Bouygues Telecom lance le 5 octobre une protection anti-spam directement intégrée à son réseau mobile. Développée avec Hiya, elle doit identifier les appels potentiellement frauduleux avant de prévenir l’utilisateur. Pas d’application à installer, mais une option facturée 2 euros par mois et par ligne.
Les appels indésirables ont changé de visage. Entre le démarchage commercial, les faux conseillers bancaires et les tentatives d’arnaque qui se font passer pour une administration, le numéro affiché sur l’écran ne suffit plus toujours à savoir à qui l’on a affaire. Bouygues Telecom veut donc ajouter une couche de protection directement dans son réseau.
L’opérateur vient d’annoncer Anti-Spam, un service développé avec la société américaine Hiya, spécialisée dans l’identification des appels. Il sera proposé aux particuliers à partir du 5 octobre 2026, pour 2 euros par mois et par ligne. Les entreprises y auront accès à partir du 12 octobre, pour 1 euro par mois et par ligne.
Le téléphone n’a rien à faire La particularité d’Anti-Spam, c’est que ce filtre ne se fait pas dans le smartphone, mais directement au cœur du réseau mobile 4G et 5G de Bouygues Telecom. Aucun logiciel n’est donc nécessaire et l’utilisateur n’a rien à configurer. Le dispositif peut ainsi fonctionner quel que soit le téléphone utilisé, y compris sur un iPhone.
Pour déterminer si un appel présente un risque, la technologie de Hiya s’appuie sur une base de données mise à jour en permanence et analyse notamment le comportement du numéro : date de création, volume d’appels émis ou durée des communications. Bouygues indique que cette base repose sur plus de 28 milliards d’événements d’appels par mois provenant de plus de 550 millions d’utilisateurs dans le monde. L’idée est de repérer des comportements caractéristiques, un numéro créé très récemment qui multiplie les appels très courts vers un grand nombre de personnes peut, par exemple, être considéré comme suspect.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un numéro récemment créé est automatiquement frauduleux, le système produit une évaluation du risque, pas une condamnation définitive. Anti-Spam ne bloque pas les appels Le nom du service peut prêter à confusion car Anti-Spam ne va pas empêcher un appel d’arriver sur votre téléphone. Le mobile sonnera toujours, même si le système considère le numéro comme suspect.
L’utilisateur recevra simplement une alerte lui permettant de savoir qu’il vaut mieux rester prudent avant de décrocher. C’est un choix assez différent du filtrage automatique que proposent déjà certains smartphones. Google intègre par exemple une protection contre les appels indésirables dans son application Téléphone et permet de bloquer automatiquement ceux identifiés comme spam.
Sur iPhone, Apple propose également des fonctions permettant d’identifier ou de mettre en sourdine certains appels indésirables, ainsi que des outils de filtrage des correspondants inconnus. Bouygues mise donc surtout sur la simplicité, pas besoin de connaître le réglage à activer, de télécharger une application ou de changer de téléphone. Une protection qui arrive dans un contexte très différent Le lancement intervient alors que la réglementation française sur le démarchage téléphonique vient justement de changer. qui est au forfait en vrai.
Depuis le 11 août 2026, un professionnel ne peut en principe plus appeler un consommateur à des fins de prospection commerciale sans avoir obtenu son consentement préalable. Deux principales situations restent notamment autorisées : lorsque le consommateur a explicitement accepté d’être démarché ou lorsqu’un appel concerne un contrat en cours. La réforme a également mis fin à Bloctel.
Cela ne signifie pas que votre téléphone ne recevra plus d’appels indésirables. Les appels frauduleux ne respectent évidemment pas les règles de démarchage, et les mécanismes d’usurpation de numéro compliquent encore la détection. © Bouygues Telecom L’Arcep indique ainsi que 94 % des consommateurs ont reçu au moins un appel ou SMS indésirable au cours des trois derniers mois en 2025, tandis que 43 % déclaraient être victimes d’usurpation de numéro au moins une fois par mois. C’est aussi pour lutter contre cette dernière pratique que les opérateurs ont déployé un mécanisme d’authentification des numéros.
Lorsqu’un appel ne peut pas être correctement authentifié, il doit désormais être interrompu dans les situations prévues par le dispositif. Anti-Spam intervient donc un étage plus haut car il ne cherche pas seulement à vérifier que le numéro présenté est bien celui qu’utilise réellement l’appelant, mais à déterminer si son comportement ressemble à celui d’un appel indésirable ou frauduleux. Pourquoi faire payer cette fonction ?
C’est évidemment la question qu’on peut se poser ! Bouygues Telecom facture 24 euros par an pour une protection qui, contrairement à certaines solutions intégrées aux smartphones, ne bloque pas les appels. Son avantage est ailleurs puisque le système fonctionne au niveau du réseau et ne demande aucune intervention.
Pour certains utilisateurs, notamment ceux qui ne veulent pas installer ou configurer une application, cette simplicité peut avoir un intérêt réel. Elle peut aussi être utile pour les personnes qui utilisent un téléphone très basique et ne disposent pas des fonctions avancées proposées sur les smartphones récents. Le marché propose déjà plusieurs alternatives gratuites.
Google dispose de sa propre protection anti-spam dans l’application Téléphone sur Android, avec identification et possibilité de filtrage automatique. Sur iPhone, Apple fournit également des fonctions natives d’identification et de filtrage des appels indésirables. Les appels ou SMS indésirables peuvent par ailleurs toujours être signalés gratuitement au 33700, plateforme qui transmet quotidiennement les signalements aux opérateurs.
Le service pourrait surtout intéresser certaines entreprises Bouygues Telecom propose aussi Anti-Spam aux professionnels pour 1 euro par mois et par ligne. Là, l’intérêt peut être différent, car une entreprise qui reçoit quotidiennement un grand nombre d’appels entrants peut avoir intérêt à identifier rapidement ceux qui présentent un risque. Les petites structures peuvent également profiter d’une protection sans avoir à installer une solution sur chaque téléphone de leur parc.
Le fait que la détection soit effectuée directement dans le réseau simplifie aussi le déploiement : pas de logiciel à installer sur chaque appareil, pas de configuration poste par poste. Une couche de protection supplémentaire, pas un bouclier anti-arnaques Anti-Spam n’est donc ni un bloqueur universel ni une solution capable de déterminer avec certitude qu’une personne au bout du fil est un escroc. Son rôle est plus précis : analyser les appels au niveau du réseau et prévenir l’utilisateur lorsqu’un numéro présente suffisamment de signaux suspects.
C’est également ce qui explique pourquoi Bouygues peut le proposer sans modifier le téléphone. La détection est réalisée avant que l’appel n’arrive jusqu’à l’abonné. Cette authentification des numéros lutte contre une partie des usurpations, les fonctions natives des smartphones filtrent certains appels et le 33700 permet de signaler les numéros problématiques.
Anti-Spam ajoute une couche supplémentaire au milieu de tout cela. À 2 euros par mois, Bouygues fait donc le pari que certains abonnés préféreront payer pour ne rien avoir à configurer. Pour les autres, les smartphones récents disposent déjà de plusieurs outils gratuits.