Lecture Zen Résumer l'article Le vol Flydubai FZ1073 a connu une plongée de plus de 4 200 mètres en environ 29 secondes. Des photos post-atterrissage montrent qu'une grande partie de la gouverne de direction a été arrachée. Les autorités saoudienne (NTSC) et émiratie (GCAA) ont ouvert une enquête, tandis qu'aucune analyse officielle des enregistreurs de vol n'a encore été publiée.
Le vol Flydubai FZ1073 a connu une plongée de plus de 4 200 mètres en environ 29 secondes. Des photos post-atterrissage montrent qu'une grande partie de la gouverne de direction a été arrachée. Les autorités saoudienne (NTSC) et émiratie (GCAA) ont ouvert une enquête, tandis qu'aucune analyse officielle des enregistreurs de vol n'a encore été publiée.
Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Le Boeing 737 MAX 8 du vol Flydubai FZ1073 a perdu plus de 4 200 mètres d’altitude en moins de trente secondes ce mercredi 30 septembre, après une altercation violente dans le cockpit, avant de se poser à Tabouk, en Arabie saoudite. Les 174 personnes à bord ont survécu. L’affaire du vol Flydubai FZ1073, survenue le 30 septembre, connaît un rebondissement : celui de la résistance structurelle.
Un sujet qui tournait déjà sur les réseaux sociaux dès la veille, mais qui vient de connaître une forte accélération ce jeudi 1er octobre avec l’intervention de Donald Trump sur son réseau social fétiche, Truth Social. Le président américain a ainsi adressé ses « félicitations à la grande société Boeing pour avoir conçu un avion, le 737 Max, capable de résister à des forces G et à des contraintes bien supérieures à celles pour lesquelles il avait été conçu et auxquelles on s’attendait », en référence au modèle d’avion qui s’est retrouvé au cœur de l’actualité. « Ce fut une formidable démonstration de planification et de conception structurelles précises et puissantes », a poursuivi le locataire de la Maison-Blanche, ajoutant « qu’il était grand temps que la société Boeing, qui construit de loin les meilleurs avions de ligne du ciel, soit reconnue pour l’incroyable génie de cet appareil ! » Donald Trump. // Source : Gage Skidmore La solidité de l’appareil, vantée dans le message de Trump, circule aussi sur X, à l’image de ce tweet qui dit citer un ex-pilote de la marine américaine.
Celui-ci affirme que l’appareil a dépassé sa vitesse maximale d’exploitation de pas moins de 100 nœuds, tout en perdant 20 000 pieds d’altitude (environ 6 100 mètres) en seulement 30 secondes, un chiffre que les données de suivi de vol ne confirment pas. Ces 100 nœuds représentent environ 185 km/h. « Cela signifie que le Boeing 737 MAX 8 volait à 185 km/h au-delà de sa limite structurelle absolue », avance-t-il, ajoutant que la reprise de l’avion par l’équipage et les passagers malgré une « descente vertigineuse » tient du « miracle absolu ».
Un avion qui n’est pas sorti totalement intact de la chute Le fait est qu’à ce stade, les seuls chiffres publics viennent des sites de suivi de vol comme Flightradar24. Ni Boeing, le constructeur de l’avion, ni les enquêteurs n’ont encore publié d’analyse de ce qu’a subi le 737 MAX 8. Le Centre national de sécurité des transports saoudien (NTSC) a néanmoins ouvert une enquête, en parallèle de l’autorité de l’aviation civile des Émirats arabes unis (GCAA).
Qui plus est, l’avion n’est pas sorti intact. Sur les photos prises après l’atterrissage, et qui circulent dans les médias comme sur les réseaux sociaux, il manque une grande partie de la gouverne de direction, cette partie mobile de la dérive qui oriente le nez de l’avion vers la gauche ou la droite. La gouverne a été partiellement arrachée. // Source : Capture d’écran Les chiffres de la plongée restent flous.
Les données de Flightradar24, reprises notamment par Simple Flying, font état de plus de 4 200 mètres perdus en 29 secondes, avec une vitesse de descente proche de 9 400 mètres par minute. La reconstitution publiée par ABC News décrit une chute, une brève remontée puis une nouvelle chute, pour plus de 6 000 mètres perdus en quelques minutes. Quant au profil général de vol, on sait que l’avion reliait Dubaï à Tel-Aviv.
Il croisait à près de 10 700 mètres au-dessus de l’Arabie saoudite. Après l’altercation dans le cockpit et les codes d’urgence émis par transpondeur (dont le 7500, qui signale une intervention illicite à bord), le 737 MAX 8 s’est finalement posé à l’aéroport saoudien de Tabouk, dans le nord-ouest du pays, non loin de la Jordanie et d’Israël. Pilote et passagers sont salués en héros.
Le 737 MAX face à ses critères de résistance Le 737 MAX a une vitesse maximale d’exploitation de Mach 0,82, soit environ 875 km/h à son altitude de croisière (Mach 1 correspond à la vitesse du son, qui baisse avec l’altitude), mais l’avion vole généralement autour de Mach 0,79. Les pilotes ne sont pas autorisés à dépasser la vitesse maximale d’exploitation, même si, rappelle Simple Flying, les aéronefs sont testés et certifiés avec une marge de sécurité allant au-delà. Or, pendant la descente brutale du vol FZ1073, la vitesse calculée par Flightradar24 est passée d’environ 400 à près de 600 nœuds (de 740 à 1 100 km/h environ), un niveau proche du mur du son à cette altitude.
Mais Flightradar24 et les autres sites de suivi calculent une vitesse par rapport au sol à partir des positions GPS envoyées par l’avion, vent compris. La structure, elle, subit la vitesse par rapport à l’air, et seuls les enregistreurs de vol la connaissent précisément. Selon les règles de certification de la FAA, l’autorité américaine de l’aviation, une marge au-dessus de la vitesse maximale d’exploitation est prévue.
La vitesse de piqué retenue à la conception doit la dépasser d’au moins Mach 0,07, une marge que le constructeur peut ramener jusqu’à Mach 0,05 s’il la justifie par le calcul. La structure doit aussi rester à l’abri du flottement (ces vibrations qui s’entretiennent toutes seules et peuvent arracher une gouverne) jusqu’à une vitesse 15 % supérieure à cette vitesse de piqué, est-il expliqué dans la documentation de la FAA. Quant aux charges subies, la cellule d’un avion de ligne doit supporter sans se déformer durablement au moins 2,5 g (soit 2,5 fois son propre poids) quand l’avion redresse brutalement, et −1 g quand on le fait piquer brutalement (une exigence qui baisse jusqu’à zéro à mesure que l’avion approche de sa vitesse de piqué).
Elle doit ensuite tenir une fois et demie ces valeurs pendant trois secondes sans casser. Voilà pour la théorie. Or, aucune mesure de g pendant la plongée du FZ1073 n’a été publiée.
Personne ne peut donc dire aujourd’hui si l’avion est allé au-delà de ce que prévoient les essais. Le fuselage du 737 MAX est en alliage d’aluminium, comme celui de tous les 737 depuis le premier vol du modèle en 1967. Chez Boeing, seul le 787 a un fuselage en fibre de carbone.
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