussi signalé la difficulté à prévoir les coûts, vu les multiples niveaux de modules et d'add-on. Et alerté quant aux efforts de validation que supposait l'intégration de fonctionnalités GenAI alors en pleine évolution. Cette année, Gartner s'arrête sur une structure commerciale qui, selon lui, peut créer de la confusion : malgré la consolidation de son offre sous la bannière ServiceNow AI Platform, des fonctions low-code restent vendues sous la marque App Engine avec des quotas d'assistance prédéfinis.
Autre limite : une dépendance aux intégrateurs pour livrer certaines solutions sectorielles. ServiceNow a par ailleurs tendance à apporter une réponse « incrémentale » à l'évolution du marché plutôt qu'une vision différenciée. Illustration générée par IA