Bull inaugure son nouveau bâtiment de production à Angers. La construction du site remonte à 1963, Avec un investissement de 80 millions d’euros, le fabricant français de supercalculateurs double sa capacité industrielle, alors que l’Europe cherche à renforcer son autonomie en matière de calcul haute performance et d’IA. Selon Reuters, la production du site est déjà passée de six à douze baies par mois.

Bull indique pouvoir atteindre 24 baies mensuelles en 2027 si la demande se maintient. Lire aussi : Bull confirme son renouveau dans l'IA et le HPC L’usine est présentée par Bull comme le seul site industriel européen capable d’assembler de grands supercalculateurs. Elle conçoit, intègre, teste et valide des machines de calcul avancé, des infrastructures d’IA, des serveurs d’entreprise et, à terme, des technologies quantiques.

Le nouveau bâtiment couvre 20 000 m², dont 10 700 m² dédiés à la production. Bull annonce un doublement de capacité, une hausse de 30% de la productivité et une réduction de 30% des coûts de maintenance du bâtiment. Une demande portée par l’IA Ce doublement de capacité intervient dans un contexte de forte croissance des commandes.

Emmanuel Le Roux, le PDG de Bull, indiqué à Reuters que l’entreprise avait reçu cette année plus de commandes que jamais auparavant et remporté 15 des 18 appels d’offres émis par EuroHPC, face notamment à Hewlett Packard Enterprise. L’Union européenne a engagé 7 milliards € entre 2021 et 2027 pour développer un réseau européen de supercalculateurs, afin de réduire l’écart de capacité de calcul avec les États-Unis et la Chine. Bull assemble notamment JUPITER, premier supercalculateur exascale européen, exploité au centre de Jülich en Allemagne.

Le site doit également livrer en 2027 Alice Recoque, futur système exascale français, et LUMI-AI, infrastructure au cœur de la LUMI AI Factory en Finlande. La commande française Alice Recoque représente 94 baies et est assemblée en parallèle de LUMI-AI, contrat de 388 millions € passé par la Finlande et présenté comme le plus important de l’histoire de Bull. Selon Reuters, ces deux programmes n’auraient pas pu être menés simultanément avant l’agrandissement de l’usine.

Vers une industrie européenne de l’IA Bull lance également le programme Open Factory, destiné à ouvrir ses capacités industrielles à des entreprises travaillant sur l’IA, le calcul avancé et le quantique. Lire aussi : Orange, Cap, Atos. : 7 mercenaires français de la cybersécurité L’objectif est d’aider ces acteurs à passer du laboratoire à la production à grande échelle, tout en favorisant la relocalisation de la fabrication d’infrastructures stratégiques en Europe. Le partenariat annoncé avec Foxconn prévoit de fabriquer en Europe des serveurs IA fondés sur la plateforme NVIDIA Vera Rubin NVL72 avec un assemblage final à Angers.

Selon Reuters, les composants européens représentent désormais 70% des machines produites, contre 20 à 30% il y a cinq ans. L’usine assemble également des systèmes intégrant des processeurs Nvidia, AMD et Intel, selon les besoins des clients. L’État français est devenu actionnaire unique de Bull après le rachat de l’entreprise à Atos pour une valorisation pouvant atteindre 404 millions €.

Image : © Bull