Après l’avoir dénoncé, le monde du cinéma se mobilise pour soutenir Canal+ sur la TVA et le financement des films Quelques mois après une tribune dénonçant l’influence de Vincent Bolloré sur le cinéma français, plus de 170 réalisateurs appellent le gouvernement à préserver la fiscalité avantageuse de Canal+. Ils redoutent qu’une hausse de la TVA ne remette en cause les engagements financiers du groupe en faveur de la création Le monde du cinéma français affiche des positions contrastées face à Canal+ et à son actionnaire majoritaire, Vincent Bolloré. Le 14 octobre, plus de 170 réalisateurs, parmi lesquels Jacques Audiard, Justine Triet et Michel Hazanavicius, ont publié une tribune dans Le Monde pour demander au gouvernement de maintenir le taux réduit de TVA appliqué à la chaîne cryptée.
Cette prise de position intervient quelques mois après l’appel à « Zapper Bolloré », lancé en mai par quelque 600 professionnels du cinéma dans Libération. Ils dénonçaient alors l’influence du milliardaire, identifié comme proche de l’extrême droite, sur le septième art. Plusieurs personnalités ont signé les deux textes, illustrant les divisions du secteur sur la place de Canal+ dans le financement du cinéma français. Au cœur du débat figure le projet de loi de finances pour 2027.
Le gouvernement propose de relever de dix points la TVA sur les abonnements aux télévisions payantes, une mesure qui toucherait particulièrement Canal+. Le groupe estime que cette hausse lui coûterait 200 millions d’euros. Son président, Maxime Saada, a prévenu qu’une augmentation de la taxe entraînerait la remise en cause de l’accord interprofessionnel de financement du cinéma, signé le 28 juillet.
Celui-ci prévoit 980 millions d’euros d’investissements sur cinq ans. Le dirigeant a également évoqué une réduction pouvant atteindre 50 à 75 % du nombre de films financés. Les réalisateurs signataires de la tribune partagent ces inquiétudes.
Selon eux, la hausse de TVA rendrait caduc l’accord conclu avec la filière et pourrait entraîner une baisse de 750 millions d’euros des financements destinés à la création cinématographique entre 2028 et 2032. Ils estiment que près de 400 films pourraient ainsi ne pas voir le jour sur cette période. Ils appellent donc les députés à soutenir les amendements visant à maintenir une TVA à 10 %, en contrepartie d’engagements en faveur de la création.
Au-delà du cas de Canal+, les cinéastes alertent sur la situation financière des autres acteurs qui contribuent au financement du cinéma français. Ils pointent notamment la baisse de 47 millions d’euros du budget de France Télévisions prévue pour 2027, ainsi qu’un amendement du rapporteur général du budget, Philippe Juvin, visant à prélever des ressources du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Pour les signataires, ces différentes mesures risquent d’affaiblir un modèle qui soutient la diversité de la production française et les emplois du secteur.
Ils demandent au gouvernement de préserver les moyens du CNC et de l’audiovisuel public, tout en maintenant une fiscalité favorable aux industries culturelles. Cette mobilisation révèle ainsi les tensions qui traversent le cinéma français : certains professionnels dénoncent l’influence de Vincent Bolloré, tandis que d’autres insistent sur le rôle économique majeur de Canal+ dans le financement des films. La question fiscale pourrait désormais peser directement sur les relations entre le groupe et la filière cinématographique.
Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 16/10/2026 à 16h43 par Lucas Musset