L’ESA a confié à OVHcloud et CGI un contrat de 30 mois pour concevoir et déployer l’infrastructure numérique qui permettra de stocker et traiter les données issues de l’observation de la Terre. Le projet, baptisé Digital EO (« ESA Earth Observation Information System »), doit fédérer données, services et capacités de calcul au profit des scientifiques, des acteurs publics, des entreprises et des citoyens. Les deux groupes qualifient le contrat de « plusieurs millions d’euros ».

L’ESA, elle, n’a pas divulgué de chiffre, selon Reuters.. Une architecture décentralisée L’ESA décrit un système décentralisé, évolutif et résilient, censé gérer plus de 500 pétaoctets de données hétérogènes avec des ressources de calcul et d’intelligence artificielle. Il devra pouvoir se fédérer avec les infrastructures nationales et européennes, tout en encadrant le développement, le déploiement et la gouvernance d’algorithmes, d’applications et de services, qu’ils soient scientifiques, publics, commerciaux ou citoyens.

Lire aussi : Cloud souverain : Bruxelles choisit ses quatre champions européens Il est conçu pour alimenter des programmes de l’Union européenne comme Copernicus et DestinE, le jumeau numérique de la Terre. OVHcloud, apportera le socle comprenant le calcul, le stockage, le réseau et les services cloud managés. Le système sera d’abord déployé en Italie, en France et en Allemagne, avec des capacités de support opérées depuis la Pologne.

Il pourra ensuite être étendu à d’autres pays européens ainsi qu’au Canada. Le groupe accompagnera son évolution dans la durée. CGI, via sa filiale CGI France Défense et Spatial, agira comme architecte et intégrateur du « Digital EO backbone », la colonne vertébrale technologique et opérationnelle de la plateforme.

Il contribuera aussi à animer l’écosystème : gestion des ressources de données, des services et des communautés d’utilisateurs, support aux utilisateurs et aux développeurs, amélioration continue. Un contexte de préférence européenne Cette attribution marque la volonté de la Commission européenne d’orienter les contrats stratégiques vers des prestataires européens. Elle intervient après un appel d’offres cloud de 180 millions € attribué en avril exclusivement à quatre entreprises européennes.

Début septembre, l'ESA a par ailleurs confié des contrats d'étude parallèles à des équipes menées par le finlandais ICEYE et l'italien Leonardo, pour concevoir une architecture d'observation de la Terre distincte, axée sur la sécurité, à destination des gouvernements de l'UE. Ces éléments tracent une trajectoire cohérente, sans que les sources permettent d'en dire plus : elles ne précisent ni les critères de sélection, ni les concurrents éventuels, ni le calendrier de déploiement au-delà de la durée du contrat. Mistral, autre partenaire européen de l'ESA Le 16 septembre, son directeur général, Josef Aschbacher, et Arthur Mensch, cofondateur et PDG de Mistral, ont signé une lettre d'intention qui fixe un cadre de coopération dans l'intelligence artificielle.

Ce texte prévoit d'explorer l'usage des modèles, de l'infrastructure cloud et des compétences techniques de Mistral dans l'observation de la Terre, l'ingénierie, les capacités d'IA avancées pour le spatial et la formation. Le document s'appuie sur des projets existants, dont Orbit, un assistant d'IA sécurisé pour l'ingénierie, et EVE (Earth Virtual Expert), développé avec des partenaires européens par le Φ-lab de l'ESA pour l'observation de la Terre. Il s'agit d'un cadre exploratoire sans aucun lien avec Digital EO n'y est établi.