Le réseau social Setlog - BFM TechFilmer deux secondes toutes les heures, puis laisser l’application raconter sa journée: c'est le principe de Setlog, qui séduit déjà 10 millions d’utilisateurs, principalement en Asie de l’Est. Portée par la K-pop et une promesse de confidentialité, l’application veut désormais conquérir les Etats-Unis sans reproduire les travers des réseaux sociaux traditionnels.À 9 heures, quelqu’un boit son café. À 10 heures, un autre est déjà dans le métro.

À 18 heures, l’un rentre chez lui, tandis qu’un autre commence à peine sa journée. Rien de spectaculaire. Et c’est précisément le principe.Depuis quelques mois, l'application Setlog, disponible en France, connaît une ascension fulgurante en Asie de l’Est.

Le principe? Se filmer deux secondes toutes les heures, puis compiler ces minuscules fragments dans une vidéo retraçant leur journée (un vlog). Pas besoin de savoir monter une vidéo, de choisir un filtre ou de trouver une musique.

L’application fait le reste. La vidéo est ensuite partagée dans un groupe d'amis.Le réseau social où l’on ne poste presque rienLancée en décembre 2025, Setlog revendique déjà environ 10 millions d’utilisateurs dans le monde et quelque 60 millions de vidéos y sont envoyées chaque jour, selon New Chat, sa maison mère.Le réseau social Setlog © SetlogSetlog a d’abord explosé en Corée du Sud au printemps. En mai, le réseau social s'est même glissé à la troisième place des applications populaires sur l'App Store local, derrière Gemini et Claude.

Depuis, la majorité des utilisateurs viennent du Japon. Et près d’un tiers des téléchargements provient de plusieurs autres pays d’Asie, notamment le Vietnam, les Philippines ou l’Indonésie, selon AppMagic.Pour comprendre le succès de Setlog, il faut oublier un instant Instagram et Tiktok. Ici, pas de fil rempli de vidéos soigneusement montées, pas de course aux likes et encore moins d'algorithme de recommandation.

Ici, l'objectif est surtout de prendre des nouvelles de ses amis, un peu à la manière du français BeReal ou de Snapchat.Le fondateur de New Chat, Devin Doty, a justement passé huit ans chez Snap, en tant que Designer Produit."Les gens n'utilisent pas Snap là-bas (en Corée, NDLR)", souligne-t-il auprès de Bloomberg. "Ils ont leurs applications de messagerie traditionnelles, et puis il y a Instagram. C'était donc intéressant de voir des jeunes vivre sans un produit comme Snap, car on se demande: 'Comment fait-on pour rester en contact avec ses amis proches à cet âge-là?'"La confidentialité, un argument qui fait moucheLa fonctionnalité log permet donc de créer un groupe jusqu’à douze personnes.

Les vidéos doivent être enregistrées directement dans l’application, sans aucun filtre ni montage possible.Ce contenu ne peut pas être affichéCe contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez :Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ».

Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site.Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles. Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affichéParamétrer les cookiesMon Salipsip, 23 ans, a découvert l’application alors qu’elle venait d’être diplômée d’une université de Manille. Ses amis ont désormais des vies très différentes.

Certains viennent de décrocher leur premier emploi, d’autres passent leur temps à jouer aux jeux vidéo ou à pratiquer des activités manuelles. Setlog leur permet de continuer à voir ce que font les autres, malgré la distance."C'est un excellent moyen de rester connectés et de partager nos vies, car nous sommes tous à des étapes différentes de notre existence", explique-t-elle.Les groupes (ou log) sont uniquement accessibles sur invitations et les vidéos sont enregistrées directement dans l’application. En dehors du log, il existe un mode solo et un mode zip.

Ce dernier permet d'échanger des photos avec une seule personne. Les photos ne peuvent être visionnées qu’une seule fois, et il n’est pas possible de les commenter ou d’y répondre par un message. Seulement d'envoyer une photo en retour.Le mode "zip" sur Setlog © BFM TechL'application ne collecte d'ailleurs aucune donnée sur l'âge ou le sexe.

Dans un paysage numérique où chaque clic peut alimenter un système publicitaire, cette sobriété devient presque un argument commercial. "Si les gens utilisent une application comme celle-ci, c'est parce qu'ils le font avec leurs amis proches et qu'ils recherchent ce niveau de confidentialité", estime Devin Doty.Kaito Nishimura, dirigeant d'une agence de marketing tokyoïte spécialisée dans les tendances chez les jeunes, observe lui aussi cette demande d’intimité, notamment chez les jeunes femmes. "Elles craignent d'être importunées ou de recevoir des photos inappropriées en ligne", note-t-il.La K-pop, le vrai accélérateurUn succès fulgurant, donc.

Et Setlog peut remercier les stars de la K-pop pour ça. Les membres de Seventeen, notamment, ont utilisé l’application pour documenter leur quotidien, leurs déplacements et les coulisses de leurs concerts. Le vlog de leur 11e anniversaire a été repartagé en masse sur les autres plateformes.

Karina, du groupe Aespa, s’en est également emparée.Ce contenu ne peut pas être affichéCe contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez :Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ».

Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site.Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles. Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affichéParamétrer les cookiesUn moyen pour les fans de grappiller des morceaux de quotidien que les contenus promotionnels habituels ne montrent pas forcément. Une journée de concert, un dîner entre membres du groupe, un déplacement, quelques secondes suffisent pour donner l’impression d'entrer dans les coulisses.En dehors des idoles, les fans ont pris leurs habitudes, et des trends commencent à apparaître.

Dernier exemple en date avec le Rainbow challenge, où tous les membres d'un groupe se coordonnent pour prendre en photo des objets de la même couleur.En parallèle, les usages ont commencé à dépasser la simple amitié. Des étudiants et des employés de bureau utilisent Setlog pour faire connaissance à distance. D'autres s'en servent comme d'une sorte de journal vidéo collectif.

Et les fans de célébrités y trouvent une fenêtre supplémentaire sur la vie de leurs idoles.L'exemple de BeRealSetlog n'est évidemment pas la première application à vouloir réconcilier réseaux sociaux et authenticité. Instagram propose depuis longtemps ses stories "amis proches". L’application Retro permet de partager un journal photo avec un cercle restreint.

Et BeReal a bâti une partie de son succès sur l’idée de montrer autre chose que des vies parfaitement calibrées.Ce contenu ne peut pas être affichéCe contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez :Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ».

Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site.Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles. Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affichéParamétrer les cookiesMais BeReal a aussi montré le risque qui accompagne ce genre de promesse. L'application continue de très bien fonctionner au Japon, avec plus de 6,5 millions d'utilisateurs actifs dans le pays en juin.

Soit 30% de plus que l'année précédente. En revanche, elle a progressivement ouvert davantage la porte aux marques, aux célébrités et à la publicité.Pour Kaito Nishimura, c’est précisément ce qui pourrait laisser un espace à Setlog. L’application est encore gratuite, sans publicité et centrée sur les amis.

Le problème, forcément, est de savoir combien de temps cela peut durer."S'ils ajoutent des liens sponsorisés ou d'autres éléments similaires, ou dès l'apparition de publicités, tout le monde partira", assure-t-il.Car une application qui compte 10 millions d’utilisateurs mais ne leur vend rien doit, tôt ou tard, trouver une autre façon de payer ses serveurs et ses salariés. New Chat envisage plutôt un abonnement que la publicité, mais son fondateur reconnaît que la priorité est pour l'instant de maintenir la croissance.La start-up cherche notamment à réduire de moitié ses coûts mensuels de fonctionnement, actuellement évalués à environ 360.000 dollars. En septembre, elle a néanmoins bouclé une première levée de fonds de 12,5 millions de dollars menée par le groupe japonais SBI.Après l’Asie, le test américainReste maintenant le plus difficile: convaincre les utilisateurs aux États-Unis, son marché d'origine.

New Chat a commencé à tester du contenu produit par des micro-influenceurs. L’objectif? "Déterminer si nous pouvons reproduire la même dynamique de croissance organique qu'en Asie de l'Est, ou si nous devons investir davantage pour nous développer", précise Devin Doty.Erika Morales, graphiste de 30 ans installée à Seattle, fait partie de ces premiers utilisateurs américains.

Elle a découvert Setlog grâce à ses stars de K-pop préférées. "C'est plus intime et plus sélectif", observe-t-elle. Elle accepterait même l’arrivée de publicité.

Mais pour elle, le véritable critère est ailleurs: ses amis doivent être là. "Tant que les membres de mes groupes l'utilisent, je me vois bien l'utiliser pendant des années."Sur le même sujetFlux fini, zéro filtre, usage intentionnel... A rebours d'Instagram ou Tiktok, comment le réseau social français BeReal repart à l'offensive pour reconquérir la Gen ZEt c'est peut-être là que se joue l'avenir de Setlog.

L'application ne cherche pas vraiment à devenir le prochain Tiktok. Elle mise sur quelque chose de beaucoup plus petit: quelques amis, quelques secondes, une journée entière. Reste à savoir combien de temps cette petite bulle d’intimité peut survivre une fois qu’elle aura commencé à valoir des millions.Sujets liés :Réseaux sociauxInternationalActualitésTechTop ArticlesLe patron d'OpenAI estime que "le monde devrait accepter que certaines mauvaises choses se produisent pour le bien" de l'IAElle utilisait Claude comme un journal intime, l'IA d'Anthropic l'a dénoncée en signalant à la police son intention de tirer sur les forces de l'ordreCorée du Sud: "des signes" poussent le président à soupçonner l'utilisation de l'IA par des cybercriminels dans plusieurs "attaques informatiques"Noms, prénoms, mails...

Les données de plus de 500.000 personnes ont fuité après la cyberattaque dans les Hauts-de-France, selon la régionFace à l'explosion du prix de la mémoire, la gauche européenne demande à la Commission d'enquêter sur "un cartel"