Le président américain, Donald Trump, lors d’un événement organisé dans le cadre de l’initiative Bouclier des Amériques, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, aux États-Unis, le 22 septembre 2026. Photo Kylie Cooper/REUTERS Dans quel contexte est né le Bouclier des Amériques ? Le 7 mars dernier, dans son complexe de golf de Doral, en Floride, Donald Trump a annoncé la création d’une nouvelle coalition entre les États-Unis et une douzaine de pays d’Amérique latine, officiellement pour lutter militairement contre les organisations de narcotrafiquants. “Le cœur de notre accord réside dans l’engagement à recourir à la force militaire létale pour détruire ces sinistres cartels et réseaux terroristes.

Une fois pour toutes, nous allons en finir avec eux. Nous avons besoin de votre aide. Il vous suffit de nous dire où ils se trouvent”, avait déclaré le président américain à cette occasion, rappelle Emol, site du quotidien conservateur chilien El Mercurio.

La coalition Shield of the Americas, ou Bouclier des Amériques, s’inscrit dans le contexte plus vaste de la reprise en main par les États-Unis de “son” hémisphère. Une politique baptisée “doctrine Donroe”, en référence à la doctrine Monroe, du nom du président James Monroe (1817-1825), qui prétendait faire des Amériques la chasse gardée des États-Unis. Comment fonctionne cette alliance ?

La coalition repose sur “le partage de renseignements, des opérations militaires coordonnées et une structure d’assistance mutuelle permettant aux pays membres de solliciter l’aide de leurs partenaires, notamment des États-Unis, face aux menaces des cartels ou des gangs”, résume l’hebdomadaire américain Newsweek. C’est dans ce cadre qu’ont eu lieu des bombardements conjoints des États-Unis et de l’Équateur sur le sol équatorien et que s’est déroulé en août, au Panama, un important exercice multinational, Panamax 2026, rassemblant près de 1 700 soldats de 19 pays. À cette occasion, le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth, a “exhorté ses alliés à se retirer de la Cour pénale internationale”, pressée par les organisations de défense des droits humains d’enquêter sur les dizaines de frappes américaines contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue, qui ont fait plus de 230 morts depuis septembre 2025.

Quels États font partie de la coalition ? La déclaration commune initiale a été signée par les États-Unis, l’Argentine, la Bolivie, le Costa Rica, la République dominicaine, l’Équateur, le Salvador, le Guyana, le Honduras, le Panama, le Paraguay et Trinité-et-Tobago. Ces derniers ont rapidement été rejoints par les Bahamas, le Belize, le Guatemala et la Jamaïque, rappelle Newsweek.

Puis par d’autres pays de la région, à mesure que des candidats de droite étaient élus à leur tête, à l’image de la Colombie et du Pérou, qui ont viré à l’extrême droite en août. Le 22 septembre, après avoir préféré rester un “pays observateur”, le Chili a été le dernier à rejoindre officiellement la coalition, afin de “combattre avec davantage d’efficacité le crime organisé transnational”, rapporte le quotidien chilien La Tercera. Les pays encore dirigés par la gauche, comme le Mexique ou le Brésil, n’en font pas partie.

Quels sont les engagements de ses membres ? Ce 22 septembre, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, 15 membres du Bouclier des Amériques ont signé leur “première action commune”, consistant à sanctionner 24 “organisations narcoterroristes transnationales”, parmi lesquelles des cartels colombiens, vénézuéliens, péruviens, salvadoriens, mexicains ou brésiliens. Ces sanctions incluent le gel de leurs actifs, la restriction des visas pour leurs membres et des poursuites pénales contre leurs soutiens financiers et logistiques, résume El País América.

De manière plus vague, le texte appelle à “sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques”, dans une volonté manifeste de freiner l’influence de la Chine dans la région. C’est “la première fois qu’un groupe de gouvernements latino-américains signe collectivement, aux côtés de Washington, une désignation terroriste de grande envergure”, souligne The New York Times. La crainte des oppositions, dans les pays membres, est que cela pourrait aboutir à des opérations et bombardements américains sur leur sol.

Donald Trump a averti que si ces États ne parvenaient pas à éliminer les cartels, les États-Unis le feraient “à [leur] place”. Sandrine Morel Cartels Trafic de drogue Violence en Amérique latine Amériques Sur le même sujet Article réservé aux abonnésVenezuela. Trump ressuscite la sombre histoire des ingérences de Washington en Amérique latine Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésPolitique.

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