Une attaque qui ne vise ni les caisses ni les fichiers clients mais la marchandise. Dans la nuit du 11 au 12 octobre, plusieurs enseignes de la grande distribution française ont vu leurs installations frigorifiques dérégulées à distance. Intermarché et Coopérative U ont confirmé l’attaque relayée par une information de BFMTV.

Intermarché a d’abord évoqué 150 à 200 magasins, et Coopérative U « moins d’une centaine ». Interrogé ensuite par BFMTV, le groupement des Mousquetaires a revu son bilan à la hausse. 300 magasins Intermarché et Netto seraient touchés, soit le double des premières estimations.

Ces chiffres sont déclaratifs et peuvent encore évoluer. Lire aussi : DGFiP : les six failles que l’ANSSI invite à corriger après le scraping Le groupement E.Leclerc a confirmé la cyberattaque auprès de Franceinfo. Elle « a eu des répercussions sur le fonctionnement des équipements de froid dans plusieurs magasins ».

Un détournement du dégivrage D’autres enseignes sont citées, sans confirmation officielle à ce stade. Selon le site spécialisé « Je bosse en grande distribution », des Carrefour Market et des Monoprix seraient aussi concernés, ce que ces enseignes n’ont pas confirmé non plus. BFMTV évoque en outre des magasins Metro et des commerces indépendants, notamment des boucheries.

L'attaque viserait certaines anciennes versions du logiciel de régulation de l'entreprise danoise Danfoss, antérieures à la version 4, très répandu dans les magasins français, ce qui pourrait expliquer l'ampleur des dégâts. "Dans une note technique publiée en octobre 2025, le constructeur cite notamment 16 supermarchés équipés de contrôleurs AK-SM 800 attaqués en Russie en 2022." indique Cyberattaque.org. "La recommandation de Danfoss était alors claire : abandonner l’ancien AK-SM 800 et migrer vers l’AK-SM 800A, doté de mécanismes de sécurité renforcés.

L’AK-SM 800 avait d’ailleurs été déclaré en fin de vie dès mai 2021." précise le site. Lire aussi : Les Assises 2026 : pour NIS 2, petits mots, grands travaux Les installations frigorifiques disposent normalement d'un dégivrage automatique, programmable, par exemple pour deux heures sur vingt-quatre. Les pirates auraient imposé un dégivrage forcé et continu, avec une consigne à 50 °C.

Les équipements auraient ainsi chauffé pendant des heures au lieu de conserver le froid. Le calendrier de l'attaque expliquerait des bilans très inégaux. Dans certains magasins, elle aurait débuté vers minuit, ce qui a laissé plusieurs heures aux températures pour grimper.

Ailleurs, touchés plus tard, les équipes auraient sauvé une partie du frais. Pertes alimentaires et financières Le parquet de Paris s'est saisi d'une enquête dirigée par la section anticybercriminalité et confiée à l'Office anticybercriminalité, chargé de recenser les victimes et de relier l'attaque aux dégâts signalés (pertes de denrées, départs de feu). Aucun auteur ni mode opératoire précis n'a été désigné dans les sources disponibles.

Sur X, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a assuré que ses équipes travaillaient avec les frigoristes pour rétablir la situation. Je confirme qu’une cyberattaque touche depuis cette nuit les installations de production de froid de plusieurs magasins de notre réseau @CooperativeU. Nos équipes sont pleinement mobilisées, en lien avec les frigoristes, pour rétablir la situation au plus vite.

Une enquête devra permettre de faire toute la lumière sur cette attaque. S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable. — Dominique Schelcher (@schelcher) October 12, 2026 Les sources consultées ne rapportent aucune réaction de Danfoss.