Infographies / Observatoire Genre et géopolitique 9 octobre 2026 L’homosexualité dans le monde en 2026 : un état des lieux L’homosexualité dans le monde en 2026 : un état des lieux 2 min. de lecture Citer Partager Imprimeren PDF Ajouter aux favoris Victor Pelpel Directeur adjoint de l’IRIS Marc Verzeroli Responsable d’édition à l’IRIS, Rédacteur en chef de La Revue internationale et stratégique En 2026, 29,2 % de la population mondiale vit toujours sous un régime qui criminalise, à des degrés divers, les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Dans le même temps, plus de la moitié de l’humanité vit dans des États qui ne disposent ni de cadre légal relatif à l’union des personnes homosexuelles ni ne criminalisent les relations entre celles-ci. Il y a là le résultat de deux tendances croisées depuis le tournant des années 1990.
D’une part, un nombre croissant de pays adoptent des dispositifs d’union civile et/ou de mariage pour les personnes de même sexe. D’autre part, les États qui criminalisent ces relations ont vu leur nombre diminuer de 114 en 1990 à 65 en 2025. De ce point de vue, les dispositifs coloniaux continuent de laisser leur marque : la plupart des pays qui criminalisent encore les relations sexuelles entre personnes de même sexe le font sur le fondement de dispositions juridiques héritées de la colonisation, qui soit ont été conservées telles quelles, soit ont servi de fondement à l’extension du cadre juridique criminalisant l’homosexualité.
Les progrès constatés ne vont toutefois pas sans entraves. Si la contraction de la criminalisation souligne des progrès indéniables, elle ne doit pas cacher le renforcement ces dernières années, dans certains États, comme c’est le cas au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso ou au Niger, de législations à l’encontre des personnes homosexuelles. Par ailleurs, certains États, à l’instar de la Russie, qui ne criminalisent pas ou plus l’homosexualité, peuvent être le théâtre d’obstacles juridiques à la liberté d’association autour des questions de diversité sexuelle, de genre et corporelle.
En 2026, les personnes homosexuelles risquent encore la peine de mort dans onze pays. ILGA World, fédération d’associations de défense des droits des personnes LGBTI+, disposant d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies ne retient pas une certitude juridique complète quant à l’applicabilité de la peine de mort dans cinq États – Afghanistan, Pakistan, Qatar, Somalie et Émirats arabes unis –, en raison de l’absence de fondement juridique explicite et de divergences doctrinales relatives à l’interprétation de certaines dispositions. Cette incertitude concerne exclusivement le niveau de la sanction encourue : la criminalisation y est bien juridiquement établie.
Un état des lieux, en carte et infographie, des cadres légaux qui régissent les relations entre personnes de même sexe à travers le monde. Enjeux de société