L’opérateur marseillais de datacenters Phocea DC annonce l’entrée à son capital du fonds d’infrastructure paneuropéen Marguerite, qui investit avec le soutien du programme InvestEU de l’Union européenne. Cette opération, complétée par des financements bancaires, doit permettre à l’entreprise de déployer un plan d’investissement supérieur à 120 millions €. Fondée en 2023 par Damien Desanti, Phocea DC a réalisé un premier tour de table de 5 millions € d’euros auprès de Reflexion Capital pour financer son premier site, ouvert en janvier 2025 dans le 3ᵉ arrondissement de Marseille.

Ce site de 1 700 m² développe une puissance de 1,2 MW, répond à la norme Tier 3 et affiche un PUE cible de 1,2. Un deuxième site est d’ores et déjà en cours de développement, dans le cadre d’un réseau de datacenters de type Edge répartis dans la ville. Lire aussi : Datacenters : le moratoire édulcoré de l'État de New York Alors que les investissements liés à l’IA se concentrent sur des projets de plusieurs centaines de mégawatts, Phocea DC positionne son offre sur des installations de quelques mégawatts, destinées à des besoins de latence, d’hébergement réglementé ou de continuité d’activité que les grands campus ne couvrent pas nécessairement.

Valorisation de la chaleur et ancrage réglementaire L’implantation en zone urbaine, à proximité de logements et d’activités économiques, doit permettre à l’entreprise de raccorder ses futurs sites à des réseaux de chaleur urbains dès leur conception, afin de redistribuer la chaleur produite par les serveurs aux habitants, industries et institutions situés à proximité. Phocea DC met également en avant la situation de Marseille, où atterrissent seize câbles sous-marins, ce qui en fait l’un des principaux points d’entrée Internet à l’échelle mondiale. L’entreprise opère sous droit français avec des fournisseurs basés en France et détient les certifications ISO 27001, HDS (hébergement de données de santé), PCI-DSS et ISO 22301.

Ses clients sont des collectivités, des établissements de santé, des entreprises, des opérateurs télécoms et des prestataires d’infogérance. L’opérateur indique vouloir répliquer ce modèle de datacenters de proximité dans d’autres villes françaises et européennes, sans donner à ce stade de calendrier ni de liste de villes concernées. Photo : © DR