Ubiquiti a annoncé une grosse mise à jour d’UniFi Network, son app dédiée à la gestion du réseau local ainsi que de tout le matériel associé de la marque : routeurs, switches, bornes Wi-Fi, etc. La version 11, actuellement distribuée en « Release Candidate », la dernière étape avant la finale, apporte plusieurs nouveautés majeures. Partage de connexion en Wi-Fi et meilleures capacités Coïncidence de calendrier, Orange a présenté une fonction similaire cette semaine. L’idée est plutôt maligne, même si la forme diffère chez Ubiquiti : si votre accès principal à internet est coupé pour une raison ou une autre, UniFi Network pouvait déjà basculer sur une connexion secondaire, mais elle devait jusque-là être intégrée directement au routeur ou reliée à lui en Ethernet.
Avec la fonctionnalité « WiFi WAN Backup », n’importe quel appareil Wi-Fi peut être désigné comme un WAN, c’est-à-dire la source pour accéder à internet. Typiquement, vous activez le partage de connexion de votre iPhone et c’est lui qui fournira alors cet accès. Reconnexion Flash : des Livebox peuvent se rabattre sur la connexion de votre smartphone en cas de panne Dès lors, tous les appareils reliés à UniFi utiliseront la connexion 4G ou 5G du smartphone pour se connecter à internet, tant que le WAN primaire n’est pas de retour.
Il suffit qu’un appareil accède au Wi-Fi pour que cela fonctionne et on peut même garder son téléphone dans la poche, au lieu d’avoir à le laisser à un emplacement dédié. La bascule dans l’autre sens se fera automatiquement, mais il faudra faire attention à la quantité de données consommées par ce biais. Contrairement à Orange qui peut offrir 200 Go de data en cas de panne, ça ne sera pas forcément le cas dans cette configuration et c’est un point à surveiller.
Un iPhone utilisé comme source temporaire de la connexion à internet pour tout le réseau. Capture vidéo Ubiquiti, image MacGeneration. Il y a malheureusement une restriction matérielle importante pour que le WAN de secours en Wi-Fi fonctionne : il faut un routeur avec Wi-Fi intégré et il en faut un de dernière génération.
Ubiquiti indique ainsi dans les notes de version que seuls ces quatre produits dans sa gamme sont compatibles : Dream Router 7 (330 €) ; Dream Router 5G Max (592,8 €) ; UniFi Express 7 (236 €) ; Cloud Gateway Industrial (687,8 €). Sous le capot, Ubiquiti annonce aussi des optimisations qui ont permis d’augmenter les capacités du matériel actuel, avec des gains de l’ordre de 30 %. Par exemple, l’UCG Fiber qui se trouve dans ma baie et qui gère tout mon réseau UniFi était vendue pour prendre en charge au maximum 50 périphériques UniFi (borne Wi-Fi, switch…) et 500 clients (tous les appareils reliés au réseau, en filaire ou Wi-Fi).
Avec Network 11, ces valeurs montent respectivement à 65 et 650, ce qui est encore plus généreux pour le réseau local d’un particulier. La hausse est similaire pour l’UDM Pro, qui passe à 130 périphériques UniFi et 1 300 appareils, et tous les autres modèles. En contrepartie, Network 11 abandonne certains matériels plus anciens, dont les USG.
Avec Network 11, Ubiquiti améliore des produits existants sans surcoût, c’est suffisamment rare pour le souligner. Capture vidéo Ubiquiti, image MacGeneration. Pour finir, les gains de performances débloquent aussi quelques fonctionnalités.
On pourra voir en temps réel l’activité de tous les clients reliés à UniFi Network, avec des options pour les filtrer et se concentrer ainsi sur une partie du réseau seulement. Par ailleurs, la topologie (carte du réseau, qui affiche tous les clients et périphériques UniFi en fonction de leurs liens) gagne une fonction « Time Machine », pour remonter dans le temps et voir quand des appareils se connectent et se déconnectent. À ce sujet, Network 11 peut (enfin !) vous alerter à chaque fois qu’un appareil jamais vu auparavant se connecte au réseau, une fonction de sécurité qui peut être utile dans certains environnements.
Network se penche sur les réseaux de la domotique Network 11 est aussi une mise à jour intéressante pour les utilisateurs de domotique. Cette version analyse le réseau utilisé par le standard Matter et l’affiche directement dans l’interface, y compris dans la topologie et son historique évoqués plus haut. Le lien entre les deux s’éclaire quand on sait que les objets connectés qui dépendent de Matter communiquent forcément via le réseau local.
C’est évidemment vrai pour ceux qui sont reliés en Wi-Fi, mais même ceux qui dépendent du protocole radio Thread communiquent entre eux en IPv6. L’écran dédié à Matter dans UniFi Network 11. On pourra y saisir un code d’appairage pour ajouter des appareils à la configuration.
Capture vidéo Ubiquiti, image MacGeneration. Network 11 devrait identifier automatiquement la présence d’accessoires Matter sur le réseau et on verra alors un nouvel écran dédié avec quelques informations, dont le canal utilisé par le protocole radio Thread (une donnée essentielle si on veut éviter les conflits). Pour accéder aux caractéristiques des accessoires Thread, il faudra toutefois les ajouter à la main, un par un, en saisissant un code numérique généré par la plateforme de son choix.
Ubiquiti exploite en effet l’une des possibilités de Matter, le multi-admin : un appareil peut être relié à plusieurs écosystèmes en parallèle et avec la mise à jour, Network en devient un à son tour. Guide : comment partager un accessoire Matter déjà configuré sur une plateforme de domotique Pas question de contrôler les appareils Matter depuis Network, mais cette connexion directe permet à Ubiquiti de récupérer des informations. On saura ainsi quelle est la puissance du signal radio ou même l’état de la batterie, pour les accessoires qui remontent la donnée.
Surtout, on retrouvera tous les accessoires Thread sur la topologie, associés à leur routeur de bordure, comme une Apple TV ou un HomePod. Précisons qu’il faut avoir activé mDNS et l’IPv6 pour bénéficier de ces fonctionnalités, mais ce sont aussi des prérequis pour Matter de toute manière. Des accessoires Thread associés à leur routeur de bordure sur la topologie UniFi Network.
Capture vidéo Ubiquiti, image MacGeneration. Au-delà de l’aspect visualisation, cette intégration offre une vue plus unifiée de votre environnement réseau. Chaque appareil Thread disposant de sa propre IP, Network 11 affichera une liste plus complète des adresses actuellement utilisées sur l’ensemble des clients, qu’ils soient reliés en Ethernet, Wi-Fi ou avec le protocole radio de la domotique.
On pourra aussi définir des alertes pour les objets connectés, par exemple pour savoir quand un périphérique Thread apparaît ou disparaît du réseau. L’entreprise promet également de meilleures options en cas de problème, avec davantage d’indications concrètes sur ce qui pourrait coincer côté réseau. Autres nouveautés et déploiement La liste de nouveautés est encore longue.
Si certaines fonctionnalités répondent aux besoins des plus gros déploiements à travers plusieurs sites, il y en a aussi qui concernent le grand public. En particulier, Network 11 va permettre de définir ses propres images pour les clients, au lieu de simplement reposer sur celles de la base de données fournie par le constructeur. On pourra passer par l’app iOS ou Android pour prendre une photo de l’appareil et créer une icône à partir du cliché, ou alors charger une image depuis un navigateur web.
Création d’une icône à partir d’une photo, ici pour une imprimante 3D. Captures vidéo Ubiquiti, image MacGeneration. Network 11 n’est pas encore distribuée largement.
C’est une Release Candidate d’une part, et surtout, cette version nécessite une mise à jour préalable du matériel. Dans mon cas, je dois d’abord mettre à jour mon UCG Fiber vers la version 6, qui est en « Early Access », une bêta encore moins avancée que les RC. Étant donné l’importance de cet équipement au cœur de mon réseau, je vais m’abstenir et attendre la sortie des versions finales.
C’est d’autant plus raisonnable que l’installation peut nécessiter une vingtaine de minutes, bien plus que la moyenne. Ubiquiti a manifestement fait de nombreux changements en interne, avec une migration de la base de données qui justifie sans doute une bonne partie de cette durée allongée. Bref, attention à ne pas l’installer trop vite et mieux vaut patienter, le temps que les plus gros bugs soient identifiés et corrigés.
Comme toujours et d’autant plus pour une mise à jour aussi majeure, n’oubliez pas aussi d’effectuer une sauvegarde de vos données avant installation. En cas de problème, vous pourrez ainsi plus aisément revenir en arrière, sans perdre toute votre configuration ou l’historique. Pour aller plus loin : À la découverte de l’écosystème UniFi, l’équipement réseau des pros accessible au grand public