Des pompiers interviennent après une frappe russe contre un immeuble à Kiev, le 14 octobre 2026. PHOTO VALENTYN OGIRENKO/REUTERS La dernière série de frappes russes, menée sans alerte préalable de ses partenaires occidentaux, fait “craindre à l’Ukraine que l’administration Trump ait mis à exécution ses menaces de suspendre le partage de renseignements”, note The New York Times. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky “s’est inquiété” mardi 13 octobre du fait que son pays n’ait pas été informé de l’imminence d’une attaque russe contre une centrale électrique de la capitale ukrainienne, rapporte The Kyiv Post. “Nos systèmes n’ont détecté ces missiles que lorsqu’ils étaient déjà pratiquement à l’approche de Kiev”, a expliqué dans la soirée le chef d’État ukrainien, qualifiant la centrale visée d’“installation énergétique clé”.
Au moins deux personnes ont été tuées dans cette attaque qui a aussi touché un bâtiment résidentiel du district de Desniansky, a précisé le maire de la capitale ukrainienne, Vitali Klitschko. C’est la deuxième fois depuis le début de la semaine que Zelensky déplore l’absence d’alertes de la part de ses alliés occidentaux. Dans la nuit de lundi à mardi, les habitants de Kiev avaient entendu des explosions dues à des frappes russes et seulement ensuite le déclenchement de l’alerte antiaérienne, un phénomène rare.
À lire aussi : Économie. Chaque heure d’alerte aérienne coûte 45 millions de dollars à l’Ukraine Ajouter aux favoris “Les renseignements sur les lancements de missiles balistiques russes contribuent à sauver des vies”, avait réagi mardi le président ukrainien sur le réseau social X. “Il s’agit de l’un des enjeux les plus cruciaux.” “L’Ukraine ne dispose pas des vastes capacités américaines de renseignement satellitaire et dépend des informations fournies par ses partenaires occidentaux pour surveiller les préparatifs militaires russes annonciateurs d’une attaque”, explique le New York Times. “Celles-ci portent notamment sur l’activité des bases aériennes, les mouvements de navires et le déploiement de lanceurs de missiles balistiques.” Deux frappes sans alerte, un fait « inhabituel » Interrogée mardi par la presse au sujet de la première attaque russe nocturne, “la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche Katie Zacharia avait éludé une question sur une éventuelle suspension du partage de renseignements américains avec l’Ukraine”, rappelle Politico Europe. “Je vais devoir revenir vers vous à ce sujet”, a-t-elle répondu aux journalistes. Plus tard dans la journée, Trump avait démenti toute interruption du partage d’informations avec l’Ukraine, rapporte le site.
Concernant la frappe de lundi, “certains experts militaires ont estimé que l’absence d’alerte pouvait simplement s’expliquer par le fait que le tir n’avait pas été détecté, comme cela s’était déjà produit par le passé, et non par une rétention de renseignements de la part des États-Unis”, souligne le New York Times. Il “serait toutefois inhabituel que les alliés occidentaux de Kiev ne détectent pas deux attaques de missiles consécutives”, observe le quotidien américain. Le 11 octobre, plusieurs sources avaient affirmé au Kyiv Independent que l’administration Trump avait menacé de hauts responsables militaires et gouvernementaux ukrainiens d’un retrait du soutien américain si Kiev ne cessait pas ses frappes contre les raffineries de pétrole russes. “Ils ont appelé tous les hauts responsables militaires pour les menacer”, a déclaré un responsable ukrainien au quotidien. “Ils disent à tout le monde qu’ils vont suspendre à la fois le partage de renseignements et le programme PURL [un dispositif de l’OTAN permettant aux pays européens de financer l’achat d’armes américaines pour l’Ukraine] ”.
À lire aussi : Ukraine. Trump crée la surprise en annonçant un “cessez-le-feu énergétique” entre Kiev et Moscou Ajouter aux favoris “La possibilité d’une suspension est loin d’être un scénario hypothétique”, analyse Sasha Vakulina, journaliste à Euronews. Le site de la chaîne d’information rappelle qu’en mars 2025, “l’administration Trump avait temporairement suspendu le partage de renseignements et l’aide militaire à l’Ukraine, dans un contexte de confrontation diplomatique avec Kiev.
Ces deux mesures avaient ensuite été rétablies à la suite de discussions entre responsables américains et ukrainiens en Arabie saoudite”. “Cet épisode avait montré à quelle vitesse Washington pouvait utiliser sa coopération en matière de sécurité comme un levier politique, ainsi que la dépendance persistante de l’Ukraine à l’égard des capacités américaines”, souligne Sasha Vakulina. Noémie Taylor-Rosner Europe Réveil Russie Ukraine Amériques Sur le même sujet Article réservé aux abonnésVu d’Ukraine. L’accord Trump-Poutine sur le diesel revient à “financer le terrorisme” Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésOpinion.
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