5G : les opérateurs européens pourraient gagner du temps pour remplacer les équipements Huawei Le remplacement des équipements Huawei dans les réseaux mobiles européens pourrait prendre plus de temps que prévu. Les États membres envisagent désormais un calendrier tenant compte notamment des cycles de remplacement et de la disponibilité des alternatives. Les opérateurs télécoms européens pourraient bénéficier d’un délai plus souple pour retirer les équipements de fournisseurs considérés comme à haut risque, notamment Huawei.
Les États membres souhaitent tenir compte du coût et de la complexité du remplacement, que les opérateurs estiment pouvoir atteindre 40 milliards d’euros. La fin du délai fixe de trois ans ? Le sujet est actuellement discuté dans le cadre de la révision du Cybersecurity Act européen.
En janvier, la Commission européenne avait proposé que les opérateurs mobiles retirent les équipements provenant de fournisseurs à haut risque de leurs réseaux 5G dans un délai de 36 mois. Mais selon un document daté du 22 septembre consulté par Reuters, les États membres proposent désormais de supprimer cette échéance fixe. Le calendrier dépendrait notamment du niveau de risque identifié, du cycle de vie des équipements, des périodes de remplacement, des contraintes d’interopérabilité et de la disponibilité d’alternatives.
La réforme européenne vise plus largement les fournisseurs considérés comme présentant des risques pour la sécurité des infrastructures critiques. Elle s’inscrit dans la volonté de l’Union européenne de réduire les dépendances à certains fournisseurs de pays tiers et de renforcer la sécurité des chaînes d’approvisionnement numériques. Dans le secteur mobile, Huawei serait particulièrement concerné, de même que d’autres équipementiers chinois.
Huawei conteste toutefois que ses équipements constituent un risque pour la sécurité. La Commission européenne souhaite notamment mettre en place un cadre harmonisé et fondé sur les risques afin de réduire la dépendance des réseaux mobiles européens vis-à-vis de fournisseurs jugés à risque. Jusqu’à 40 milliards d’euros de remplacement Les opérateurs européens ont de leur côté alerté sur l’addition potentielle d’un remplacement accéléré.
17 dirigeants du secteur, dont Timotheus Höttges, patron de Deutsche Telekom, ont récemment écrit aux autorités pour estimer que la facture pourrait atteindre 40 milliards d’euros. Les opérateurs craignent que ces dépenses mobilisent des capitaux qui pourraient autrement être consacrés au déploiement de la fibre, de la 5G et de la future 6G. L’enjeu est particulièrement important dans certains grands marchés européens.
Selon une note de Strand Consult citée par Reuters, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne concentreraient la plus grande partie des équipements devant être remplacés dans les cinq prochaines années, avec notamment une présence importante de Huawei chez Deutsche Telekom et Vodafone sur certains marchés. La nouvelle approche envisagée par les États membres pourrait donc laisser davantage de temps aux opérateurs pour effectuer ces remplacements, en fonction de leur situation et des solutions disponibles. Le calendrier définitif reste toutefois à négocier au niveau européen.
Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 30/09/2026 à 12h29 par Lucas Musset