Pendant longtemps, le recours à plusieurs fournisseurs cloud a semblé être la réponse évidente aux risques liés à la dépendance et aux pannes. La répartition des applications et des données sur plusieurs plateformes devait offrir davantage de flexibilité et de résilience. Le cloud entre dans une nouvelle phase de contrôle Pourtant, chaque cloud possède ses propres outils, politiques de sécurité et méthodes de connectivité.

Cette complexité est accentuée par les centres de données, les logiciels en ligne et les systèmes hérités. Chaque environnement peut afficher de bonnes performances de manière autonome sans pour autant fonctionner efficacement au sein d’un ensemble cohérent. Le défi ne consiste donc plus simplement à décider où héberger une application, mais à garantir un accès aisé, des flux de données fluides et une vision cohérente de l’ensemble de l’infrastructure.

Lire aussi : Tata Communications embrasse la connectivité IoT à l'échelle mondiale Selon Gartner, les dépenses consacrées aux infrastructures de cloud souverain devraient augmenter de 35,6 % en 2026. Cette hausse reflète une volonté de mieux maîtriser les données, la gouvernance et les dépendances technologiques. En France, des services critiques tels que le système d’information du SAMU et le Géoportail de l’IGN sont hébergés sur des clouds français.

Les infrastructures cloud soutiennent désormais des services publics essentiels. Le cloud, le réseau et la sécurité ne peuvent plus être envisagés séparément : du point de vue de l’expérience utilisateur, ils forment une chaîne unique. Le multicloud seul ne garantit pas la continuité de service Travailler avec plusieurs fournisseurs réduit certains risques de dépendance, mais cela ne suffit pas à garantir la continuité de service.

Une application peut être déployée sur deux clouds tout en restant exposée à un point de défaillance unique si ces clouds, souverains ou non, ne sont pas correctement interconnectés. Un environnement secondaire doit donc être disponible et prêt à prendre le relais de la connectivité en cas de panne. La continuité doit être conçue, maintenue et régulièrement testée.

Cela implique de synchroniser les données, de configurer les accès et de tester les mécanismes de basculement. La résilience doit être envisagée de bout en bout, en tenant compte des relations entre les applications, les données, les utilisateurs, les clouds et les réseaux. Les entreprises recherchent de plus en plus une couche d’orchestration centralisée offrant une visibilité unifiée, une gestion des politiques, ainsi que des capacités d’automatisation et de contrôle à travers les environnements cloud et réseau.

Elles doivent pouvoir détecter les dégradations de performance, en identifier rapidement la cause et réacheminer le trafic avec un minimum d’intervention manuelle. La surveillance des liaisons en temps réel avec un réacheminement automatique, permet ainsi un basculement en quelques secondes plutôt qu’après une intervention manuelle. Sans ce niveau d’orchestration centralisée de bout en bout, le multicloud fournit une capacité redondante, mais ne garantit pas une continuité de service efficace.

Le réseau devient la couche unificatrice Dans une architecture distribuée, le réseau relie les utilisateurs, les sites, les centres de données et les clouds, tout en offrant une visibilité sur les flux de trafic. Lorsqu’une application ralentit, les organisations doivent déterminer si le problème vient de la plateforme, de la connexion, d’une politique de sécurité ou de l’application elle-même. Lire aussi : Tata Communications déploie une offre SD-WAN dans 130 pays Une couche réseau unifiée permet à une entreprise d'appliquer des mesures cohérentes de segmentation, de chiffrement et de contrôle d'accès à travers différents environnements.

Ainsi, une charge de travail migrant d'un cloud à un autre ne se retrouve pas avec un niveau de sécurité amoindri au cours du transfert. Le réseau doit également s’adapter aux différents cas d’usage. Les outils collaboratifs, les applications industrielles et les plateformes d’IA ne génèrent pas les mêmes volumes de données et n’ont pas les mêmes exigences en matière de latence.

Une mise en réseau intelligente peut optimiser les flux de trafic et la connectivité cloud, en privilégiant les services critiques et en basculant automatiquement les charges de travail vers un autre chemin lorsque les performances se dégradent. Cela améliore les performances de l’applications tout en réduisant les transferts de données inutiles et les coûts de sortie des données. Les approches SD-WAN, SASE et Zero Trust peuvent contribuer à répondre à ces besoins, à condition d’être gérées de manière cohérente.

Déployées en silos, elles ajoutent une couche de complexité supplémentaire. Passer du multicloud par défaut au multicloud conçu comme tel L’IA accroît encore davantage les interdépendances. Un projet d’IA s’appuie souvent sur des données stockées dans plusieurs emplacements et sur des ressources informatiques fournies par plusieurs prestataires.

Les performances du modèle ne suffisent pas à elles seules : si les données ne peuvent pas circuler efficacement, les délais de traitement et les coûts augmentent à mesure que le projet prend de l’ampleur. La gestion de clouds multiples et d’environnements hybrides nécessite une expertise spécialisée, ce qui entraîne pour les organisations une hausse des coûts opérationnels, une durée de résolution des problèmes plus longues et des risques accrus pour les organisations. L’étape suivante pour les entreprises consiste donc à faire mieux fonctionner ensemble leurs environnements cloud existants grâce à une gestion unifiée.

En combinant orchestration, automatisation et optimisation continue, les organisations gagnent en agilité, utilisent plus efficacement les ressources réseau et réduisent leurs coûts opérationnels. La résilience ne dépend pas du nombre de plateformes. Elle repose sur la capacité à les connecter, à les observer et à les orchestrer comme un environnement unique. *Amit Kapoor est Vice-président et directeur de la division Europe chez Tata Communications