Voici venu LibreOffice 26.8… garanti sans IA générative. The Document Foundation avait annoncé la couleur fin août au lancement de cette nouvelle version. Elle avait fait valoir une « position délibérée », essentiellement dans une logique de préservation de la confidentialité.
Et rappelé, à ce sujet, qu’aucune composante de la suite n’exigeait d’accès réseau. Quelques jours plus tard, la fondation avait apporté des précisions. Elle disait ne pas s’opposer purement à l’intégration d’IA.
Mais expliquait refuser d’en inclure aussi longtemps que ne seraient pas respectées 6 conditions. Dans les grandes lignes : L’utilisateur doit pouvoir choisir où se fait l’inférence Aucun contenu ne doit quitter le poste local sans autorisation Pas de télémétrie, comme c’est le cas pour l’ensemble de LibreOffice Pas de dépendance à un fournisseur unique Le contenu généré doit respecter le format ODF Les éventuelles fonctionnalités IA doivent pouvoir être supprimées et masquées sur l’UI pour qui ne veut pas les utiliser Dans ces conditions, aucune intégration ne peut être activée par défaut en l’état, concluait The Document Foundation. Non sans rappeler que l’utilisateur peut tout à fait installer lui-même des extensions – la plupart utilisant des modèles locaux.
Lire aussi : Collabora et LibreOffice en froid : ce qui se joue après des années de conflit OnlyOffice ne précharge plus d’IA sur ses versions open source Chez OnlyOffice, on pousse au contraire les fonctionnalités IA. En tout cas sur les versions cloud et serveur. Les retours utilisateurs ont convaincu de faire l’inverse sur les versions open source : finie l’IA préchargée, les outils s’installent désormais séparément. iA Writer écarte la rédaction automatisée et met en avant le texte généré par LLM Jusque-là, Information Architects s’est abstenu d’embarquer des fonctionnalités de rédaction automatisée dans son application iA Writer.
Il y a en revanche intégré un mécanisme qui distingue les contenus générés par des LLM en les grisant. Visible uniquement par l’auteur, le mécanisme repose sur une convention Markdown qui en permet la préservation lorsque le texte est copié dans un autre logiciel. Lancé fin 2023 sur Mac, iOS et iPadOS, il est arrivé cette année sur Windows.
Une « externalisation du jugement » : Vivaldi rejette tout assistant IA À l’été 2025, Vivaldi Technologies prenait position : « Keep browsing human ». L’entreprise expliquait ne pas avoir l’intention d’exploiter de LLM pour ajouter, dans son navigateur, un chatbot, un outil de résumé ou un moteur de reconnaissance. Du moins aussi longtemps qu’il n’existerait pas de quoi fournir ces services « de manière rigoureuse ».
« Si une IA se révèle utile sans violer la propriété intellectuelle ni compromettre la vie privée ou le web ouvert, nous nous en servirons, résumait-elle. Pas si elle fait de nous des consommateurs passifs. » Début 2026, le discours n'avait pas changé. Vivaldi Technologies réaffirmait l'absence d'assistant IA dans son navigateur.
« Lorsqu'un assistant artificiel s'interpose entre vous et le web, il filtre ce que vous voyez et décide de ce que vous ne voyez pas. C'est une externalisation du jugement. » Procreator dit non à la GenAI pour raisons éthiques Savage Interactive développe l'application d'art numérique Procreate pour iPad. Il a arrêté sa position sur l'IA générative à l'été 2024.
Bilan : il n'y en aura pas dans ses produits, tant pour des raisons éthiques que pour sauvegarder la créativité humaine (qui se « façonne par l'apprentissage et le geste »). Cela n'empêche pas d'inclure des algorithmes de machine learning pour des fonctionnalités telles que la reconnaissance de formes et la stabilisation du trait. @gibetagauche Heya! Here's how we feel about Generative AI in case you missed it 💜 https://t.co/Z6u7l0I9KT — Procreate (@Procreate) March 17, 2025 Clip Studio Paint dissuadé par sa communauté Savage Interactive affirme aussi ne pas utiliser de GenAI en interne.
Son concurrent Celsys avait projeté d'intégrer un générateur d'images dans son application Clip Studio Paint. C'était en novembre 2022. Il en est très vite revenu.
Le retour de bâton de la communauté l'a effectivement dissuadé. Grosso modo pour les mêmes motifs que Procreate (violation de la propriété intellectuelle d'autres artistes et restriction de la créativité). En quelques mois, Sketch a assoupli sa position En septembre 2024, Sketch, éditeur de l'application du même nom pour Mac, ne se disait pas encore prêt à faire le saut.
« L'IA est peut-être notre avenir, mais elle ne générera pas de designs », avait-il déclaré, l'envisageant plutôt comme une aide pour des tâches comme le renommage de calques, l'organisation de fichiers et l'isolation d'images. Son principal argument était d'ordre éthique : il ne ferait appel à des modèles tiers que sous condition de transparence à la fois sur les données d'entraînement et sur la permission de les utiliser. En 2025, les choses avaient bien changé.
Sketch avait, en particulier, doté son application d'un serveur MCP. Exclusivement local néanmoins, et non activé par défaut. Pas d'IA native chez 37signals, toutefois ouvert aux agents 37signals, que l'on connaît pour ses prises de position fermes sur certains enjeux technologiques, a intégré dans sa politique de confidentialité une section sur l'IA.
Il assure ne pas avoir intégré, dans ses produits, de fonctionnalités qui traitent le contenu des utilisateurs. On retrouve ces affirmations en réponse au HECVAT (Higher Education Community Vendor Assessment Toolkit). Ce questionnaire d'autoévaluation de la sécurité et de la conformité se destine aux fournisseurs de technologies qui vendent des services aux établissements du secondaire et du supérieur.
À la question « Votre solution a-t-elle des fonctionnalités IA ou pensez-vous en implémenter dans les 12 prochains mois ? », 37signals répond non concernant Basecamp, son principal produit. Tout en rappelant qu'il donne la possibilité d'y connecter des agents via son CLI et ses serveurs MCP. Illustration générée par IA