Les frappes de drones ukrainiens contre trois centres de données russes ont provoqué une panne chez Yandex, géant local de la tech. Dans le même temps, le trafic automatisé provenant de son réseau s’est effondré, selon des données de Cloudflare. De quoi alimenter les interrogations sur le rôle de ces infrastructures dans l’activité des bots politiques occidentaux.Le géant russe de la tech Yandex est à l'arrêt.

L'entreprise a indiqué dimanche 11 octobre que son infrastructure cloud était en panne après une nouvelle attaque de drones ukrainienne sur un centre de données."À la suite d'une attaque de drones, l'infrastructure du centre de données de Vladimir (à l'est de Moscou, NDLR) a été endommagée. Les opérations du centre de données ont été complètement interrompues", a indiqué l'entreprise sur Telegram. Le reste des ressources de l'infrastructure "sont instables" et la plateforme "est en panne", a précisé Yandex.

L'attaque n'a pas fait de victime et des réparations sont en cours, selon le communiqué."Il n'y a rien qui marche"Yandex, surnommé le "Google russe", est le principal moteur de recherche en russe et opère une infrastructure cloud ainsi que de nombreux services, comme les taxis et les livraisons. Il est aussi dominant dans le monde russophone. Plusieurs services de l'entreprise connaissaient des dysfonctionnements dimanche, notamment celui pour les paiements."Il n'y a rien qui marche", s'énerve Evguéni, 69 ans, derrière le volant d'un taxi estampillé du logo Yandex.go.

"En cinq ans, ça n'était jamais arrivé. Maintenant, je ne sais pas quoi faire", poursuit-il.Andreï, 24 ans, a lui aussi eu des problèmes pour commander un taxi dimanche matin, et constaté des bugs dans l'utilisation de l'application de streaming. Pour autant, il ne prévoit pas de "quitter complètement Yandex, parce qu'en Russie, c'est une plateforme incontournable" malgré les dysfonctionnements actuels.Yandex rompt ses liens avec la Russie – 16/07 23:09Cette panne s’inscrit dans une série de frappes contre des infrastructures numériques russes.

Les centres de données de Sassovo, dans la région de Riazan, puis de Kalouga, au sud-ouest de Moscou, avaient déjà été endommagés jeudi et vendredi. Ces trois centres font partie des dix plus importants du pays. Plusieurs centres de données informatiques et infrastructures liées à des opérateurs internet et de téléphonie mobile ont été visés par l'armée russe en Ukraine lors des trois dernières semaines, provoquant des pannes.Une chute spectaculaire de l’activité des botsLes répercussions pourraient aussi se faire sentir bien au-delà de la Russie.

Cloudflare, une entreprise spécialisée dans la cybersécurité, a constaté une chute de plus de 99% de l’activité des bots provenant de l’infrastructure de Yandex, par rapport à la semaine précédente. Une baisse observée au moment des frappes ukrainiennes contre les centres de données russes.Ainsi, le trafic automatisé provenant du réseau du géant russe ne représentait plus que 0,3% de son pic observé sur la période étudiée, le 11 octobre à 2 heures UTC, contre 88,2% à la même heure une semaine plus tôt.Ce contenu ne peut pas être affichéCe contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation.

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Les réseaux sociaux sont depuis longtemps confrontés aux bots, ces comptes automatisés capables de publier des messages, de relayer des contenus et d’amplifier artificiellement certaines prises de position. Leur utilisation dans des opérations d’influence russes a déjà été documentée par les autorités américaines.En juillet 2024, le ministère américain de la Justice avait ainsi annoncé le démantèlement d’un réseau de plus de 1.000 comptes sur X attribués aux services de renseignement russes. Selon les documents judiciaires, le dispositif, développé à partir de 2022, reposait notamment sur un logiciel capable de générer de fausses identités et des comportements automatisés.

Les messages diffusés aux États-Unis et en Europe étaient alignés sur les intérêts du Kremlin. Au début de l’invasion russe en Ukraine, une étude portant sur 350.000 messages aux États-Unis avait estimé que 20% d’entre eux avaient été publiés par des bots.Bots pro-Trump et pro-AfDAprès les frappes ukrainiennes, des observateurs ont fait état d’une baisse de 56% du soutien à l’AfD en Allemagne sur les réseaux sociaux, sans que ces données soient pour l'instant vérifiées. "S’il est confirmé, cela est révélateur: les centres de données russes sont touchés, et l’activité en ligne autour de l’AfD s’effondre soudainement", note le député européen tchèque Tomas Zdechovsky sur X, graphique à l'appui.

"Tant de discours sur le patriotisme allemand… Jusqu’à ce que la connexion depuis la Russie tombe en panne."Ce contenu ne peut pas être affichéCe contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation.

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Aux États-Unis, des internautes ont remarqué que les publications politiques conservatrices semblaient recevoir moins de réactions. Ces observations ont rapidement suscité des spéculations sur les conséquences des frappes ukrainiennes pour les opérations d’influence russes en ligne, à quelques semaines des élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre."C’est une analyse rapide, et sans doute des données vont arriver, mais il semble certain, d’après les preuves d’aujourd’hui, que beaucoup de travail de bots pro-Trump et pro-AfD dépend directement des centres de données russes", observe sur X l'historien Timothy Snyder, ancien professeur à Yale.Ce contenu ne peut pas être affichéCe contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation.

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Une baisse du trafic automatisé provenant d’une infrastructure ne suffit pas, à elle seule, à démontrer que les comptes concernés participaient à une campagne coordonnée d’influence politique. Il faudrait notamment distinguer les bots ordinaires des comptes impliqués dans des opérations de manipulation, et déterminer dans quelle mesure la panne de Yandex explique les variations observées sur les réseaux sociaux.Sujets liés :CybersécuritéActualitésInternationalTechInternationalTop Articles"Un système de freinage d'urgence" pour reprendre la main et ne plus accepter que l'IA soit "un ensemble de boîtes noires": Satya Nadella et le président de Microsoft appellent à contrôler l'intelligence artificielle"Les cyberattaques constitueront le défi le plus marquant au cours de l'année à venir": Bill Gates s'inquiète du potentiel destructeur de l'IA en matière de cybersécurité, bien plus immédiat qu'une "IA incontrôlable""Nous avons travaillé en étroite collaboration": le Royaume-Uni pourra toujours accéder aux modèles américains les plus avancés avant leur lancement pour mener "des évaluations rigoureuses" sur leur sécuritéUne coalition d'une centaine de médias français réclame une fortune à Meta pour abus de ses avantages concurrentiels sur le marché publicitaire: un cabinet d'experts l'a estimée à 1,4 milliard d'eurosUn site relié aux Caisses d'allocations familiales victime d'une fuite de données, plus d'un million de dossiers compromis