Meta condamnée pour le scandale Cambridge Analytica : amende record en vue Une facture à 219 milliards de dollars Mickael Bazoge Le 29 septembre à 11h47 Le fantôme de Cambridge Analytica continue de hanter Meta. Un tribunal du Nouveau Mexique a condamné le géant des réseaux sociaux pour avoir trompé les utilisateurs de l’État américain sur la manière dont il collecte, protège, partage et exploite leurs informations personnelles, mais aussi sur ses efforts supposés pour combattre la désinformation et les discours de haine. Une erreur ?
Facebook s’est rendu coupable de 43 899 725 infractions à la loi sur les pratiques déloyales en vigueur au Nouveau Mexique. Le juge doit maintenant décider des pénalités, et la somme totale pourrait être croquignolette : selon la législation, chaque infraction pourrait être facturée jusqu’à 5 000 dollars. Soit un total de…
219 milliards de dollars. Meta conteste le verdict et a l’intention de se défendre contre ce qu’elle perçoit comme « une tentative de déformer notre bilan ». Le scandale qui ne passe pas Ce verdict, rendu public le 25 septembre, est l’un des avatars de l’affaire Cambridge Analytica.
Ce cabinet britannique a collecté des données sur 87 millions d’utilisateurs de Facebook, puis exploité ces informations pour la campagne à l’élection présidentielle américaine de Donald Trump. Internet Retour sur le scandale Cambridge Analytica et la (molle) réponse de Facebook Internet Vendredi 23 mars 2018 à 08h00 23/03/2018 08h00 33 En 2021, le procureur général du Nouveau-Mexique portait plainte contre Facebook, devenu Meta la même année. Après un procès de deux semaines, le verdict est donc tombé : 26 des 29 déclarations de Meta pointées par l’accusation ont été désignées trompeuses par le jury.
Parmi lesquelles celles sur l’utilisation des données personnelles : Facebook affirmait, à tort donc selon le jury, que les utilisateurs contrôlaient le partage de leurs informations, que leurs données n’étaient pas vendues ou cédées aux annonceurs, et que le groupe n’achetait pas et ne vendait pas les données de ses utilisateurs. Autre affirmation jugée trompeuse : le réseau social prétendait ne tirer aucun profit des contenus haineux ou de désinformation, qu’il supprimait les informations préjudiciables, et n’autorisait pas ce type de discours. Le jury a également estimé que Facebook n’a pas dit la vérité quand, suite au scandale Cambridge Analytica, l’entreprise a promis d’enquêter sur les applications accédant à de grandes quantités de données, de réaliser des audits, de bannir les développeurs ayant détourné ces données et de prévenir les personnes concernées.
Une sanction potentielle de 219 milliards de dollars Les jurés ont toutefois rejeté l’accusation selon laquelle l’entreprise aurait trompé les consommateurs sur ses efforts de suppression des contenus préjudiciables et ses pratiques de vérification des faits, comme le rapporte Reuters. « Pendant des années, Facebook a agi comme si les règles applicables à toutes les autres ne s’appliquaient pas à l’entreprise », a déclaré le procureur général Raúl Torrez, pour qui « il s’agit d’un verdict historique, non seulement pour le Nouveau-Mexique, mais aussi pour tous les États qui cherchent à obliger les géants de la technologie à répondre de leurs actes. » De fait, l’addition pourrait être extrêmement salée. En plus des sanctions financières qui seront décidées par le juge dans un deuxième temps, l’État demande au tribunal de prononcer des mesures contraignantes contre Meta pour empêcher que de telles pratiques se reproduisent.
Plutôt que de répliquer sur le fond, un porte-parole du groupe préfère placer le débat sur le terrain de la liberté d’expression : « Le premier amendement [de la Constitution américaine] nous confère le droit de gérer ces plateformes de la manière qui, selon nous, sert au mieux les intérêts de notre communauté. Cela signifie donner la priorité à la liberté d’expression, protéger les informations de nos utilisateurs et leur permettre de garder le contrôle de leurs données. » Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous ZeMeilleur Il y a 25 minutes Message 1 Signaler Bloquer cet utilisateur Selon le montant qui sera finalement infligé, il y a de quoi relativiser les peines européennes. rxPyOm Premium Il y a 17 minutes Voir les réponses Message 2 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur « donner la priorité à la liberté d’expression, protéger les informations de nos utilisateurs et leur permettre de garder le contrôle de leurs données » 🤣 pamputt Premium Il y a 5 minutes En réponse à Message 2.1 Signaler Bloquer cet utilisateur J'imagine que le premier amendement leur permet aussi de raconter n'importe quoi. SebGF Premium Modifié il y a 5 minutes Message 3 Historique Signaler Bloquer cet utilisateur Désapprouvant cette décision, la Maison blanche a fait savoir que le Nouveau-Mexique sera renommé New Trump's America. cthoumieux Premium À l'instant Message 4 Signaler Bloquer cet utilisateur En phase avec ton smiley, le message semble laisser entendre que ce sont de incompris et que même s'ils doivent payer une amende pas sur qu'ils changent quoi que ce soit de leurs pratiques Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ? Non Oui