Une cafetière connectée Keurig a généré plus d’un téraoctet de trafic en dix jours sur le réseau familial d’un professionnel de l’IT. L’histoire ressemble surtout à un gros bug, mais c’est le rappel utile qu’un objet connecté peut vite prendre un peu trop de place à la maison. Tout commence par un problème classique : les parents de Nomad, un professionnel de l’informatique travaillant chez Prusa, trouvent que leur Wi-Fi rame.
En allant jeter un œil aux statistiques du réseau UniFi, il tombe sur un suspect inattendu : la cafetière Keurig connectée. Une machine à café très bavarde La capture qu’il publie sur X affiche 9,94 Go en téléchargement, mais surtout 1.008,45 Go en envoi sur dix jours et neuf heures. Dit autrement, la machine aurait généré environ 97 Go de trafic montant par jour.
À ce rythme, elle pouvait occuper une bonne partie de la bande passante et ralentir sérieusement le réseau domestique. Hey uh, @Keurig – what the hell is a COFFEE MACHINE uploading, let me double check… ONE FUCKING TERABYTE OF DATA IN 10 DAYS!?!?
Immediately unplugging that. Getting my parents a new coffee machine. pic.twitter.com/tTHMYC7hND — Nomad (@NomadsGalaxy) October 6, 2026 Nomad précise ensuite que la majorité de ce trafic ne semblait pas quitter le réseau local. Il en conclut donc qu’il s’agit probablement d’un dysfonctionnement, pas forcément d’un envoi massif de données vers Keurig.
Il a brièvement envisagé d’analyser les paquets avec des outils comme Wireshark, avant de choisir une méthode plus simple : débrancher la cafetière, puis la placer dans un VLAN mieux isolé. Après redémarrage, le problème aurait disparu, au moins temporairement. Le modèle concerné est une K-Supreme SMART.
Cette machine sait se connecter au Wi-Fi, lancer une préparation à distance, programmer un café, s’allumer ou s’éteindre via une application, et répondre à Alexa ou Google Home. La fonction BrewID reconnaît certaines dosettes Keurig afin d’appliquer les réglages recommandés. De quoi nourrir quelques soupçons sur un éventuel contrôle des capsules, même si rien ne permet de l’affirmer ici.
Les données normalement envoyées par une cafetière de ce type sont plutôt modestes. Le projet pykeurig, utilisé pour intégrer certaines machines Keurig à Home Assistant, évoque des informations comme l’état d’alimentation, l’état de préparation, le résultat de reconnaissance de la dosette ou la version logicielle. Rien qui devrait peser un téraoctet.
Keurig mentionne aussi Azure RTOS, un système embarqué de Microsoft utilisé dans les objets connectés, dans ses notices open source. Cela donne une idée de la base technique, mais pas de la cause exacte du problème. Le micrologiciel de la machine n’étant pas public, difficile de savoir ce qui s’est réellement passé.
L’affaire tombe à un moment où on se pose beaucoup de questions sur les appareils connectés. Keurig conserve par exemple 14 jours d’historique de préparation sur ses machines SMART, et son programme Keurig Perks peut attribuer des points lors de l’utilisation de dosettes maison. En 2022, on découvrait que l’entreprise partageait certaines données de préparation avec les marques vendant des K-Cups, notamment pour personnaliser le marketing.
Le constructeur n’a pas commenté l’incident. La cafetière fonctionne sans Wi-Fi, mais une bonne partie de ses fonctions intelligentes en dépend.