Epsilon : le nouveau réseau social européen qui veut faire oublier X Alors que l’essentiel des conversations en ligne européennes se déroule sur des plateformes américaines ou chinoises, deux entrepreneurs français lancent Epsilon, un réseau social pensé pour privilégier le débat, la culture et l’information. Les deux fondateurs promettent une plateforme respectant les données et les règles européennes. Temps de lecture : 3 minutes Le paysage des réseaux sociaux accueille un nouvel entrant.

Epsilon, le nouveau réseau « made in France » arrive sur le marché avec une ergonomie et une base de fonctionnement qui rappellent X (ex-Twitter). La plateforme se présente comme un réseau non partisan consacré au débat, à la culture et à l’éducation. Une ambition forte est mise en avant : favoriser les échanges d'idées, pour en faire le cœur même de son modèle.

Disponible dès aujourd'hui sur l'App Store et le Play Store en français et en anglais, l'application cible en priorité les créateurs, journalistes et médias pour amorcer sa communauté. Cette arrivée intervient dans un secteur largement dominé par des acteurs extra-européens. Selon GWI (cité par DataReportal), les internautes de 16 ans et plus utilisent en moyenne six à sept plateformes sociales chaque mois.

Une multiplicité d’usages qui renforce la place de ces acteurs dans l’accès à l'information et les échanges quotidiens. X, Meta, LinkedIn ou TikTok, des plateformes chinoises et américaines, concentrent ainsi une majeure partie du débat public et de la circulation des contenus en Europe. Cette dépendance aux plateformes étrangères nourrit de vives inquiétudes : 72 % des Français interrogés par Ipsos pour Médias en Seine se disent préoccupés par cette situation, tandis que 80 % souhaitent un rééquilibrage à l’échelle européenne.

Reprendre la main sur l'algorithme et la modération À partir de ce constat, le projet a été imaginé, avec l’idée de proposer un réseau social où les mécanismes de diffusion des contenus sont davantage contrôlés et compréhensibles par les utilisateurs. « Ce qui nous a poussés à créer Epsilon, c’est le constat que le débat public s’est abîmé sur les réseaux sociaux actuels. La captation de l’attention et l’économie de la violence y sont en première ligne, au détriment de la nuance », explique Thomas Rocafull, cofondateur de la plateforme aux côtés de Stéphane Dubreuil.

Cette philosophie se traduit d’abord dans le fil d’actualités. Epsilon affirme ne pas classer les contenus selon le nombre de réactions qu’ils suscitent. Les règles de hiérarchisation sont définies et publiées à l’avance, avec l’objectif de faire remonter l’information, la culture et les sujets éducatifs plutôt que les publications générant le plus de clashs.

Le réseau revendique ainsi un modèle sans algorithme opaque et sans revente de données. Pour ce faire, Epsilon prévoit une modération « a priori » : chaque contenu est vérifié avant sa mise en ligne. La plateforme souhaite poser une frontière explicite entre liberté d’expression et insultes ou appels à la haine, afin d'éviter les mécanismes d’escalade qui régissent les discussions actuelles.

Pour réussir cette performance technologique sans paralyser les flux d'échanges, cette modération repose sur l'intelligence artificielle développée par la pépite française Mistral. Cette volonté de reprendre le contrôle s’étend au traitement des données personnelles. Epsilon assure que son développement, son hébergement et ses briques technologiques sont intégralement européens et fonctionnent sous le cadre strict du Règlement général sur la protection des données (RGPD) et du Digital Services Act (DSA).

Aucune donnée personnelle ne sera vendue, cédée ou exploitée à des fins de profilage publicitaire, et le code source des algorithmes est présenté comme public et vérifiable. Epsilon débarque dans un contexte où les alternatives aux géants des réseaux sociaux se multiplient. Bulle en France, Monnett au Luxembourg ou encore Bluesky aux États-Unis, lancé à l’origine par Jack Dorsey, le cofondateur de Twitter (ancien-X), explorent chacun à leur manière des modèles plus ouverts, plus transparents et moins dépendants de la publicité ciblée.

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