Open source et souveraineté étaient les maîtres mots de la grand-messe européenne de l'IA. La filiale cloud d'iliad en profite pour dévoiler de nouvelles capacités de compute et nouveaux modèles. L’IA doit être open source et souveraine.
C’est le message martelé ce mardi 13 octobre à l’occasion d’AI Pulse, la conférence annuelle de Scaleway consacrée à l’intelligence artificielle. Réunis dans l’ancienne halle ferroviaire de Station F, les founders de start-up de classe mondiale se sont relayés pour démontrer les capacités actuelles et futures des modèles génératifs et des world models. L’occasion pour Scaleway de rendre publiques plusieurs annonces sur l’infrastructure dédiée à l’IA.
GPU, puces européennes et nouveaux modèles Scaleway veut s’imposer comme le fournisseur des capacités cloud pour l’IA en Europe. Pour y parvenir, le cloud provider annonce l’ouverture de trois “GPU Zones” dédiées à l’entraînement et à l’inférence des modèles à l’échelle pour l’ensemble de l’Europe. La zone de Paris et la nouvelle zone de Copenhague, qui accueillera des milliers de Nvidia HGX B300, reposent sur Nvidia.
Stockholm complète le trio avec un supercalculateur annoncé en partenariat avec AMD (696 GPU AMD MI355X). Il s’agit du premier supercalculateur de Scaleway hors de France. Côté cloud souverain, Scaleway mise également sur la provenance du matériel.
L'entreprise a précisé le calendrier de son partenariat avec la start-up française VSORA, noué en juin. Les premières puces Jotunn 8, dédiées à l'inférence, seront installées au premier semestre 2027, et des premiers clients ont déjà signé. Elles compléteront l'offre de Scaleway pour les entreprises qui souhaitent une souveraineté sur toute la chaîne.
La firme de Xavier Niel annonce également supporter trois nouveaux modèles pour son catalogue d’inférence à la demande (API), dont deux modèles frontières chinois, GLM 5.3 de Z.ai et DeepSeek V4.1 Flash, ainsi que LightOn OCR 3 du français LightOn. Mistral Large 4 sera aussi proposé aux clients de l’offre dans les prochaines semaines. L’offre complète les plus de 40 modèles déjà disponibles.
Sur un volet plus lointain, Scaleway annonce plusieurs partenariats stratégiques. Le premier avec Presage, la start-up de Tony Tung, ancien de Meta, qui développe des world models dédiés à l’infrastructure cloud. Objectif : apprendre “la physique du cloud” pour simuler un changement avant de le déployer et prédire les pannes en cascade avant qu’elles ne surviennent.
Plus futuriste encore, Scaleway signe un partenariat avec Alatyr pour étudier la possibilité de datacenters dans l’espace. Un projet, pour l’heure, à l’état exploratoire. “Il reste encore beaucoup de questions et beaucoup de doutes, et c’est exactement pour cela que nous avons ce partenariat avec Alatyr. Ils travaillent sur de très belles technologies : comment refroidir les CPU et les GPU dans l’espace, comment les alimenter en électricité 24 h/24.
C’est leur métier. Le nôtre, c’est de savoir comment on change une alimentation. Aujourd’hui, c’est simple : on envoie quelqu’un en voiture au datacenter.
Est-ce que ça veut dire qu’on aura du personnel dans l’espace ?”, ironise Damien Lucas, le CEO de Scaleway. Pour l’heure, les ambitions de Scaleway sont claires : offrir une alternative crédible aux hyperscalers américains, avec souveraineté. “La souveraineté, je ne sais pas ce que c’est. Ce que nous défendons, c’est l’immunité face aux lois extraterritoriales et une indépendance technologique totale”, explique le CEO.
Les nouvelles offres basées sur AMD et VSORA permettent d’assurer une vraie redondance face au risque, martelé, de kill switch américain. Des start-up de renommée mondiale Plus qu’une tribune pour présenter les nouveautés de Scaleway, l’édition 2026 d’AI Pulse a aussi accueilli sur scène des founders et dirigeants mondiaux de l’IA d’un niveau remarquable, de Mistral à Mozilla en passant par Alibaba ou Bioptimus. Cette dernière est d’ailleurs la start-up qui semble sortir du lot, en proposant déjà des applications au réel.
Sur scène, Zelda Mariet, cofondatrice de Bioptimus, a détaillé l’ambition de la start-up parisienne : entraîner des modèles de fondation non pas sur du texte, mais sur “le langage de la biologie”, c’est-à-dire des biopsies, des séquences de protéines et des données génétiques. A partir d’une biopsie, qui pèse à elle seule “environ 30 gigaoctets”, la start-up dit être déjà capable de prédire la réponse d’un patient à un traitement ou d’évaluer le grade d’une tumeur. Zelda Mariet, cofondatrice de Bioptimus (à gauche), et Léonard Strouk, cofondateur de Living Models. © JDN / BP Côté world models, AI Pulse a aussi fait la part belle à Kyutai, le laboratoire à but non lucratif lancé à Station F en novembre 2023.
KE:SAI, le laboratoire de science ouverte qu'il a cofondé avec l'ELLIS Institute Tübingen, a annoncé, par la voix de son directeur général Andreas Geiger, un partenariat avec Valeo, qui apportera ses flottes de véhicules et ses données. Une infrastructure dédiée à l'entraînement des modèles doit également être publiée très prochainement. Un pas de plus vers la voiture autonome européenne.
Vitrine européenne de l’IA, AI Pulse s’est donc cette année articulée autour de l’open source. Les questions de souveraineté et de kill switch se sont invitées à de nombreuses reprises. Les tensions géopolitiques sont clairement là.
Et Scaleway semble l’avoir compris et capitalise dessus. A la fois en diversifiant sa chaîne d’approvisionnement et en mettant à disposition de ses clients français et européens une infrastructure multiple dédiée à l’ensemble de la stack IA de l’entreprise, pour tous les niveaux de criticité.