Next, un pacte : trois ans plus tard, toujours INtact ? "Avec toi ?" Alexandre Laurent Le 19 octobre à 17h45 En octobre 2023, Next INpact devenait Next après une longue traversée du désert. L’équipe avait alors formulé un certain nombre d’envies, de promesses et d’engagements.
Trois ans plus tard, il est temps pour un petit point d’étape. Une erreur ? J’en connais quelques-uns qui n’en menaient pas large, il y a trois ans et quelques jours, au moment de monter sur scène.
Le 16 octobre dernier marquait en effet le troisième anniversaire de la soirée organisée pour présenter les grandes lignes du projet visant à sauver un journal mourant, et à le relancer avec l’ambition tout à fait assumée d’en faire l’un des meilleurs médias tech de la scène francophone. Sans refaire tout le match, il faut tout de même rappeler d’où l’on vient. À l’été 2023, Next INpact est exsangue, même si sa communauté a toujours répondu présent lors des appels à soutien financier lancés pendant deux ans.
Arrive alors Ferdinand, dit Ferd, patron de moji, tel un lapin sorti du chapeau. Il se propose de racheter le site et de lui donner les moyens nécessaires à sa renaissance, en garantissant qu’il n’interférera pas avec la ligne éditoriale. La transaction est bouclée le 26 septembre 2023.
À peine trois semaines plus tard, rendez-vous était donc donné à Nanterre pour célébrer un nouveau départ. À l’époque, on parlait d’ « un pacte » passé avec les lectrices et lecteurs. Au-delà du jeu de mot, le terme n’était pas anodin : un pacte, c’est une forme de contrat. Cet anniversaire mérite bien qu’on revienne sur les engagements formulés lors de cette soirée.
Trois ans plus tard, toujours sans pub et sans bons plans Avant la bascule, Next INpact tentait de reposer sur un modèle hybride qui combinait publicité, essentiellement via l’affiliation, abonnements et dons. La première décision, et sans doute la plus radicale, a consisté à totalement couper les leviers publicitaires et les appels de soutien, en partant du principe que seule la qualité du média et sa capacité à se traduire en abonnements permettraient de le sauver. Le pari était doublement risqué, puisqu’il revenait à sabrer une ligne de revenus tout en alourdissant les dépenses, le tout sur la base d’un compte d’exploitation tirant vers le rouge écarlate.
Il s’est accompagné d’une simplification de la grille tarifaire, avec un prix unique à 8 euros par mois ou 80 euros par an. Ce prix n’a finalement pas bougé depuis, alors que le pacte initial prévoyait une hausse à 10 euros par mois. Tandis que l’offre tarif solidaire à 25 euros par an s’étend à un public plus large, des moins de 25 ans aux petits revenus.
Comme signalé au printemps 2025, nous avons en revanche mis un terme à la politique de « libération » automatique des articles réservés aux abonnés afin de défendre la valeur de nos archives. Elles constituent, elles aussi, une bonne raison de s’abonner, et nous souhaitions accessoirement éviter que ces articles, parfois à très forte valeur ajoutée, aillent enrichir de grands modèles de langage. Une rédaction indépendante et renforcée L’autre grand engagement concernait la promesse éditoriale de Next, désormais considérée comme le principal moteur du média : c’est depuis fin 2023 la qualité des articles, le choix des sujets, la profondeur des analyses ou le caractère exclusif des enquêtes qui doivent vous convaincre de vous abonner, et non les appels à l’aide jouant sur la corde sensible.
Dès la reprise, l’effectif a été pérennisé avec la confirmation en CDI de deux postes précédemment rémunérés sous forme de piges. Trois ans plus tard, la rédaction évolue toujours en totale indépendance, et elle compte aujourd’hui huit journalistes à temps plein (Flock étant du nombre, au titre de dessinateur de presse) suite à l’arrivée de Mickaël au printemps. Et même si Mathilde a pris la décision de voguer bientôt vers de nouveaux horizons, cet effectif a vocation à être maintenu et même encore renforcé.
Cette dynamique se ressent de façon concrète dans le volume de publications de notre flux quotidien, qui s’est largement étoffé depuis 2023 et qui constitue aujourd’hui une offre unique dans le paysage médiatique francophone (voire mondial, soyons fous). Après tout, vous en connaissez beaucoup, des médias capables de proposer, sur une seule et même semaine, une enquête sur un serial spammer de sites générés par IA, un entretien au long cours sur la technicisation de la gestion de l’immigration, un comparatif d’offres d’hébergements premier prix, des révélations sur l’incurie d’un fabricant de jouets connectés, un point de situation sur le financement de la recherche, un retour sur 30 ans d’évolutions de KDE, un tour d’horizon des nouveaux possibles au croisement entre IA et jeu vidéo et un strip mordant qui révèle, enfin, d’où viennent les attaques qui font s’arracher les cheveux aux experts de l’ANSSI ? Ces quelques exemples récents sont le reflet d’une ligne éditoriale toujours fidèle à ses fondamentaux, à savoir une approche à la fois experte et critique du numérique, de la tech et de l’intelligence artificielle, ainsi que de leurs impacts sur la société et l’environnement.
À l’heure où les débats se clivent entre fascination béate et rejet de principe, il nous semble primordial de continuer à analyser la tech, son cadre et ses enjeux avec rigueur. Ça n’interdit pas de défendre des valeurs humanistes et d’assumer des prises de position, mais ces dernières doivent reposer sur la lecture des faits… dans les articles comme dans les commentaires ! À ce niveau, on peut d’ailleurs se réjouir de la qualité des échanges au sein de la communauté : le ton monte parfois, mais les discussions restent le plus souvent de bonne facture et les interventions de modération se sont faites rares.
L’inflexion positive de la courbe d’abonnés nous renforce dans l’idée qu’il est pertinent d’investir et de tout faire pour sortir des difficultés par le haut, plutôt qu’en recourant à des expédients de type actus générées par IA au kilomètre ou multiplication des leviers de monétisation. Il reste encore du chemin, dans la mesure où les recettes liées aux abonnements ne couvrent pas encore les salaires de la rédaction, mais le curseur se déplace, petit à petit, dans la bonne direction. De nombreux chantiers accomplis et à venir Pour favoriser le mouvement, de nombreux chantiers plus discrets ont été menés ces derniers mois.
Outre l’introduction du stockage comme avantage offert à nos abonnés, le code du site a fait l’objet d’un travail en profondeur visant à stabiliser et fiabiliser notre environnement de production. Nous avons introduit la possibilité d’offrir des « codes cadeaux » et repensé une partie du parcours d’abonnement, notamment pour les entreprises. Nous disposons également depuis peu d’une formule « Institutions », qui permet par exemple à une grande université de l’Ouest d’offrir un accès complet aux articles de Next à tous les étudiants, enseignants et personnels connectés via le réseau de son campus.
Next participe par ailleurs depuis plus d’un an au renouveau de La Presse Libre, qui permet d’accéder à huit médias indépendants (bientôt rejoints par d’autres) dans le cadre d’un abonnement unique. La plateforme vient d’ailleurs d’inaugurer la nouvelle version de son site web, qu’on vous encourage chaudement à découvrir. À cette occasion, elle propose d’ailleurs une promotion exceptionnelle, avec un abonnement à 12 euros par mois sans limitation de durée.
Et si vous souhaitez garder votre abonnement Next en propre, vous pouvez via ce même lien vous offrir l’accès à La Presse Libre pour 4 euros supplémentaires par mois (mince, j’ai menti, c’est un bon plan !). Savoir faire et faire savoir La route est encore longue. Entre autres dossiers, nous devons par exemple améliorer la capacité de nos articles à être vus.
Même si nous avons la chance de pouvoir compter sur un lectorat fidèle qui nous rend visite indépendamment des algorithmes de recommandation, le sujet de la visibilité reste crucial pour Next. Il l’est pour l’ensemble de la presse en ligne, mais pas pour les mêmes raisons : là où la chute d’audience se traduit pour beaucoup de nos confrères par une perte de revenus publicitaires, l’enjeu, pour nous, est de permettre à nos articles de trouver leurs lectrices et lecteurs, et à ceux qui ne nous connaissent pas encore de nous découvrir. Cette problématique ne se limite pas au référencement Google ou à la présence sur les réseaux sociaux.
Elle concerne aussi notre site et sa capacité à permettre de naviguer plus efficacement dans nos archives. Ces dernières regorgent de pépites qui se retrouvent rapidement chassées du flux d’actualités principales, et nous devons donc trouver d’autres façons, thématisées par exemple, de les exposer. Mais en définitive, le principal défi consiste à rester fidèles aux engagements de ce fameux pacte, puisqu’un pacte se tient à deux.
Nous continuerons donc à poursuivre cet objectif primordial de qualité et à vous en rendre compte, au quotidien dans les commentaires, au détour de quelque date anniversaire, ou autour de sujets plus spécifiques, dès cette semaine par exemple avec la publication de notre charte sur l’utilisation de l’IA générative. Et vous qui nous lisez, vous en restez juges. Merci de votre soutien !
Next vaincra 😉 Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous IfYouPlease Premium Il y a 27 minutes Message 1 Signaler Bloquer cet utilisateur Longue vie à Next !
Arcy Premium Il y a 17 minutes Message 2 Signaler Bloquer cet utilisateur Et même si Mathilde a pris la décision de voguer bientôt vers de nouveaux horizons, [...]. SebGF Premium Modifié il y a 12 minutes Voir les réponses Message 3 Historique Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Flock étant du nombre, au titre de dessinateur de presseIl me semble qu'il dessine autre chose que des presses. Trois ans plus tard, toujours sans pub et sans bons plans À cette occasion, elle propose d’ailleurs une promotion exceptionnelle, avec un abonnement à 12 euros par mois sans limitation de durée.Ahem.Suis taquin Blague à part, je dois dire être satisfait de tous ces changements.
Les errances vécues auparavant ne m'inspiraient pas confiance pour soutenir plus que ça. Cette stratégie plus claire m'a rassuré depuis.Edit : Nous avons introduit la possibilité d’offrir des « codes cadeaux » et repensé une partie du parcours d’abonnement, notamment pour les entreprises.Comment ça se passe pour ça ? Faut attendre l'échéance ?
J'ai rien vu dans mon profil pour basculer sur l'offre entreprise. Arcy Premium Modifié il y a 16 minutes Voir les réponses En réponse à Message 3.1 Historique Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Il me semble qu'il dessine autre chose que des presses.Des caméras de surveillance notamment, et il les signe. SebGF Premium Il y a 12 minutes En réponse à Message 3.1.1 Signaler Bloquer cet utilisateur Des caméras de surveillance notamment, et il les signe.Avec des zizis dessinés dessus ! bohwaz Premium Il y a 15 minutes Voir les réponses Message 4 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Je suis très content de lire que la pente va dans le bon sens.
Mais c'est peut-être mon côté comptable mais je serais curieux d'avoir un retour plus chiffré où en est Next. Pas besoin d'un bilan précis mais juste charges, produits et donc résultat… Ce qui permettra de savoir ce que Moji doit encore financer et ce que les lecteurs ont encore à combler :) Il y a aussi la question de où en est la position de Moji vis-à-vis de Next : est-ce que le soutien est toujours là, est-ce qu'il y une obligation d'être à l'équilibre au bout d'un certain temps, si oui combien de temps, etc.Mais dans tous les cas, encore un grand merci d'être toutes et tous là, d'exister, de produire ces articles et de continuer à fournir le meilleur des médias de France (oui oui), longue vie à Next !
Alexandre Laurent Équipe À l'instant En réponse à Message 4.1 Signaler Bloquer cet utilisateur Les charges consistent essentiellement en nos huit salaires, puisque moji couvre gracieusement nos frais de structure et les dépenses annexes, dont le développement du site (et c'est loin d'être neutre). Le soutien est toujours bien présent, c'est ce qui nous permet de réaffirmer trois ans après les principaux termes du "pacte". L'objectif est bien sûr d'atteindre l'équilibre, le plus vite sera le mieux.
Sala2 Premium Il y a 14 minutes Message 5 Signaler Bloquer cet utilisateur Tout à fait d'accord sur le fait que vous avez écrit beaucoup d'articles très biens étoffés/recherchés qui sont très vite chassés du fils d'actualité. Je trouve que la page d'accueil de Médiapart arrive bien à mettre en avant à la fois l'actualité chaude, et en même temps à garder plus longtemps les articles de fonds, et leur rubriques sont très pratiques aussi je trouve. miles67div Premium Il y a 7 minutes Message 6 Signaler Bloquer cet utilisateur Merci pour ces nouvelles, et pourvu que ça continue dans ce sens.Donc bientôt vous serez à nouveau une bande de mâles ?Faudrait essayer d’éviter ça. Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?
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