Dans une lettre de 26 pages, l’Iran appelle les Américains à faire battre Trump lors des élections de mi-mandat Par Marion Prost Publié le 30/09/2026 à 13h36 Suivre Suivre Le Figaro sur : Google (ouvre un nouvel onglet) Google Discover (ouvre un nouvel onglet) Google News (ouvre un nouvel onglet) Sujets Irak Iran États-Unis élections Des membres du Hashid Shaabi (Forces de Mobilisation Populaire) circulent en convoi dans la ville alors qu’ils célèbrent le retrait des forces de la coalition dirigée par les États-Unis d’Irak, mettant fin à une présence militaire qui a débuté après l’invasion dirigée par les États-Unis en 2003, en Irak, le 30 septembre 2026. Alaa Al-Marjani / REUTERS À la veille du départ américain d’Irak, le pouvoir iranien a associé, mardi 29 septembre, ses revendications régionales à un appel électoral aux États-Unis. Une intervention dans la campagne de mi-mandat, alors que les deux pays poursuivent leurs négociations pour mettre fin à la guerre.

Passer la publicité Passer la publicité Publicité En guerre contre Washington, le régime iranien s’intéresse désormais à ceux qui y feront les lois : les Gardiens de la révolution ont adressé le 29 septembre une lettre ouverte aux Américains pour leur demander de chasser du Congrès les alliés de Donald Trump. «Chassez du pouvoir les politiciens malfaisants, fourbes et violents», intime le texte, cité par Reuters. Cette consigne électorale, développée en 26 pages, paraît à la veille du retrait des forces américaines de leurs dernières bases en Irak, que Téhéran présente comme une victoire.

À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International La lettre exhorte les Américains à rejeter le soutien de Washington à Israël et les interventions militaires à l’étranger. L’Iran affirme aussi vouloir obtenir le départ des forces américaines de l’ensemble du Moyen-Orient. Avec le retrait d’Irak, il revendique une première réussite ; à cinq semaines des élections de mi-mandat, les Gardiens invitent les électeurs à désavouer les élus qui soutiennent la politique du président.

À lire aussi L’épineux dossier des djihadistes français jugés en Irak : pourquoi les procès sont reportés à octobre Passer la publicité Publicité Le calendrier du retrait américain précède toutefois la guerre contre l’Iran : le départ prévu ce mercredi 30 septembre avait été convenu en 2024, sous Joe Biden, avant la guerre déclenchée en février contre l’Iran par les États-Unis et Israël. Donald Trump en a maintenu l’exécution. Le retrait clôt ainsi une présence commencée 23 ans plus tôt, lorsque les forces conduites par Washington avaient renversé Saddam Hussein.

Les milices gardent les armes Téhéran présente ainsi ce départ comme un triomphe de son «axe de la résistance», le réseau de groupes armés qui lui sont alliés dans la région. En Irak, ces milices ont attaqué des installations américaines pendant la guerre contre l’Iran. Selon le Wall Street Journal, elles ont mené plus de 600 attaques contre des sites diplomatiques et militaires américains au cours des deux premiers mois du conflit.

Ces groupes restent armés et actifs. Leur avenir demeure d’ailleurs un sujet pour Bagdad. Le premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, avait annoncé au début de l’été un calendrier de désarmement.

Les factions avaient jusqu’alors fait du départ des troupes étrangères une condition à la remise de leurs armes. Or, une partie des groupes réunis au sein de la résistance islamique en Irak refuse toujours de les déposer. Le départ américain ne règle donc pas la question de leur arsenal.

Les alliés de Trump à l’épreuve des urnes C’est dans ce contexte que les Gardiens s’adressent aux Américains. Leur lettre, publiée par les médias iraniens, leur demande d’utiliser leur pouvoir politique pour écarter les dirigeants actuels. L’échéance est établie : le 3 novembre, les électeurs renouvelleront la Chambre des représentants et une partie du Sénat.

Donald Trump ne sera pas lui-même candidat. Ses alliés au Congrès, en revanche, pourraient perdre leur majorité au profit des démocrates, ce qui compliquerait la poursuite de son programme. Regarder la vidéo Laurence Nardon revient sur «les deux enjeux majeurs» pour les élections de mi-mandat aux États-Unis La guerre figure effectivement parmi les difficultés des républicains.

Donald Trump avait promis en 2024 d’éviter de nouveaux conflits et de réduire l’inflation. Sept mois après le début des opérations contre l’Iran, les prix mondiaux du carburant ont augmenté, notamment sous l’effet des restrictions iraniennes au passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Dans un sondage Reuters/Ipsos publié le 21 septembre, seules 17 % des personnes interrogées approuvent sa gestion du coût de la vie et 34 % les frappes contre l’Iran.

Passer la publicité Publicité L’adresse aux électeurs n’interrompt pas les échanges avec Washington. Le Qatar poursuit sa médiation pour mettre fin à la guerre et rouvrir Ormuz. Une réponse américaine au plan iranien prévoyant une période de sept jours pour rétablir la confiance a été transmise au ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.

Donald Trump assurait encore mardi 29 septembre que l’Iran finirait par céder. D’ici au 3 novembre, il reste toutefois cinq semaines de négociations possibles. La suite sera laissée à l’appréciation des électeurs américains.