Microsoft dégaine ses conteneurs WSL (Linux) en version finale Compose viendra, promis Illustration : Flock Vincent Hermann Le 01 octobre à 07h59 Microsoft a donné le coup d’envoi officiel pour ses conteneurs WSL. Ils permettent de créer, exécuter et gérer des conteneurs Linux directement depuis Windows. Une erreur ?

Au début de l’été, Microsoft a profité de sa conférence Build pour présenter un nouveau projet baptisé « WSL Container », avec une préversion dans la foulée. L’objectif était clair : fournir un moyen intégré et prêt pour l’entreprise de créer, exécuter et gérer des conteneurs Linux sur Windows, sans nécessiter d’outillage tiers supplémentaire. Depuis le 29 septembre, la fonction est disponible en version finale.

Microsoft n’y va pas par quatre chemins : « WSL est au cœur de notre engagement à faire de Windows le meilleur endroit pour construire, exécuter et gérer des charges de travail Linux. À mesure que l’IA, le développement cloud-native, les conteneurs et les écosystèmes open source continuent de converger vers Linux, de plus en plus de développeurs choisissent d’exécuter ces charges directement sur des appareils Windows ». Les conteneurs sont donc une évolution logique de WSL, affirme l’éditeur.

Petit point de rappel d’abord : qu’est-ce que WSL ? Le Windows Subsystem for Linux est un composant de Windows permettant de faire fonctionner directement une distribution Linux virtualisée. Plusieurs sont disponibles d’ailleurs dans le Microsoft Store, comme Ubuntu et Debian.

Source : Microsoft Disponible directement dans la nouvelle version de WSL Pour utiliser les conteneurs, pas besoin d’installer de nouveaux composants, car la nouvelle fonction fait simplement partie de la dernière mouture du WSL (3.0.1). On peut donc l’installer soit en récupérant le binaire depuis le dépôt GitHub, soit via la commande « wsl --update » dans le terminal. Le produit livré hier soir repose sur deux briques.

D’abord, l’outil wslc.exe qui sert à construire, lancer et déployer les conteneurs. Microsoft fournit en même temps un alias intégré container.exe pour reprendre les commandes habituelles. Ensuite, une API – sous forme de paquet NuGet Microsoft.WSL.Containers – pour permettre aux applications Windows natives de piloter ces conteneurs.

L’éditeur donne comme exemple l’exécution locale de charges IA. En matière d’architecture, chaque utilisateur a sa propre session, dont les privilèges peuvent être réglés, y compris de manière centralisée en entreprise. Le stockage, lui, peut se faire de trois manières : un VHD par session, des volumes reposant sur VHD ou des volumes de conteneurs reposant sur virtiofs, que Microsoft présente comme jusqu’à deux fois plus rapides que l’approche plan9 utilisée jusqu’à présent par WSL.

Quant au réseau, il est géré par un composant nommé Consommé, qui consiste en un processus s’occupant de tout ce qui touche au DNS, au routage et au mappage des ports. Cette approche doit notamment permettre de travailler plus facilement avec des VPN et des pare-feux. Docker dans la ligne de mire D’accord, mais pour quoi faire ?

On trouve sur le site de Microsoft ou dans la presse des exemples d’utilisation. Le plus simple est celui d’une application Windows embarquant un composant Linux. Ainsi, un logiciel de bureau en C# peut lancer un conteneur servant un modèle d’inférence, communiquer avec lui puis l’arrêter à la fermeture.

C’est l’exemple de charge IA locale donné précédemment par Microsoft. Si le nom n’est jamais cité, Docker est directement dans la ligne de mire. Microsoft met en avant ses intégrations avec d’autres produits de son écosystème, Intune et Defender for Endpoint étant cités.

L’arrivée des conteneurs WSL permet aux applications Windows de les exploiter directement, sans passer par des produits tiers (il faut quand même que WSL soit installé). Il s’agit cependant d’une version 1.0, qui cible surtout les grandes entreprises dans lesquelles ce niveau d’intégration peut faire la différence. En outre, il y a des limites.

Selon Microsoft, la fonction la plus demandée est la compatibilité avec Docker Compose, via la prise en charge directe des fichiers compose.yaml existants. L’entreprise affirme que ce support est « une priorité pour nos prochaines versions ». La version finale apporte des nouveautés Si vous avez testé les conteneurs WSL cet été, la version finale apporte bon nombre d’améliorations, notamment pour les commandes disponibles, qui en comptent une dizaine de nouvelles.

Citons par exemple « wslc container restart » qui permet de redémarrer un conteneur en fonctionnement, « wslc system info » pour voir une vue de synthèse de l’environnement conteneur, ou « wslc network connect » pour attacher les conteneurs au réseau (ou « disconnect » pour les détacher). Entre temps, des intégrations sont également apparues avec des partenaires ou des projets communautaires. Les conteneurs sont ainsi supportés (sans grande surprise) dans Visual Studio Code, dans lequel on peut déclarer wslc comme pilote par défaut pour créer et interagir avec les conteneurs WSL.

Microsoft cite aussi Aspire, Lazywslc, WSL Container Desktop ou encore WSLc Remote. Ce dernier permet de lancer wslc depuis les distributions Linux prises en charge par WSL. Microsoft ajoute que les investissements dans WSL continueront.

« Au fil du temps, nous voyons Linux sous Windows évoluer au-delà d’un environnement de développement vers une plateforme d’exécution stratégique pour l’IA et les charges de travail natives cloud, participant aux mêmes cadres de sécurité, de gestion et de gouvernance d’entreprise que Windows », assure ainsi l’entreprise. Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.

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