Filtrage des sites dangereux, choix du pays de connexion, widget sur l’écran d’accueil : Free enrichit son VPN mobile intégré aux forfaits. Une évolution bienvenue, qui ne change pas la nature du service. Il aura fallu attendre un an pour que Free reparle de mVPN.

Lancé à l’automne 2025, ce VPN intégré directement au cœur du réseau mobile de l’opérateur, sans application à installer ni surcoût, n’avait plus fait l’objet de la moindre communication depuis. C’est désormais chose faite : ce jeudi 15 octobre, Free annonce par le biais d’un communiqué de presse une mise à jour qui apporte trois nouveautés – accessibles dès aujourd’hui sur iOS et Android aux abonnés Forfait Free 5G+, Free Max et Série Free. Filtres, serveurs, widget La plus visible concerne le filtrage puisque jusqu’ici, mVPN se contentait de chiffrer la connexion et de bloquer certains liens frauduleux.

L’abonné peut maintenant choisir entre trois niveaux de protection : le mode Standard chiffre la connexion sans rien filtrer, le mode Essentiel bloque en plus les sites malveillants ou frauduleux, et le mode Renforcé écarte également les contenus réservés aux adultes. Pour y parvenir, Free s’appuie sur ses propres serveurs DNS qui traduisent l’adresse d’un site en adresse technique, et sur plusieurs bases de données qui recensent les domaines jugés dangereux. Dans les faits, lorsqu’un utilisateur cliquera sur un lien piégé reçu par SMS, la page ne s’ouvrira pas.

Le procédé a le mérite de la simplicité, même s’il ne protège que contre les menaces déjà identifiées, ce que l’opérateur admet lui-même en rappelant qu’aucun dispositif n’offre une protection absolue. Free met surtout en avant le niveau Renforcé pour la ligne d’un adolescent ou un partage de connexion familial. Le contrôle parental éventuellement activé reste en place, et seul le titulaire du compte peut décider d’activer mVPN sur une ligne secondaire.

Les utilisateurs d’iPhone devront en revanche choisir : ce filtrage ne fonctionne pas avec le Relais privé iCloud ni avec l’option Masquer l’adresse IP de Safari. Free répond aussi à l’une des critiques les plus fréquentes adressées à son service : jusqu’à présent, la connexion sortait automatiquement par des serveurs situés en Italie ou aux Pays-Bas, sans que l’abonné puisse choisir. Il peut désormais choisir lui-même son pays de connexion parmi huit destinations : l’Italie et les Pays-Bas, auxquels s’ajoutent le Royaume-Uni, la Suisse, le Canada, les États-Unis, le Brésil et le Japon.

Le progrès est réel mais il faut le relativiser : Free ne promet pas de débloquer les catalogues étrangers des plateformes de streaming, et huit pays restent bien peu face aux 149 de ProtonVPN ou aux 129 de NordVPN. Dernière nouveauté, plus discrète : un widget à placer sur l’écran d’accueil du smartphone permet désormais d’activer ou de couper le VPN sans passer par l’application Free. Ceux qui ont désactivé les mises à jour automatiques devront mettre à jour l’application manuellement pour en profiter.

Les mêmes limites qu’au lancement Ces ajouts ne bouleversent pas le principe du service qui conserve ses contraintes d’origine. mVPN s’active toujours par sessions de douze heures et ne fonctionne qu’en France métropolitaine, sur le réseau mobile de Free uniquement (donc pas via le WiFi). Les MMS sont indisponibles tant qu’il est actif et le trafic est décompté de l’enveloppe data du forfait, partage de connexion compris. Aucune application n’existe par ailleurs pour les ordinateurs : pour activer un VPN sur un PC, il faut passer par le partage de connexion du smartphone.

Surtout, Free ne s’engage toujours pas sur une politique de non-conservation des données vérifiée par un audit indépendant comme le font tous les spécialistes du secteur. Pour un opérateur français soumis aux obligations légales de conservation des données de connexion, ce n’est guère surprenant : c’est pourtant ce que recherchent en priorité ceux qui utilisent un VPN pour protéger leur vie privée.