Après un lancement mouvementé pour son petit boîtier orange, Rabbit change du tout au tout. La startup a présenté OS3, un système capable d’utiliser des applications et des fichiers sur ordinateur. Et cette fois, aucun appareil Rabbit n’est nécessaire.

Le R1 devait commander un Uber, réserver un repas ou accomplir toutes sortes de tâches à la place de son propriétaire. Lancé en 2024, l’appareil a surtout récolté des critiques sévères. Rabbit ne baisse pourtant pas les bras et revient avec OS3, un système pensé pour agir sur Windows, macOS et Linux.

Un agent qui travaille directement sur l’ordinateur Le principe est assez simple. OS3 fonctionne dans le nuage, mais s’appuie sur un module installé localement pour manipuler des logiciels, consulter des fichiers ou encore écrire et corriger du code. L’utilisateur peut lui parler depuis le site de Rabbit, Telegram, iMessage ou son R1.

Jusqu’à cinq appareils peuvent être associés au même compte. L’agent choisit ensuite la machine, l’application et le modèle IA nécessaires pour accomplir la demande. Cela permet par exemple de mettre automatiquement à jour un tableau à partir de rapports de ventes hebdomadaires au format Excel.

OS3 peut aussi répondre à la place de l’utilisateur pendant une longue conversation sur Slack. L’agent sait se présenter clairement comme tel et accéder aux fichiers utiles, selon le constructeur. OS3 regroupe les échanges dans une seule conversation continue.

Son interface permet aussi de déposer des idées en vrac, puis de demander au système de les organiser ou de passer à l’action. Des compétences supplémentaires peuvent être installées depuis une adresse publique. Rabbit a cessé de fabriquer le R1.

Les stocks restants continuent d’être écoulés, mais aucun R2 n’est prévu. Le boîtier orange pourra cependant servir d’interface pour OS3. Jesse Lyu, le patron de Rabbit, assure à Wired que plus de 100.000 exemplaires ont été livrés dans le monde, avec moins de 5 % de retours et une marge comprise entre 45 et 50 %.

L’entreprise, qui aurait levé environ 60 millions de dollars, ne compte plus que 15 salariés. Elle a aussi connu une période financière délicate après le blocage de son lancement en Inde. Des employés avaient alors fait grève en affirmant ne pas avoir été payés.

Son dirigeant estime que la situation est désormais plus saine. Rabbit prépare déjà un nouveau produit matériel, un « cyberdeck » destiné au codage assisté. Sa commercialisation serait prévue dans les prochains mois.

En attendant, OS3 adopte un modèle sans abonnement. Chacun doit fournir ses propres clés d’accès à OpenAI, Anthropic ou à d’autres services, ou utiliser un modèle libre installé localement. Rabbit affirme ne pas vendre ni exploiter les données personnelles.

Les conversations et les souvenirs restent toutefois stockés sur ses serveurs, tandis que les fournisseurs de modèles appliquent leurs propres règles de confidentialité.